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Regards d’une ex-gestionnaire de la santé sur les lourdeurs du système

Une radio d'une cage thoracique

L'ex-sous-ministre de la santé Lise Verreault préconise le retour à une gestion locale des établissements de santé, comme l'hôpital de Matane.

Photo : iStock

Selon la consultante et ancienne administratrice du secteur de la santé, Lise Verreault, le réseau de la santé est devenu trop lourd pour assurer une bonne gestion du personnel.

Manque de personnel, épuisement professionnel, rupture de services, conditions de travail trop exigeantes, la pandémie a aggravé des problèmes déjà présents dans le réseau de la santé.

Appelée à résoudre différentes crises dans le réseau, l'ex-sous-ministre de la santé, Lise Verreault, croit que la seule manière de faire face à ces problèmes est de revenir à une gestion plus humaine. On est rendu avec des établissements énormes. Il faut retourner sur le terrain et être proche des gens qui donnent les services , commente Lise Verreault.

Lise Verreault accompagnatrice, Esther Otis, nouvelle PDG par intérim du CISSS  et Emmanuel Aucoin, président du conseil d'administration du CISSS des Îles

Lise Verreault avait été mandatée en 2017 afin de produire un rapport sur la gouvernance du CISSS des Îles. Elle est ici en compagnie d'Esther Otis, nouvelle PDG par intérim du CISSS, et Emmanuel Aucoin, président du conseil d'administration du CISSS des Îles

Photo : Radio-Canada / Philippe Grenier

La consultante, qui a déjà été présidente et directrice générale de l’ancienne Agence de santé et de services sociaux du Bas-Saint-Laurent, croit que les gestionnaires sont maintenant trop éloignés des soins et du personnel qui s’y consacre. Il faut que les décisions soient prises au quotidien, analyse la gestionnaire. Ça prend trop de temps de monter ça au régional et dans les grosses structures.

Les gestionnaires doivent être des gens accessibles qui vivent les réalités du personnel de l’établissement. Qui comprend ce qu’on vit et qui est capable de dire on va régler ça , observe-t-elle.

Elle estime que rien ne changera tant que les administrateurs ne seront pas à l’écoute de leurs employés. Un établissement de 10  000 employés, j’ai vu qu’il y avait eu 400 évaluations au cours des deux dernières années. Il n’y a personne qui se fait dire qu’il est bon.

Retour à la gestion locale

Celle qui a commencé sa carrière à Matane et qui a travaillé deux ans à l’hôpital de l’endroit comme directrice des ressources humaines se désole de voir la population de Matane parcourir 200 km aller-retour pour recevoir des soins de base, en raison des ruptures de services ou du manque de personnel.

La population vieillit et le modèle actuel devra être revu et ajusté selon les besoins, commente Mme Verreault. On n'aura pas le choix. Les services doivent se donner le plus près possible de la population. Ce n’est pas tout le monde qui a la famille proche pour la soutenir.

La solution au recrutement et à la rétention de personnel, notamment dans les petits hôpitaux comme celui de Matane, passe, croit-elle, par le plaisir et la fierté de travailler en santé. L’attachement à la communauté est aussi un élément qu’elle retient. Socialement on a perdu ça. C’est du monde de l’extérieur [de la région] qui vienne pour une semaine, une journée ou deux. Les gens ne restent pas.

L'hôpital de Matane

Depuis un an, les ruptures de services en obstétrique se multiplient à l'hôpital de Matane.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

Elle considère qu’une partie de la rétention de personnel repose aussi sur la population locale. Il faut qu’autour de l’hôpital la ville se mobilise. Il faut que les autres acteurs rendent ça attrayant. Le recrutement et la rétention de personnel c’est l’affaire de tout le monde dans la ville de Matane.

L’argent et les primes ne changeront pas beaucoup de choses, selon elle. La reconnaissance envers le travail accompli a plus de poids, évalue la femme d'expérience.

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