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De la classe à la forêt, des étudiants en travail social apprennent aussi à Lac-Simon

Élizabeth Papatie s'adresse à des étudiants à Lac Simon.

Élizabeth Papatie explique aux étudiants la signification du bâton de marche et de guérison dans la culture anishnabe.

Photo : Radio-Canada / Marc-André Landry

Un groupe d’étudiants au baccalauréat en travail social à l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT) vit cet automne un cours immersif auprès de la communauté du Lac-Simon.

Le projet, monté par l’enseignant Stéphane Grenier, permet d’intégrer l’apprentissage des approches traditionnelles autochtones à un cours sur l’intervention en petits groupes.

Deux fois par mois, les étudiants se déplacent sur la communauté pour recevoir les enseignements d’intervenants du Lac-Simon. Ces derniers les sensibilisent à des sujets comme les cercles de partage et de guérison, les bâtons de marche, la roue de médecine et les sept enseignements anishnabe.

Une dizaine de personnes sont réunies à l'extérieur. Ils tiennent tous un bâton de marche dans leurs mains.

La portion théorique du cours d'intervention est elle aussi prodiguée en plein air.

Photo : Radio-Canada / Marc-André Landry

Par cette démarche, Stéphane Grenier est convaincu que ces futurs travailleurs sociaux seront mieux outillés pour oeuvrer auprès de la clientèle autochtone.

L’intervention de groupe en travail social se combine très bien avec les approches holistiques autochtones, souligne-t-il. C’est important pour eux de vivre ce bain complet dans la culture autochtone. On veut qu’ils puissent côtoyer les gens du Lac-Simon, discuter avec eux. On va en faire de super travailleurs sociaux pour tous les services algonquins qui sont en voie de naître.

Alex Cheezo parle avec une étudiante près d'une forêt.

Auteur d'une maîtrise traitant des approches holistiques autochtones, Alex Cheezo partage son savoir avec les étudiants.

Photo : Radio-Canada / Marc-André Landry

Le cours a été bâti en collaboration avec Alex Cheezo, intervenant social au Lac-Simon et auteur d’une thèse de maîtrise sur les approches traditionnelles autochtones.

J’ai découvert ces approches traditionnelles lors d’une thérapie à la fin des années 90, précise-t-il. Quand j’ai commencé à les appliquer dans ma vie, j’y ai vu des bienfaits pas juste pour mon mental, mais aussi pour le physique, l’émotionnel et le spirituel. Il s’agit d’y croire. De transmettre ces connaissances aujourd’hui à des étudiants, ça me fait du bien. C’est sûr que ça va les sensibiliser à comment les choses se déroulent dans nos différentes cérémonies. Ils vont l’avoir vécu concrètement.

Pour Audrey-Claude Gironne, étudiante au baccalauréat, ce cours hors du commun est très pertinent, compte tenu de la réalité autochtone qui est bien présente dans la région.

C’est vraiment particulier, mais ça ouvre nos horizons sur une culture qu’on connaît peu, souligne-t-elle. Être sur le terrain, c’est vraiment concret. On est en minorité quand on se déplace ici et c’est à nous à embarquer à 100 milles à l’heure dans ce qu’ils nous racontent et nous apprennent. Ils ont tellement de vécu.

Quatre étudiants marchent en forêt.

Les étudiants sont allés en forêt pour recueillir le bois afin de fabriquer leur propre bâton de marche.

Photo : Radio-Canada / Marc-André Landry

Originaire de la Suisse, l’étudiante Lydia Zanuttini est elle aussi convaincue de la pertinence de cette expérience.

Je réalise qu’au Québec il y a beaucoup de travail à faire entre les cultures. C’est important de mieux se connaître avant de se lancer dans une intervention avec notre vision occidentale. De parler de ces choses, ça ouvre nos esprits et ça nous prépare aux futures situations qu’on peut rencontrer, avance-t-elle.

Stéphane Grenier gratte un bâton de bois avec un couteau pour en faire un bâton de marche.

Stéphane Grenier est professeur de travail social à l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT).

Photo : Radio-Canada / Marc-André Landry

Stéphane Grenier reconnaît que l’expérience amène un peu de résistance pour certains étudiants plus craintifs de ce mélange des cultures. Il ajoute aussi qu’il sera sans doute difficile de répéter l’expérience sur une aussi grande échelle.

On vit l’aventure extrême, mais dans le futur, peut-être qu’on voudra intégrer au cours une ou deux journées sur le terrain. À mes yeux, les résultats dépassent largement les attentes. De faire venir l’université dans la communauté et qu’elle montre un si grand accueil, c’est ce qu’il faut en retenir. Pensez à établir vos activités avec les communautés, ils sont très accueillants et on a beaucoup à y gagner, conclut l’enseignant.

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