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L’inflation a bondi de 4,4 % au mois dernier au Canada

Tiff Macklem lors d'une présentation.

Tiff Macklem, gouverneur de la Banque du Canada, a déclaré que la banque centrale pourrait agir pour freiner l'inflation (archives).

Photo : Reuters / Blair Gable

La Presse canadienne

Les prix des aliments et du carburant ont fait grimper l'inflation à son plus haut niveau en près de deux décennies, a indiqué mercredi Statistique Canada, alors que peu d'éléments permettent de voir une issue claire à cette embellie.

Dans l'ensemble, l'inflation annuelle s'est établie à 4,4 % en septembre, a précisé l'agence fédérale, ce qui représente la hausse des prix la plus rapide depuis février 2003. En excluant les prix de l'essence du calcul, l'inflation se serait établie à 3,5 % le mois dernier.

Des économistes ont prévenu mercredi que les lectures de l'inflation pourraient se maintenir autour de 4,0 % jusqu'à la fin de l'année.

Les prix à la pompe ont grandement contribué à cet état des choses, les consommateurs ayant payé 32,8 % de plus pour l'essence le mois dernier qu'en septembre 2020.

Dans l'ensemble, les prix des aliments ont augmenté de 3,9 % d'une année à l'autre, comparativement à une hausse de 2,7 % en août.

Les prix de la viande ont augmenté à leur rythme annuel le plus rapide depuis avril 2015, poussés vers le haut par des augmentations de plus de 10 % pour le poulet et le bœuf. Les prix du bacon ont augmenté de 20 %.

Même les plus petites créatures ont eu un effet démesuré : les prix des crevettes ont fait grimper les prix des fruits de mer en raison de problèmes de chaîne d'approvisionnement parmi les principaux exportateurs.

Une caissière masquée dans une épicerie.

Statistique Canada a mesuré que l'augmentation a été de 5,1 % au Québec et au Nouveau-Brunswick. Elle s'est élevée à 5,2 % en Nouvelle-Écosse et à 6,3 % à l'Île-du-Prince-Édouard.

Photo : iStock

Garima Talwar Kapoor, directrice des politiques et de la recherche chez Maytree, un groupe de recherche antipauvreté, a noté que les personnes ayant un revenu disponible plus élevé pourraient simplement renoncer à certaines sorties au restaurant si l'inflation devait rester élevée.

Les choix seraient plus difficiles pour les personnes à faible revenu ou à revenu fixe, dont les revenus sont restés stagnants, a-t-elle ajouté. Leur pouvoir d'achat est diminué parce que les prix augmentent plus rapidement que les salaires.

Leur capacité à gérer leur revenu disponible devient de plus en plus serrée. Ces gens-là ne vont pas devoir renoncer à un bon souper au restaurant, mais à un repas, à des médicaments sur ordonnance et à des nécessités de ce genre, a illustré Mme Talwar Kapoor.

La lecture de l'inflation pour le mois de septembre a marqué un sixième mois d'affilée où la hausse des prix à la consommation dépasse la fourchette cible de la Banque du Canada, qui se situe entre 1,0 % et 3,0 %. Cela ne s'était pas produit depuis la période de six mois qui a pris fin en mars 2003.

Goulots d'étranglement persistants

L'économiste Royce Mendes, de la Banque CIBC, a estimé qu'il y avait un bon côté à la situation, dans la mesure où les consommateurs, collectivement, sont assis sur une pile d'épargne qui pourrait les aider, ainsi que les entreprises, à surmonter la tempête inflationniste.

C'est la seule bonne chose que nous puissions dire à propos de l'inflation cette fois-ci : l'économie pourrait être en mesure de la gérer un peu mieux qu'elle l'aurait fait au cours des décennies précédentes, a-t-il observé.

La hausse des prix a notamment été causée par les goulots d'étranglement de la chaîne d'approvisionnement, qui ont fait grimper les coûts de transport – lesquels se répercutent ultimement sur les acheteurs.

Le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, a admis la semaine dernière que les goulots d'étranglement se révélaient plus persistants qu'il l'avait prévu au départ, mais que les récentes lectures de l'inflation étaient transitoires, et représentaient un problème temporaire.

L'économiste en chef de la Banque de Montréal, Douglas Porter, a indiqué qu'il s'attendait à une inflation moyenne de 3,3 % cette année et l'année prochaine, en raison de la nature générale des pressions sur les prix, comme celles sur les véhicules neufs ou les maisons neuves.

Qu'il suffise de dire que cela étire la définition de ''transitoire'', a-t-il écrit.

Selon Statistique Canada, la moyenne des trois mesures de l'inflation de base, qui sont considérées comme de meilleurs indicateurs des pressions sous-jacentes sur les prix et sont étroitement suivies par la Banque du Canada, était de 2,67 % en septembre, contre 2,60 % en août. La moyenne de septembre est la plus élevée depuis celle de décembre 2008.

Le gouverneur Macklem a récemment indiqué que la banque centrale agirait pour freiner l'inflation si l'augmentation des prix donnait des signes d'être motivée par des éléments plus sérieux que des points de pression ponctuels.

Les mesures que la banque pourrait prendre incluent une augmentation du taux d'intérêt directeur ou de nouvelles diminutions des achats d'obligations prévues dans ses mesures de relance. Une hausse du taux directeur ferait grimper les taux d'intérêt sur les prêts hypothécaires, les prêts automobiles et les prêts aux entreprises, ce qui refroidit généralement la demande des consommateurs.

La Banque du Canada doit faire sa prochaine annonce au sujet de son taux directeur le 27 octobre.

M. Macklem a déjà indiqué qu'une hausse des taux n'aurait pas lieu avant la fin de l'année prochaine, mais des observateurs anticipent de plus en plus que la banque centrale n'attendra pas aussi longtemps, a souligné l'économiste James Marple, de la Banque TD.

Le décollage pourrait ne pas arriver aussi rapidement que les marchés semblent l'évaluer actuellement, mais les risques se déplacent certainement à un moment plus tôt que tard, a écrit M. Marple.

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