•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Construction d’un entrepôt à Cambridge : aucune consultation, selon les Six Nations

Un plan aérien

Ce plan a été fourni par le groupe Broccolini au conseil municipal de Cambridge.

Photo : Groupe Broccolini

Radio-Canada

Un représentant des Six Nations affirme qu'aucune consultation n'a été menée auprès d’eux dans l’élaboration d’un plan de construction d’un entrepôt à Cambridge, en Ontario.

Un groupe communautaire autochtone qui s'oppose au projet d'entrepôt, qui doit être construit près de la rivière Grand, demande au conseil municipal de le stopper.

Nous pensons que ce processus nous a manqué de respect, a déclaré Alan Van Norman, coprésident de Blair Engaged, le groupe qui a été créé plus tôt cette année pour tirer la sonnette d'alarme sur le manque de consultation communautaire pour le projet.

Le groupe devait envoyer mardi une lettre adressée au maire et au conseil municipal de Cambridge. Le directeur des terres et des ressources des Six Nations, Lonny Bomberry, doit aussi faire de même. Les deux lettres décrivent ce qu’ils affirment être un manque de consultation.

Le groupe Broccolini développe un entrepôt de 100 000 mètres carrés avec 110 quais de chargement et un stationnement pour plus de 800 automobiles et 350 camions de transport sur la route Old Mill dans le quartier de Blair.

En avril, le conseil municipal de Cambridge a voté à l'unanimité en faveur d'un arrêté ministériel de zonage pour l'entrepôt. Une telle mesure permet au ministre provincial des Affaires municipales et du Logement de contourner les règles d'urbanisme locales pour stimuler le développement. Pour que l'aménagement soit finalisé, le conseil municipal de Cambridge doit ensuite approuver une demande de plan d'implantation, puis délivrer un permis de construction.

Blair Engaged a été créé pour répondre à l’arrêté ministériel. Le groupe demande maintenant l'annulation de l'arrêté de zonage et une plus grande consultation sur le projet. Ils ont également engagé l’avocat David Donnelly pour soutenir leurs efforts.

Une discussion inutile

Dans la lettre que M. Bomberry a adressée à Me Donnelly le 7 octobre, il affirme que le terrain destiné à accueillir l'entrepôt proposé appartient aux Six Nations et devrait à tout le moins faire l'objet d'une consultation.

Le terrain fait partie de la parcelle de Haldimand, qui s'étend sur 10 kilomètres de part et d'autre de la rivière Grand. Il a été accordé aux Six Nations de la rivière Grand en 1784 pour s'être alliées aux Britanniques lors de la Révolution américaine.

Le Conseil des chefs de la Confédération Haudenosaunee, le gouvernement traditionnel des Six Nations, a lancé plus tôt cette année un moratoire sur le développement de la zone.

M. Bomberry affirme que le service d'urbanisme de la Ville n'a pas voulu rencontrer l'équipe du processus de consultation et d'accommodement (PAC) des Six Nations de la rivière Grand.

Il a également déclaré qu'il a finalement organisé une réunion avec les promoteurs, mais qu'il a reçu des réponses qu'il a qualifiées de très vagues ou dans certains cas trompeuses et non utiles pour apaiser nos préoccupations concernant les impacts environnementaux de ce projet proposé.

La discussion que l'équipe du PAC a eue avec le groupe Broccolini ne pouvait en aucun cas être interprétée comme une consultation, peut-on lire dans sa lettre. Il y ajoute que le ministre des Affaires municipales et du Logement Steve Clark a omis de consulter de manière significative et d'accommoder les Premières Nations comme requis.

M. Bomberry a refusé de répondre aux questions de CBC News à propos du contenu de sa lettre mais a confirmé son authenticité. Les Six Nations n'ont pas non plus répondu aux demandes de commentaires.

La province affirme que la Ville est responsable

Jean Langlois, porte-parole du groupe Broccolini, a écrit dans un courriel que l'entreprise a suivi et continuera de respecter tous les processus municipaux et provinciaux en place à toutes les étapes du développement, y compris les consultations avec les Premières Nations, qui ont déjà eu lieu.

Il n'a pas donné plus de détails sur les consultations lorsqu'on lui a demandé.

M. Langlois a indiqué que la demande de plan d'implantation à venir, qui est soumise à l'approbation de la Ville, comprend des études et des évaluations d'impact sur tous les aspects du projet, allant du bruit et de la circulation à la préservation des zones humides et aux politiques patrimoniales, entre autres.

La porte-parole de la Ville, Susanne Hiller, a déclaré dans un courriel qu'un représentant des Premières Nations avait demandé à rencontrer la Ville avant que la province n'approuve l’arrêté ministériel. Elle n'a pas confirmé si une rencontre avait eu lieu, se contentant de dire que la Ville était disposée à une réunion, mais a demandé que le ministre ou les représentants du ministère, en tant qu'autorité d'approbation de l’arrêté ministériel de zonage, soient inclus dans cette discussion .

Elle a toutefois précisé qu'elle savait que les promoteurs avaient rencontré les Premières Nations et d'autres parties prenantes.

Mme Hiller a également indiqué que la ville attend toujours une demande complète de plan d'implantation de la part du groupe Broccolini. Une fois reçue, divers organismes, parties prenantes et Premières Nations pourront la commenter.

Le conseil municipal votera ensuite sur le plan.

Un plan aérien

Ce plan a été fourni par le groupe Broccolini au conseil municipal de Cambridge.

Photo : Groupe Broccolini

Conrad Spezowka, un porte-parole du gouvernement de l'Ontario, a écrit dans un courriel que la province a émis l’arrêté ministériel de zonage de Cambridge à la demande de la Ville pour accélérer la mise en chantier d'un centre de distribution, ce qui contribuera à créer jusqu'à 1400 emplois et à soutenir la réponse continue de la ville à la COVID-19 .

Selon M. Spezowka, la province n'est pas propriétaire de ce terrain.

Nous nous attendons à ce que les municipalités fassent preuve de diligence raisonnable et consultent leurs communautés, y compris les communautés autochtones et les résidents locaux, dans le cadre de toute demande d’arrêté ministériel de zonage envoyée au ministre pour examen, a-t-il écrit.

Acte d'hypocrisie flagrant

Me Donnelly a déclaré à CBC News le fait de ne pas tenir de réunion publique pour discuter de [l’arrêté ministériel de zonage] serait un acte d'hypocrisie flagrant pour quiconque lit la reconnaissance des territoires autochtones au début de chaque réunion du conseil municipal , a-t-il déclaré.

Il a cité d'autres villes de l'Ontario, dont Pickering et Stratford, où les conseils municipaux ont écouté les préoccupations de la communauté et annulé les arrêtés ministériels de zonage pour des propositions similaires.

Jan Liggett, conseillère du quartier 4 de Cambridge, a déclaré qu'elle n'était pas optimiste quant à un possible changement de cap de la Ville.

Elle dit que ses tentatives pour que le conseil reconsidère l'inclusion d'une consultation publique n'ont pas été soutenues.

Selon Mme Liggett, cela n'augure rien de bon pour les relations de la Ville avec les communautés autochtones.

Nous ne faisons que répéter l'histoire ici, nous disons que nous vous considérons comme égaux, nous disons que nous devons vous faire participer à nos décisions quotidiennes et avoir du respect pour vous, mais pourtant nous répétons l'histoire passée.

Avec les informations de CBC News

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !