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Le FBI mène une opération dans deux résidences liées à un oligarque russe

Deux agents du FBI devant une riche résidence.

Des agents du FBI s'activaient dans la résidence de Washington liée à la famille d'Oleg Deripaska, mardi matin, à Washington.

Photo : La Presse canadienne / AP/Manuel Balce Ceneta

Radio-Canada

Deux propriétés luxueuses liées à l’oligarque russe Oleg Deripaska, considéré comme proche du maître du Kremlin, Vladimir Poutine, ont été le théâtre d’une opération du FBI, mardi, dans autant de villes américaines.

L'une d'elles est un manoir situé à Washington et l'autre, une maison à trois étages à New York.

M. Deripaska est un magnat de l’aluminium qui est visé par des sanctions imposées par le Trésor américain depuis 2018 en raison des efforts de Moscou pour miner les démocraties occidentales. Le nom du milliardaire de 53 ans a été cité à plusieurs reprises dans l'enquête du procureur spécial Robert Mueller sur l'ingérence russe dans la présidentielle de 2016.

À Washington, des agents de la police fédérale américaine ont été aperçus transportant des boîtes en sortant de la propriété, qui avait été entourée de ruban identifiant une scène de crime.

Le FBI est demeuré avare de commentaires sur la nature ou la portée de l'opération, un porte-parole se contentant de dire qu’une activité d’application de la loi autorisée par le tribunal était en cours.

Une porte-parole de M. Deripaska a confirmé les perquisitions, affirmant que les deux résidences appartenaient à des membres de sa famille.

Les perquisitions sont menées en fonction de deux mandats judiciaires reliés à des sanctions américaines, a-t-elle expliqué à l’agence Reuters.

Les résidences en question se trouvent à New York et Washington et n’appartiennent pas à M. Deripaska lui-même.

Selon le New York Times, elles sont détenues par des sociétés à responsabilité limitée opaques.

Des sources du quotidien ont en outre précisé que l'opération s'inscrivait dans une enquête visant à déterminer s'il avait violé les sanctions qui lui sont imposées, lesquelles limitent sa capacité à posséder des propriétés ou à faire des affaires aux États-Unis.

L'enquête est menée par le FBI et le bureau du procureur fédéral du district sud de New York, ont-elles indiqué.

Oligarque proche du Kremlin

Le magnat de l'aluminium russe Oleg Deripaska.

Le FBI et le département américain de la Justice ont vainement tenté de recruter l'oligarque russe Oleg Deripaska en tant qu'informateur, selon le New York Times.

Photo : Reuters / Sergei Karpukhin

En 2018, M. Deripaska s'est vu inscrire sur une liste de sept oligarques russes près du Kremlin faisant l'objet de sanctions. Celles-ci visaient aussi plusieurs entreprises, notamment sa compagnie Rusal, l'un des plus importants conglomérats mondiaux d'aluminium.

Les sanctions avaient été imposées par le département du Trésor sous la présidence Trump en réponse à l'activité malveillante de la Russie dans le monde entier. En annonçant les sanctions, l'administration Trump avait cité des accusations selon lesquelles M. Deripaska avait été accusé d'extorsion, d'escroquerie, de corruption, de liens avec le crime organisé et même d'avoir ordonné le meurtre d'un homme d'affaires.

M. Deripaska, qui a nié les accusations, a échoué en cour à faire lever les sanctions qui pesaient personnellement contre lui. Il plaidait que les accusations étaient fondées sur des rumeurs non prouvées et que les sanctions l'avaient dévasté financièrement.

En 2019, l'administration Trump a cependant levé les sanctions contre son conglomérat, en vertu d'une entente qui prévoyait que M. Deripaska exercerait moins de contrôle sur lui et réduirait sa participation. Selon le New York Times et Bloomberg, son implication a toutefois continué d'être importante.

Selon le Washington Post, M. Deripaska n'a pas foulé le sol américain depuis des années.

Cité dans l'enquête Mueller

Paul Manafort, sortant d'un bâtiment.

Le nom d'Oleg Deripaska a été cité dans l'enquête Mueller en raison de ses liens avec Paul Manafort, qui a dirigé la première campagne présidentielle de Donald Trump.

Photo : Reuters / Yuri Gripas

Oleg Deripaska a déjà été client de Paul Manafort, qui a agi comme conseiller, puis directeur de la campagne présidentielle de Donald Trump en 2016. Le deuxième était payé en tant que consultant en investissements.

Paul Manafort a été condamné à 47 mois de prison après avoir été reconnu coupable d'accusations de fraudes fiscales et bancaires dans la foulée de l'enquête du procureur spécial Mueller. Il a cependant été gracié par l'ex-président Trump, quelques semaines avant son départ de la Maison-Blanche.

Selon le rapport Mueller et des documents judiciaires, Oleg Deripaska était lui-même une personne d'intérêt dans l'enquête en raison de ses liens avec Paul Manafort.

Selon les enquêteurs, ce dernier aurait transmis à un partenaire, que le FBI dit lié au renseignement russe, des sondages internes confidentiels de la campagne Trump, pour qu'il les remette entre autres à l'oligarque russe. Oleg Deripaska a nié avoir reçu de l'information de la campagne Trump.

En 2017, l'Associated Press avait révélé que M. Manafort avait secrètement travaillé pour M. Deripaska dès 2005 afin de défendre les intérêts du président Poutine en mettant au point une ambitieuse stratégie politique pour miner l'opposition au Kremlin dans les anciennes républiques soviétiques. Les relations entre MM. Manafort et Deripaska s'étaient cependant détériorées aux alentours de 2014.

Avec les informations de Reuters, Bloomberg, Washington Post, et New York Times

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