•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Insatisfaite, une organisation en C.-B. tient ses propres mises à jour sur la pandémie

La médecin hygiéniste en chef, la Dre Bonnie Henry et en arrière-plan, le ministre de la Santé, Adrian Dix.

Le groupe Protect Our Province B.C. donnera des informations au public sur la pandémie, qualifiant le manque de transparence de la province.

Photo : CBC/Mike McArthur

Radio-Canada

À compter de mercredi, l’organisme Protect Our Province B.C. diffusera ses propres séances d'information sur la crise sanitaire en direct sur Internet, jugeant que la réponse de la province est inadéquate.

L’organisme Protect Our Province B.C. se présente comme un regroupement de travailleurs de la santé, de chercheurs et d’analystes politiques, unis pour fournir des informations précises sur la COVID-19.

Les autorités sanitaires provinciales manquent de transparence ou ne font pas un travail assez minutieux pour informer le public sur le rôle crucial de la transmission de la COVID-19 par l’air, déplore Amy Tan, médecin de famille et spécialiste des soins palliatifs, qui fait partie du regroupement.

Le virus peut se propager sous forme de gouttelettes bien au-delà des deux mètres de distance magiques, ce que la province est réfractaire à reconnaître, selon elle.

« [Le SRAS-CoV-2] se transmet comme la fumée secondaire. »

— Une citation de  Amy Tan, médecin de famille et spécialiste en soins palliatifs

On essaye vraiment de rendre la science accessible et d’aider les gens à s’informer en Colombie-Britannique pour qu’ils puissent évaluer eux-mêmes le risque et prendre des décisions pour leur santé et celle de leur entourage, de façon la plus sécuritaire possible, a expliqué Amy Tan, à l’émission On the Coast, de CBC.

Il faudrait prendre davantage de mesures pour limiter la transmission du virus dans l’air, selon elle, comme une bonne ventilation des espaces, le port de masques bien ajustés et de bonne qualité, un accès au dépistage rapide et un traçage de cas contacts efficace accompagné de notifications d’exposition.

Cela fait 20 mois qu’on est dans cette pandémie et le gouvernement continue d’ignorer certaines preuves scientifiques évidentes, notamment le fait que la COVID-19 se propage principalement par l’air, renchérit Karina Zeidler, cofondatrice du groupe et médecin de famille, dans un communiqué de presse.

Le refus d’accepter la science et d’informer le public en conséquence signifie qu’on ne pourra jamais mettre un terme aux effets dévastateurs du virus, poursuit-elle.

Interrogé en conférence de presse sur le nouveau groupe, le ministre de la Santé de la province, Adrian Dix, a indiqué que le débat sur la pandémie était animé, comme il l'aurait été sur n’importe quelle autre problématique de cette importance.

« On est toujours heureux d’entendre les autres [points de vue]. »

— Une citation de  Adrian Dix, ministre de la Santé de la province

Pas de transparence, pas de confiance

Le directeur général de l'Association pour la liberté d'information et la vie privée de la Colombie-Britannique (BC FIPA), Jason Woywada, se dit à la fois encouragé que consterné par l'initiative du groupe de scientifiques, à l’émission The Early Edition, de CBC.

J’estime que ce sont des médecins légitimes, qui ont des revendications légitimes, et c’est formidable. Le problème, c’est qu’en tant que particulier, je ne peux pas les différencier des autres médecins légitimes qui ont d’autres revendications légitimes, souligne-t-il.

Selon lui, les institutions gouvernementales sont justement nécessaires dans ces contextes de crise pour trancher et faire des recommandations. La création du regroupement met toutefois en lumière un réel manque de transparence de la province, dit-il.

On s’attend à ce que le gouvernement suive la recherche scientifique. Si, pour une raison ou une autre, il ne le fait pas, il doit expliquer pourquoi. S’il ne le fait pas, on doit pouvoir lui demander des comptes. Cela fait partie de la transparence, explique-t-il.

« Si la seule chose qu’il dit, c’est "Faites-nous confiance, parce qu’on sait les choses et pas vous", cela ne suscitera pas beaucoup de confiance du public. »

— Une citation de  Jason Woywada, directeur général, BC FIPA

N’importe quel gouvernement aurait commis des erreurs en traversant une telle crise, reconnaît-il, en rappelant les divers changements de politiques par rapport au port du masque.

Le public serait à même de comprendre les embûches traversées par la province, dit Jason Woywada, mais encore faudrait-il qu’il ait accès aux informations nécessaires pour ce faire.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !