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Marc-Antoine Desjardins retire sa candidature aux élections municipales

L'ex-chef de Ralliement pour Montréal ne briguera pas la mairie de l'arrondissement d'Outremont.

Marc-Antoine Desjardins devant l'édifice Lucien-Saulnier.

Marc-Antoine Desjardins avait fusionné son parti avec celui de Balarama Holness le 30 septembre dernier. L'annonce avait eu lieu environ 36 heures avant la fin de la période de mises en candidature.

Photo : Radio-Canada / Jérôme Labbé

Marc-Antoine Desjardins abandonne la partie. « Par principe », dit-il.

La nouvelle est d'abord venue d'Élections Montréal, qui a fait savoir mardi après-midi sur Twitter que M. Desjardins avait retiré sa candidature au poste de maire de l'arrondissement d'Outremont. Puis est venue la déclaration du principal intéressé.

Dans celle-ci, M. Desjardins [se dissocie] totalement du parti Mouvement Montréal, de son chef et de ses propos tenus mardi [dernier] – le jour où, près de l'hôtel de ville, Balarama Holness a promis, à ses côtés, de tenir un référendum sur le statut linguistique de Montréal pour en faire une ville bilingue.

M. Desjardins affirme en outre dans sa déclaration qu'il quitte son poste de cochef du parti, qui, à son sens, devrait revenir à Lili-Anne Tremblay, candidate à la mairie de l’arrondissement de Saint-Léonard.

C’est une politicienne aguerrie, une femme d’action et de terrain qui veut le meilleur pour ses concitoyennes et concitoyens, a-t-il souligné à propos de celle qu'il avait lui-même recrutée, deux semaines avant la fusion avec Mouvement Montréal.

Mme Tremblay en point de presse devant une pancarte de ses candidats.

Lili-Anne Tremblay brigue le poste de mairesse de Saint-Léonard sous la bannière de Mouvement Montréal.

Photo : Radio-Canada / Jérôme Labbé

L'ex-chef de Ralliement pour Montréal précise qu'il ne fera aucun commentaire d’ici la fin de cette campagne.

Je souhaite la meilleure des chances aux candidats et candidates qui m’ont fait confiance depuis le début et qui représentent réellement la troisième voie, conclut-il. Merci aux Montréalais et Montréalaises qui ont cru en moi. On se dit au revoir!

Je me sens comme Tupac, ça tire de partout

En entrevue quelques minutes après l'annonce d'Élections Montréal, Balarama Holness a confié à Radio-Canada ne pas être surpris par le départ de Marc-Antoine Desjardins. Ça fait environ une semaine qu'on n'a pas parlé au téléphone, a-t-il avoué; il a précisé avoir envoyé un texto à son cochef pour la dernière fois dimanche soir.

La politique, ce n'est pas facile, a fait valoir M. Holness, qui en est à sa deuxième expérience électorale, la première s'étant soldée par un échec à se faire élire à la mairie de l'arrondissement de Montréal-Nord sous la bannière de Projet Montréal, en 2017. C'est une pression psychologique qui est énorme.

D'autant plus que M. Desjardins avait très peu de chances de gagner dans son arrondissement, selon le chef de Mouvement Montréal.

Balarama Holness en point de presse.

Balarama Holness se retrouve maintenant seul à la tête de Mouvement Montréal.

Photo : Radio-Canada / Jérôme Labbé

La pression est très forte depuis l'annonce de la fusion des deux partis, poursuit M. Holness, qui a dû porter plainte au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) après avoir reçu des messages haineux sur son site web.

Je me sens comme Tupac, ça tire de partout, dit-il, en référence au rappeur Tupac Shakur, assassiné le 13 septembre 1996 à Las Vegas.

Est-ce à dire que M. Holness pourrait lui aussi retirer sa candidature? On va gagner, répond-il. Et Mouvement Montréal va me survivre.

Balarama Holness dit avoir hâte aux débats de LCN, jeudi, et à celui du consortium des médias anglophones, la semaine suivante. Les Montréalais vont entendre un discours inclusif et positif, promet-il.

Une alliance ratée?

Marc-Antoine Desjardins avait fusionné son parti avec celui de Balarama Holness le 30 septembre dernier. L'annonce avait eu lieu environ 36 heures avant la fin de la période de mises en candidature. Depuis, M. Desjardins faisait officiellement campagne sous la bannière de Mouvement Montréal.

La formation comptait 74 candidats à la fin de la période de mises en candidature. Elle n'en compte plus que 70.

Car la fusion des partis de MM. Holness et Desjardins – opposés à plusieurs égards sur la défense de la langue française et le financement du service de police – a créé des frictions.

M. Cloutier devant l'édifice Lucien-Saulnier.

Jean-François Cloutier était présent le jour de l'annonce de la fusion de son parti avec Mouvement Montréal. Il a finalement quitté le navire 24 heures plus tard.

Photo : Radio-Canada / Jérôme Labbé

Dès le lendemain de l'annonce, l'ex-conseiller municipal Jean-François Cloutier – présenté comme le « futur président du comité exécutif » de Marc-Antoine Desjardins – et la candidate Brigitte Lamoureux avaient annoncé leur intention de retirer leur candidature, car ils craignaient que la mayonnaise ne prenne pas.

L'aspirant conseiller Jean-Pierre Boivin, dans Verdun, avait également fait savoir le 14 octobre qu'il ferait dorénavant campagne comme indépendant, conspuant lui aussi la tenue d'un référendum sur l'article 1 de la charte de la Ville de Montréal.

Son nom avait finalement été rayé des bulletins de vote, de pair avec celui de Marc-André Bahl, écarté après avoir tenu des propos conspirationnistes sur les réseaux sociaux.

Le candidat Katchik Ebruchumian, qui briguait un poste de conseiller d'arrondissement dans l'arrondissement d'Outremont, s'est également désisté au début d'octobre sans fournir d'explications.

Marc-Antoine Desjardins et Balarama Holness se serrent la main.

Le temps était radieux et les candidats étaient souriants le jour de l'annonce de l'alliance entre Ralliement pour Montréal et Mouvement Montréal, près de l'hôtel de ville. Mais les choses ont bien changé en trois semaines.

Photo : Radio-Canada / Jérôme Labbé

Marc-Antoine Desjardins était présenté jusqu'ici comme le cochef de Mouvement Montréal et le futur président du comité exécutif de Balarama Holness.

Il devait toutefois faire campagne contre ce dernier dans le cadre du référendum sur le statut linguistique de Montréal que M. Holness promettait de tenir – un projet faisait sourciller bon nombre d'observateurs.

M. Desjardins avait promis, le jour de la fusion de son parti avec Mouvement Montréal, de présenter une série de résolutions communes dans un délai de 48 à 72 heures. Finalement, il avait fallu attendre deux semaines pour voir les deux hommes faire une annonce conjointe sur la langue et la sécurité.

Le 12 octobre, M. Holness avait non seulement promis de maintenir le cap sur le bilinguisme de la métropole, mais il avait aussi produit un communiqué de presse dans lequel il promettait de réduire les dépenses du SPVM, tandis que M. Desjardins avait répété en point de presse qu'il n'était pas question de « définancer » la police.

Il n'aura fallu qu'une semaine de plus pour que leur nouveau parti implose.

Avec Mathieu Prost

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