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Le centre-ville de Montréal reste sous respirateur

Le taux d'inoccupation des bureaux est passé de 11,5 % à 14,2 % en un an, selon une nouvelle étude.

Une série de tours s'élèvent dans le ciel.

La situation reste fragile au centre-ville de Montréal, alors qu'une bonne proportion des travailleurs continuent à fonctionner en télétravail.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Le taux d'inoccupation des bureaux au centre-ville de Montréal a continué d'augmenter cet été, selon une nouvelle étude sur l'état du centre-ville présentée aujourd'hui. Si les entreprises sont loin de déserter le quartier des affaires, elles préparent des formules hybrides, où l'espace nécessaire aux employés sera moins important.

L’état du centre-ville dévoile une situation complexe et dynamique où s’entremêlent espoirs et inquiétudes, résume d'entrée de jeu le rapport conjoint de l'Institut du développement urbain du Québec et de Montréal centre-ville.

Le document dévoilé aujourd'hui pointe du doigt la quatrième vague associée au variant Delta qui est venue prolonger l’incertitude.

« Le rétablissement d’un niveau d’activité générale semblable à celui d’avant la pandémie demeure hors de vue. »

— Une citation de  Extrait du rapport sur l'état du centre-ville de Montréal

Au troisième trimestre de 2021, le taux d'inoccupation des immeubles à bureaux a été de 14,2 % (contre 11,5 % à la même période en 2020). C'est dans la catégorie des immeubles de classe B, qui représentent 35 % de l'offre, que la hausse est la plus importante (+5,1 points de pourcentage).

Pour les immeubles de classe A, qui totalisent 60 % de l'offre, le taux d'inoccupation (10,9 %) est égal à celui du troisième trimestre de 2018.

Des bureaux plus petits de 46 %

Afin d'en apprendre plus, des entrevues ont été réalisées avec des courtiers immobiliers et 47 ententes ont été analysées. Parmi ces ententes, 15 % concernaient une relocalisation en dehors du centre-ville, tandis que 38 % provenaient d'entreprises décidant au contraire de s'y installer.

Des tours de bureaux dans le centre-ville de Montréal.

Plusieurs entreprises choisissent de relocaliser leurs activités dans un immeuble de qualité supérieure.

Photo : Radio-Canada / Jean-Claude Taliana

Pour la majorité (46 %), on parle d'une relocalisation, mais toujours à l'intérieur du quartier des affaires. Le rapport mentionne que dans 54 % de ces relocalisations, le projet a consisté à s’installer dans un édifice de qualité supérieure.

« On peut présumer que beaucoup d’organisations ont fait le choix suivant : moins de pieds carrés [-46 % en moyenne], mais plus de confort et de services. »

— Une citation de  Extrait du rapport sur l'état du centre-ville de Montréal

Signe que les entreprises demeurent prudentes, la majorité des renouvellements de baux se font pour des périodes courtes de deux à cinq ans, alors que les entreprises ont généralement pour coutume de signer des baux à long terme pour assurer une prévisibilité de leurs frais fixes.

Les travailleurs ne commencent d'ailleurs que très graduellement à réinvestir le quartier des affaires – et les galeries marchandes qu'ils contribuent à faire vivre.

Le nombre de travailleurs n'effectuant aucun télétravail est passé de 20 % à 23 %, selon un sondage web réalisé début septembre auprès de 1000 personnes.

Ceux se déclarant totalement en télétravail sont passés de 52 % au début de 2021 à 47 % actuellement. Et ces derniers ne sont pas pressés de troquer leurs pantoufles pour un veston cravate. En effet, 21 % des répondants ont mentionné qu'ils aimeraient continuer à travailler de la maison au moins la moitié de la semaine et 50 % la plupart du temps.

Pour les convaincre, l'horaire hybride sera vraisemblablement au menu (dans 63 % des entreprises répondantes), et la preuve vaccinale serait demandée dans 37 % de celles-ci. Le sondage a toutefois eu lieu avant les déclarations de Québec et Ottawa sur la vaccination obligatoire de certaines catégories de leurs employés.

Dans le rouge malgré l'embellie

Sur le front commercial, ce nouveau délai vers un retour à la normale fait mal. Notamment dans les galeries marchandes, où 34 % des commerces sont actuellement fermés, soit presque le double par rapport à la même période en 2020.

Un passage presque désert longeant des boutiques.

Les galeries marchandes souffrent de la pandémie en raison du manque de clients.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Sur la rue Sainte-Catherine, 20 % des commerces sont inopérants contre 13 % avant la pandémie. En revanche, le retour de la population étudiante [114 267 inscriptions] et des touristes [45 % de taux d'occupation des hôtels] a été une injection de vitalité, note le rapport.

La principale bonne nouvelle est venue du côté résidentiel, où les mises en chantier ont augmenté de 60 % en un an dans l'arrondissement Ville-Marie, que ce soit du côté des copropriétés (+65 %) ou des logements locatifs (+53 %).

Quand on regarde la répartition des mises en chantier dans la région métropolitaine de recensement (RMR) de Montréal, on voit alors que c’est le centre-ville qui a enregistré la plus forte progression des mises en chantier (+ 2 points), souligne l'étude.

Un enjeu en vue des élections

Afin de consolider le centre-ville qui connaissait une certaine vitalité avant la pandémie, Projet Montréal propose sept chantiers, dont l'agrandissement du Palais des congrès, le stationnement gratuit pour le magasinage des Fêtes, plus de verdissement et la transformation de bureaux en logements.

Ensemble Montréal, le parti de Denis Coderre, promet que 50 000 logements seront construits en quatre ans s'il revient au pouvoir, le 7 novembre. L'ancien maire de Montréal veut notamment développer deux quartiers autour de la Cité-du-Havre et de l'ancienne gare d'autocars, rue Berri, développer une stratégie d'embellissement des façades au centre-ville et revoir la stratégie de tarification du stationnement.

Dans son programme, le parti Mouvement Montréal de Balarama Holness indique vouloir « créer un centre des affaires qui répondrait aux besoins des petites et moyennes entreprises ». Cela passerait notamment par la « réduction du délai requis pour examiner les demandes de développement et la rationalisation du processus de demande de permis pour opérer un commerce ou une terrasse ».

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