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Les équipes de pédiatrie débordées à Sherbrooke 

Un pédiatre examine un bébé.

Le personnel médical du département de pédiatrie de l'hôpital Fleurimont est débordé. (archives)

Photo : iStock

Radio-Canada

Le personnel médical du département de pédiatrie de l'hôpital Fleurimont est débordé, alors que les nouveau-nés sont très nombreux à nécessiter des soins urgents. Cette situation critique s'explique par l'arrivée précoce de divers virus respiratoires cette année et par un manque criant d'infirmières.

La pédiatre intensiviste Sylvie Lafrenaye indique que la situation dans son unité représente du jamais vu

Il faut savoir que ça fait 30 ans que je suis pédiatre, dont 20 ans aux soins intensifs. La tragédie que nous vivons en ce moment, c'est le petit bébé extrêmement malade. Quand je parle de petit bébé, c'est 8 jours de vie, 12 jours de vie, 18 jours de vie, précise-t-elle.

« Encore en fin de semaine, c'étaient six bébés âgés de moins d'un mois de vie qui étaient aux soins intensifs avec de l'aide, de l'oxygène, un tube dans la gorge pour les aider à respirer. »

— Une citation de  Dre Sylvie Lafrenaye, pédiatre intensiviste à l’hôpital Fleurimont 

Ces bébés souffrent de virus respiratoires arrivés plus tôt cette année, qui ont de graves conséquences sur les jeunes patients. Tous les hôpitaux du Québec débordent de petits bébés malades, indique la Dre Lafrenaye.

La pédiatre a un conseil pour les parents de jeunes enfants. Évitez, dans les premiers deux mois de vie, tout contact avec quiconque qui a un semblant de rhume. Si le plus vieux a un rhume, vous le sortez de la garderie et vous demandez à grand-maman de le garder, martèle-t-elle. 

Dans un communiqué, le CIUSSS de l'Estrie-CHUS a confirmé que la circulation de virus s'était accélérée chez les enfants cette année.

Avec les contacts plus fréquents entre les enfants, notamment en raison de la rentrée scolaire et du retour dans les milieux de garde des enfants après la période estivale, la circulation de virus tels que le virus respiratoire syncytial (VRS) est accrue, souligne l'établissement de santé.

Le personnel soignant épuisé 

Ces cas lourds épuisent le personnel soignant.

« Dernièrement, je dirais qu'on est un peu en crise, ça, c'est clair. [...] Le bateau coule, on se compare au Titanic, mais il n’y a même plus de joueur de violon.  »

— Une citation de  Sylvie Tanguay, assistante-infirmière-chef en pédiatrie à l’hôpital Fleurimont

Sylvie Tanguay s'inquiète des collègues qui quittent le navire. Je vais être honnête, quand je monte mon étage, j'en ai cinq à monter, je les prends à pied pour m'aérer le cerveau, et je me demande laquelle [des infirmières] va être partie en maladie cette semaine, soutient-elle. 

Elle a d’ailleurs dû sonner l'alarme le 10 octobre dernier. 

Il y avait tellement de patients à l'étage, je n’avais comme plus de lits, et les lits qui restaient, je n'avais même plus d'infirmières. Prendre des patients de plus aurait été dangereux pour la sécurité-patient. J'ai dû contacter une supérieure immédiate, qui a contacté la direction de la santé publique, pour qu'on puisse faire dévier les patients. Les gens qui arrivaient en préhospitalier, à l'urgence, on les renvoyait à Granby et à Drummondville, qui eux, ont une petite pédiatrie générale, se souvient-elle.

Les virus circulent dans les garderies

Les virus circulent abondamment dans les garderies cette année, remarque la directrice du Centre de la petite enfance (CPE) Jardin D.A.M.I.S Johanne Levasseur. 

Après avoir comparé les taux d'absentéisme des deux dernières années, elle a remarqué qu'en 2020, les absences s'intensifiaient vers les mois de novembre et de décembre. Cette année, elle constate une augmentation marquée dès le mois de septembre, qui touche particulièrement les plus jeunes. 

« Ce qu’on remarque, c’est surtout les enfants qui sont nouvellement arrivés dans notre organisation, les plus jeunes, et les petits comme ici, les petits de trois ans. On voit que le taux d’absentéisme est plus fort. »

— Une citation de  Johanne Levasseur, directrice du CPE Jardin D.A.M.I.S

J’ai discuté aussi hier avec la directrice d’un autre CPE de la région, et elle aussi remarquait que ce sont vraiment les plus jeunes, la pouponnière, les 18 mois à 3 ans, chez qui on voit un taux d’absentéisme plus marqué. 

Le CIUSSS de l'Estrie-CHUS rappelle de consulter un médecin si un enfant présente une fièvre pendant plus de 72 h, s'il est atteint de détresse respiratoire ou s'il est déshydraté.

Avec les informations de Marion Bérubé

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