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Première page du journal l'eau vive.

Pour nombre de Fransaskois, L'Eau vive demeure un outil essentiel pour consolider la communauté.

Photo : Radio-Canada

Si L’Eau vive a su traverser les épreuves et forger ses succès, c’est grâce aux membres de la communauté fransaskoise. Nombre d’entre eux ont donné du temps et de l’argent pour faire vivre le journal qui reste à ce jour le seul organe de presse écrite francophone en Saskatchewan.

Pour Maria Lepage, ancienne présidente du conseil d’administration de la Coopérative des publications fransaskoises et désormais simple lectrice, la publication est un miroir de la communauté.

Le journal nous reflète. On apprend à se connaître à travers le journal, explique-t-elle. J’ai voyagé partout dans la province pour de maintes raisons alors je connais bien les communautés. Mais pour quelqu’un qui ne se promène pas à travers la francophonie ou qui n’est pas impliqué, [le journal] est un moyen de se tenir au courant de ce qui se passe.

Maria Lepage assise dans un parc et tenant le journal dans les mains.

Maria Lepage prend toujours plaisir à lire L'Eau vive à chaque parution. L'ancienne présidente du conseil d'administration du journal espère que les jeunes fransaskois soutiendront à leur tour L'Eau vive.

Photo : Radio-Canada

L’Eau vive arrive à joindre ses lecteurs par la langue française, mais il repose aussi sur la mobilisation des Fransaskois au fil des années, comme le souligne Maria Lepage.

Il faut le vouloir [...] il faut qu’il y ait quelque chose. C’est peut-être une passion d’être francophone, d’être fransaskois, car on est obligé de se battre pour chaque petite affaire : le journal, nos écoles, nos centres communautaires, avoir assez de fonds pour pouvoir évoluer puis s’épanouir. Quand on a de l’appui de nos gouvernements, ou surtout de notre gouvernement fédéral, ça aide énormément, mais ce n’est pas la seule chose qui compte, il faut qu’on s’investisse nous aussi.

« Je pense qu’on veut juste continuer à montrer à nos gouvernements qu’on est là et qu'on ne s'en va pas. »

— Une citation de  Maria Lepage

Pour l’ancienne présidente du conseil d’administration de L’Eau vive, Marie-France Kenny, la santé du journal est reliée à celle de la communauté fransaskoise.

Quand notre communauté va bien, le journal va aller bien. Quand la communauté va moins bien, et puis c’est la même chose pour tous les organismes finalement, et bien le journal, lui, raconte toutes les réussites, les moins bons coups, raconte notre vie finalement, observe-t-elle.

Un lien intergénérationnel

Michel Vézina est arrivé en Saskatchewan en 1979. Originaire de Québec, il s’est d’abord installé à Zenon Park où il est devenu correspondant pour L’Eau vive avant de se joindre au conseil d’administration du journal.

Il a ensuite déménagé à Gravelbourg où il a pu poursuivre sa collaboration.

Une couverture de journal.

La réussite de L'Eau vive dépend en partie de ses collaborateurs aux quatre coins de la province.

Photo : Radio-Canada

Désormais chroniqueur, Michel Vézina pense que les histoires écrites dans L’Eau vive tiennent une place importante dans le cœur des foyers fransaskois.

Les gens s’attendent à avoir des nouvelles des différents endroits de la communauté fransaskoise, car il y a beaucoup de liens de parenté d’une communauté à l’autre, explique-t-il. Il y a des gens de Gravelbourg qui ont de la parenté à Zenon Park ou qui ont de la parenté à North Battleford. Les jeunes sont à Regina et Saskatoon donc si jamais ils sont impliqués dans des projets, les plus vieux d’ici vont voir que les plus jeunes familles font quelque chose.

Michel Vézina fait notamment référence au partenariat avec le Conseil des écoles fransaskoises (CEF) qui a démarré en mai 2019. L’Eau vive publie ainsi dans chaque numéro un publireportage de deux pages rédigé par les employés du CEF.

C’est intéressant parce que l’on voit nos finissants, on voit ce qui se passe dans nos écoles. C’est très important, ajoute Maria Lepage. Tous les articles sur la culture nous permettent aussi de découvrir nos artistes fransaskois.

50 autres années d’histoires

Si les anciens du journal souhaitent que L’Eau vive perdure pour encore 50 nouvelles années, ils sont conscients que la jeunesse devra faire sa part.

Je pourrais lui souhaiter un autre cinquante ans. Je lui souhaite un futur de succès, de continuité et d’évolution, espère Maria Lepage. La vie change tellement à cause de la technologie que nous, les aînés, on a de la misère à suivre. On se demande si la jeunesse va juste se tenir à son téléphone portable ou va s’ouvrir à d’autres horizons puis lire autre chose que ce qu’ils voient sur les médias sociaux.

Les nouvelles technologies semblent représenter l’avenir, mais la version papier demeure essentielle, croit le secrétaire du conseil d’administration, Ousmane Ilbo Mahamane. Cet ancien journaliste de métier collabore à L’Eau vive depuis deux ans.

On peut aussi avoir le journal dans sa voiture, sur soi, se promener n’importe où avec. Il a une importance capitale et vient appuyer tout ce qui se passe sur le plan communautaire, raconte M. Ilbo Mahamane.

Pour l'ancienne directrice du centre culturel de Bellegarde, Tanya Reimer, le journal, dans sa version papier ou en ligne, consolide le lien au sein de la communauté fransaskoise.

J’aime ça être vraiment en contact avec les autres communautés, surtout quand j’étais à Bellegarde, raconte celle qui est désormais installée à Moose Jaw. C’était un peu éloigné des autres communautés alors c’était fantastique juste de voir que leur vécu est un peu pareil que nous ou qu'ils faisaient des choses un peu différentes.

Un avis partagé par Michel Vézina qui croit que L’Eau vive a un bel avenir devant lui.

La formule doit peut-être encore plus évoluer et doit davantage être capable de rejoindre encore plus les gens. Ça va être le cas grâce au nouveau monde numérique, se réjouit-il.

Le dossier spécial sur les 50 ans de L'Eau vive a été réalisé en collaboration avec la Coopérative des publications fransaskoises et la Société historique de la Saskatchewan.

L'eau vive

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