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Québec limite le recours aux agences privées en santé

Des infirmières marchent de dos dans le corridor d'un hôpital.

Des plus en plus d'infirmières quittent le réseau public de la santé et se tournent vers les agences privées pour obtenir de meilleures conditions de travail et des horaires plus raisonnables.

Photo : Getty Images

Radio-Canada

Dès aujourd’hui, les établissements du réseau de la santé de la grande région de Montréal et de la Capitale-Nationale devront mettre en place des mécanismes pour réduire leur recours à des agences de placement privées pour pourvoir leurs besoins en personnel.

Cette annonce du ministre de la Santé, Christian Dubé, survient au lendemain du discours d’ouverture de session du premier ministre François Legault, au cours duquel il a déclaré que son gouvernement n’acceptera plus que le réseau public de santé dépende d’agences privées pour assurer ses besoins en main-d’œuvre.

Désormais, a annoncé le ministre Dubé en point de presse, des ratios de quarts de travail défavorables (soir, nuit et week-end) seront imposés aux agences privées pour que les quarts de travail plus favorables soient d’abord offerts aux travailleurs du réseau public.

Ces établissements devront élaborer des plans de transition qui devront être effectifs au plus tard le 1er décembre, a ajouté le ministre Dubé.

En plus de devoir justifier au ministre le recours aux services d’agences pour combler leurs besoins en personnel, les directions d’établissements ne pourront désormais renouveler des contrats avec ces agences privées que pour une durée maximale de six mois, afin d’assurer une transition harmonieuse.

« Alors que notre opération de recrutement commence à porter ses fruits, nous pouvons maintenant établir des balises contraignantes et efficaces pour restreindre le recours aux agences privées et assurer une transition harmonieuse. »

— Une citation de  Christian Dubé, ministre de la Santé et des Services sociaux

Montréal et Québec d'abord

Ces directives destinées à affranchir le réseau de la santé de sa dépendance aux agences de personnel privées seront déployées dans un premier temps dans les établissements des régions de Montréal, Laval, Laurentides, Lanaudière ainsi qu’en Montérégie.

Dans la région de Québec, elles viseront les établissements de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches.

Les directives seront ensuite étendues aux autres régions du Québec et éventuellement ajustées pour ne pas mettre l’offre de services aux usagers à risque, alors que les renforts arrivent dans le réseau de la santé.

Afin de ne plus dépendre des agences privées pour assurer les remplacements, Québec compte doter le réseau de la santé de sa propre banque de personnel pour venir prêter main-forte dans les hôpitaux et établissements de soins en cas de besoin.

Pour ce faire, le MSSS compte transformer l’initiative d’appel aux volontaires Je contribue mise sur pied pendant la pandémie en une agence publique de ressources humaines spécialement dédiée au réseau de la santé.

Actuellement, 40 % des employés du réseau de la santé sont à temps partiel pour éviter notamment d'être obligés de faire du temps supplémentaire pour assurer les soins.

Cette situation aggrave les problèmes de stabilité de personnel et oblige les directions à recourir au temps supplémentaire obligatoire et à des agences privées de placement pour combler les quarts de travail, remplacer les absents et assurer un minimum de services aux patients.

Exode des infirmières vers le privé

Ce régime de gestion, combiné à la pandémie, a conduit les effectifs réguliers en santé au bout du rouleau et nombre d'entre eux ont quitté le réseau public.

Ironiquement, beaucoup se sont tournés vers des agences privées pour travailler dans le même réseau de la santé, mais avec des conditions de travail plus acceptables.

Selon des données obtenues en septembre auprès de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ), 2022 infirmières travaillaient principalement auprès d’agences de placement de personnel infirmier au 31 mars 2021. Il s’agit d’une hausse de 20 % (337 infirmières) par rapport à mars 2020.

D'un point de vue global, 2,7 % de l’effectif infirmier total au Québec travaillait principalement pour une agence privée par rapport à 2,3 % ces dernières années.

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