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Faire face aux dédales administratifs pour protéger sa maison du fleuve

Des travailleurs de la construction observent une maison ancestrale qui doit être déplacée du bord du fleuve Saint-Laurent, à Rimouski.

La maison sera déplacée de 650 mètres de l'autre côté de la route longeant le fleuve.

Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet

Radio-Canada

Un couple de Rimouski doit déplacer sa maison, qui est à risque de débordement côtier. Les propriétaires souhaitent profiter de l’occasion pour sensibiliser la population aux dédales administratifs lié à une telle décision.

En novembre dernier, Myriam Bourgeois et Guy Cantin ont reçu un avis formel du ministère de la Sécurité publique statuant que leur résidence était exposée à un risque imminent de débordement côtier. Le couple avait alors trois options : demeurer sur place à leurs risques et périls, démolir leur résidence ou la déplacer en échange d’un appui financier de l'État.

La Sécurité publique nous dit : "Vous pouvez rester là, mais si vous restez là, on ne viendra plus jamais vous aider", résume Mme Bourgeois.

C'est la dernière option que Mme Bourgeois et M. Cantin ont choisie. L'ensemble de l'opération coûtera environ 400 000 $ dont 250 000 $ seront assumés par le gouvernement.

Démolir la maison aurait coûté entre 50 000 $ et 100 000 $ de moins, mais il s’agit d’un bâtiment ancestral que le couple voulait préserver à tout prix. C’est également la première maison que le couple s’est achetée il y a de cela 25 ans.

Une maison ancestrale sur le bord du fleuve Saint-Laurent, à Rimouski.

C'est depuis 2010 que les propriétaires de la maison ont plus ressenti les effets de l'érosion côtière.

Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet

En plus du coût d’un tel projet, c’est la complexité de la tâche qui a surpris le couple rimouskois.

La pire affaire qu’on a eu à vivre [...], c’est tout ce qu’on a eu à subir comme stress par rapport à tous les dédales administratifs, s’est désolée Mme Bourgeois.

« À un moment donné, on devait avoir un plan d'arpentage et un plan d’architecte dans la même semaine! »

— Une citation de  Myriam Bourgeois, citoyenne de Rimouski
Guy Cantin et Myriam Bourgeois photographiés devant leur maison ancestrale avant son déménagement.

Guy Cantin et Myriam Bourgeois doivent déménager leur maison pour la préserver de l'érosion côtière.

Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet

C’est pour cette raison que le maire sortant de Rimouski, Marc Parent, interpelle directement le gouvernement du Québec pour fournir plus de ressources financières aux municipalités pour venir en aide aux citoyens.Les municipalités, nous sommes de plus en plus aux prises avec ces situations-là, croit M. Parent.

Déplacement sur 650 mètres

En plus des aspects administratifs et financiers d’un tel déménagement, la logistique de l’opération est aussi très complexe.

Les entreprises Lavoie et fils de Rimouski s’occuperont de déplacer la maison 650 mètres plus loin que son emplacement actuel et du côté sud de la rue pour l’éloigner du fleuve.

Une opération qui, à elle seule, peut coûter jusqu’à 150 000 $. De cette somme, 35 000 $ doivent aller à Hydro-Québec et aux compagnies de télécommunications pour faire baisser leurs fils et permettre le passage de la maison sur la route.

C’est très complexe et c’est un métier qui est très spécialisé, indique Gilles-Éric Lavoie, l’entrepreneur qui déplacera la maison du couple Bourgeois-Cantin.

Gilles-Éric Lavoie, portant un casque de construction et un dossard, photographié devant la maison ancestrale avant son déplacement.

L'entrepreneur Gilles-Éric Lavoie mène le déplacement de la maison ancestrale.

Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet

Un tel déplacement peut prendre de trois à quatre heures. Pendant ce temps, les propriétaires de la maison voisine ont aussi reçu un tel avis de la part du ministère de la Sécurité publique. Ils ont toutefois décidé de démolir le bâtiment, chose qui sera faite dans les prochains mois, selon Marc Parent.

Avec les informations de Denis Leduc

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