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Vente de la maison Chevalier : Christine St-Pierre fustige Nathalie Roy

La maison Chevalier en été.

La maison Chevalier a été vendue à des intérêts privés (archives).

Photo : Radio-Canada / Eric Careau

L’ancienne ministre libérale de la Culture Christine St-Pierre tire à boulets rouges sur l’actuelle ministre, Nathalie Roy, concernant la vente de la maison Jean-Baptiste-Chevalier au secteur privé.

La porte-parole de l’opposition officielle en matière de Culture accuse la ministre d’avoir manqué à son devoir en acceptant qu’un immeuble classé patrimonial, qui revêt une importance historique, n’appartienne plus aux Québécois.

Elle n'a vraiment pas mesuré ses fonctions de protectrice du patrimoine québécois. Elle ne s'est pas élevée à la hauteur de ses fonctions. Je suis renversée. C'est honteux, c'est scandaleux et en plus, ça s'est fait en catimini, dénonce Christine St-Pierre.

Vente déjà entamée

En entrevue à l’émission matinale Première Heure, mardi matin, Nathalie Roy a soutenu que le processus de vente avait débuté sous l’ancien gouvernement libéral.

Lorsque le dossier m'a été présenté, le Musée de la civilisation avait déjà en main un nouvel acquéreur, l'entreprise Tanguay, et il faut dire que les critères pour acquérir le bâtiment étaient très sévères, a-t-elle mentionné.

Nathalie Roy en conférence de presse.

La ministre de la Culture, Nathalie Roy, soutient que le processus de vente de la maison Chevalier a été amorcé lorsque les libéraux étaient au pouvoir (archives).

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Ses propos font bondir Christine St-Pierre, qui accuse Nathalie Roy de véhiculer des faussetés.

Jamais, jamais, jamais le gouvernement libéral n'a eu l'intention de vendre la maison Chevalier au privé. Ça n'a jamais été dans les cartons. Je siégeais au conseil des ministres. J’aurais protesté vigoureusement. On m'aurait passé sur le corps plutôt que de vendre au privé. Ça aurait été la guerre, assure-t-elle.

D'autres options possibles

L’ancienne ministre libérale confirme, comme le rapportait Le Devoir, qu’il y a eu des discussions dans les dernières années pour que la SODEC ou la Ville de Québec puissent acquérir la maison construite en 1752 dans le quartier Petit-Champlain.

Ces projets ne se sont jamais matérialisés. Christine St-Pierre croit tout de même que Nathalie Roy avait bien d’autres options que d’approuver la vente de la maison patrimoniale, par décret, à l’entreprise Gestion 1608. Elle abritera les locaux de la division immobilière du Groupe Tanguay.

Plan rapproché la députée libérale Christine St-Pierre.

La députée libérale Christine St-Pierre dénonce la vente de la maison Chevalier à des intérêts privés (archives).

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Christine St-Pierre estime qu’il est toujours temps de faire marche arrière, d’annuler la vente et de faire en sorte que la maison Jean-Baptiste-Chevalier demeure un bien public.

Nathalie Roy se défend de brader un bien public.

Brader un bien public, c'est le donner à n'importe qui. Cette maison-là demeure au Québec, à des intérêts québécois, des gens qui ont l'intention de la protéger, de la restaurer, de nous assurer que son intégrité patrimoniale soit respectée, affirme-t-elle.

L’opposition à la vente demeure vive et dépasse la joute politique. Une lettre envoyée dimanche au ministère de la Culture et signée par près de 200 acteurs du milieu de l’histoire et du patrimoine demande également que la maison Chevalier demeure un lieu public et qu’elle reçoive un financement récurrent.

Entre 2013 et 2018, 2,3 millions de dollars ont été retirés en subventions à la maison Jean-Baptiste-Chevalier.

Alex Tremblay-Lamarche parle au micro avec plusieurs personnes autour de lui devant la maison historique.

Le président de la Société historique de Québec, Alex Tremblay-Lamarche (au centre), est à l'origine de la lettre envoyée à la ministre Roy (archives).

Photo : Radio-Canada / Colin Côté-Paulette

Nathalie Roy estime que cette mobilisation survient trop tard.

Je salue que des gens se mobilisent pour le patrimoine. J'aurais aimé qu'on ait en 2016 cette même sensibilité ou cette mobilisation. C'est à ce moment que le bâtiment est devenu excédentaire, rappelle-t-elle.

Pas de retour en arrière

Nathalie Roy affirme qu’il n’est pas question de revenir en arrière. Elle est persuadée que la maison Jean-Baptiste-Chevalier sera bien protégée, même si elle ne fera plus partie du bien public.

La maison appartenait au Musée de la civilisation depuis 1987, mais ne répondait plus aux standards pour en faire un lieu d’expositions.

Christine St-Pierre craint que ce ne soit le début de la privatisation d’autres immeubles patrimoniaux. Elle s’inquiète notamment pour les 59 condos qui appartiennent à la SODEC, à Place-Royale.

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