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Denis Coderre limiterait la hausse des taxes à 2 % en 2022

Denis Coderre en point de presse.

Denis Coderre promet de limiter les hausses de taxes et de faire le ménage dans les finances de la Ville.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Ensemble Montréal propose pour l'an prochain de majorer faiblement l'impôt foncier et d'entamer un véritable « ménage » dans les finances de la Ville, qui ont besoin selon lui d'être « redressées par des experts ».

En conférence de presse mercredi matin, son chef et candidat à la mairie, Denis Coderre, s'est engagé, comme il l'avait déjà fait lundi soir lors du débat organisé par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, à ne pas accroître les taxes municipales au-delà de l'inflation au cours d'un éventuel mandat.

Il a aussi promis de limiter la hausse à 2 % en 2022, alors que le Conference Board of Canada prévoit une augmentation de 2,6 % l'an prochain.

Son parti, dit-il, veut donner du répit aux Montréalais, notamment aux commerçants, qui sont les plus taxés au Canada.

M. Coderre répète depuis le début de la campagne que les dépenses de la Ville, qui sont passées de 5,2 à près de 6,2 milliards de dollars en quatre ans, ont mené la métropole au bord du gouffre financier, même si une vérification de Radio-Canada a permis de nuancer ce constat.

« Honnêtement, on est au bord du gouffre. On a dépensé comme des malades depuis quatre ans. »

— Une citation de  Denis Coderre, chef d'Ensemble Montréal et candidat à la mairie

En compagnie de Nadine Gelly, présentée comme la « future présidente du comité exécutif », l'ex-maire, qui tente un retour en politique, s’est engagé à remettre la métropole sur le droit chemin en dressant un portrait exact de la situation d’ici janvier 2022.

Par la suite, les programmes seront révisés afin d’être optimisés et un véritable bilan des finances sera produit dès la première année pour donner l’heure juste aux Montréalais, a-t-il prévenu.

Nadine Gelly en point de presse.

Nadine Gelly brigue un poste de conseillère de la ville dans l'arrondissement de Verdun.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Pour l'instant, Denis Coderre ne prévoit pas s'embarquer dans des compressions de personnel, même s'il reproche à l'administration actuelle l'embauche de 1244 employés supplémentaires en quatre ans. Ce que j’aimerais, c’est qu’il y ait autant d’employés, mais qu’on dépense autrement, a-t-il déclaré.

Des prévisions budgétaires préliminaires commandées en fin de règne par l'actuel président du comité exécutif de la Ville de Montréal Benoît Dorais, qui cédera sa place après les élections, prévoient déjà un trou de 780 millions de dollars à combler d'ici 2024.

Combat de chiffres

Par ailleurs, M. Coderre a voulu rectifier certains faits entourant la fluctuation des taxes au cours des huit dernières années, mercredi matin.

Le chef d'Ensemble Montréal ne nie pas que les taxes ont augmenté en moyenne de 2,1 % par année alors qu'il était au pouvoir, de 2013 à 2017, période durant laquelle l'inflation a grimpé en moyenne de 1,2 % par année.

Mais il se défend en soutenant que cette affirmation, mise de l'avant lors du débat de lundi par la mairesse sortante, Valérie Plante, est basée sur l’inflation réelle et non sur les données connues au moment de faire le budget.

Il faut savoir que, lorsqu’un budget est fait et qu’une administration établit son niveau de taxation, elle le fait sur l’inflation projetée pour l’année suivante, a fait valoir Alan DeSousa, porte-parole d'Ensemble Montréal en matière de finances et candidat à la mairie d'arrondissement de Saint-Laurent.

Alan DeSousa en point de presse.

Alan DeSousa a été porte-parole de l'opposition officielle en matière de finances au cours des quatre dernières années à l'Hôtel de Ville.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Le parti de Denis Coderre précise en outre que le calcul de Projet Montréal, le parti de Mme Plante, prend en compte les taxes d'arrondissement, sur lesquelles la ville-centre n'a pas de contrôle.

Ce combat de chiffres a été lancé lundi par la mairesse sortante, à qui l'on reproche souvent d'avoir haussé les taxes au-delà de l'inflation dans son premier budget.

Mme Plante reconnaît que l'impôt foncier a grimpé en moyenne de 1,8 % par année depuis 2017, mais elle fait valoir que cette augmentation correspond plus ou moins à celle de l'indice des prix à la consommation (IPC), qui a pris en moyenne 1,7 % par année depuis son élection.

Et cette hausse inclut les taxes d'arrondissement, a précisé son équipe mercredi.

Notre couverture des élections municipales au Québec en 2021.

Projet Montréal a de son côté publié un communiqué en matinée pour présenter ses engagements en matière de fiscalité.

La formation de Mme Plante s'engage, tout comme celle de M. Coderre, à [plafonner] la hausse des taxes foncières à l'inflation pour le mandat 2021-2025 et à mettre en place un programme pour permettre aux propriétaires âgés de reporter une partie de leur avis d'imposition jusqu’au moment de la vente de leur propriété.

Cela dit, d'autres promesses lui sont propres, comme celle d'implanter un taux différencié des droits de mutation en fonction de la durée de propriété afin de décourager les opérations d'achat-revente – un engagement dévoilé lorsque la controverse entourant la candidature du courtier immobilier Antoine Richard dans Verdun a éclaté.

Enfin, Projet Montréal souhaiterait créer une taxe sur les investissements immobiliers étrangers pour limiter la spéculation et freiner la hausse des prix en habitation. Ce souhait figurait déjà dans le programme du parti en 2017. Il ne s'est toujours pas concrétisé.

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