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Des millions de dollars exigés pour la libération des missionnaires enlevés à Haïti

Une pancarte annonce les locaux de l'organisation.

Le quartier général de l'organisation Christian Aid Ministries, à Millersburg, en Ohio.

Photo : Reuters / AARON JOSEFCZYK

Radio-Canada

Le gang criminel haïtien qui a kidnappé 17 personnes liées à l’organisation Christian Aid Ministries samedi à Ganthier, en banlieue de Port-au-Prince, réclame plusieurs millions de dollars américains pour leur libération.

C’est du moins ce qu’affirme le ministre haïtien de la Justice, Liszt Quitel, dans des entrevues accordées mardi à plusieurs médias américains.

La demande a été faite au responsable national de Christian Aid Ministries – ils demandent 1 million de dollars par personne, a-t-il dit au New York Times, en précisant ne pas savoir si une date limite a été fixée pour le paiement.

« Souvent, ces gangs savent qu’il n’est pas possible de répondre à leurs demandes et ils vont considérer une contre-offre des familles. Les négociations peuvent parfois prendre quelques jours ou quelques semaines. »

— Une citation de  Liszt Quitel, ministre haïtien de la Justice, en entrevue au New York Times

Dans une entrevue subséquente au Washington Post, le ministre a précisé qu'il n'était pas clair que cette somme était aussi exigée pour les cinq enfants aux mains des ravisseurs, le gang 400 Mawozo.

Selon ce qu'il a déclaré au Wall Street Journal, qui a révélé la nouvelle, un poupon de huit mois et des enfants de 3, 6, 14 et 15 ans sont aux mains des ravisseurs.

Cette information a été corroborée peu après par Christian Aid Ministries, qui a aussi précisé que les six femmes et six hommes enlevés avec les enfants au retour d'une visite dans un orphelinat sont âgés de 18 à 48 ans.

À l'exception d'un Canadien, toutes les personnes kidnappées sont des Américains, avait déjà indiqué l'organisation, qui est liée aux communautés amish et mennonites. Leur identité n'a pas été révélée.

L'enlèvement d'Haïtiens et d'étrangers contre rançon est devenu une pratique de plus en plus courante des gangs criminels qui pullulent sur le territoire haïtien. Quiconque a des moyens est susceptible d'être ciblé.

Un gang violent montré du doigt

Plus de 600 cas d'enlèvements ont été recensés au cours des trois premiers trimestres de 2021, contre 231 à la même période en 2020, selon le Centre d'analyse et de recherche en droits de la personne, basé à Port-au-Prince.

Selon le directeur du Centre, Gédéon Jean, le gang 400 Mawozo, qui contrôle le secteur de Ganthier, est responsable de 80 % des enlèvements survenus lors du dernier trimestre.

En avril dernier, le groupe a kidnappé cinq prêtres et deux sœurs d'origine française, qui ont finalement été relâchés. Personne n'a confirmé qu'une rançon avait été versée en échange.

L'administration Biden a confirmé lundi que le département d'État et le FBI, la police fédérale américaine, sont impliqués dans cette affaire, et sont en contact avec les autorités haïtiennes.

Le président Biden a été mis au courant et reçoit des mises à jour régulières sur ce que le département d'État et le FBI font pour ramener ces personnes à la maison en toute sécurité, a dit sa porte-parole, Jen Psaki.

La Gendarmerie royale du Canada prend la situation très au sérieux et collabore avec les autorités policières haïtiennes et américaines, a fait savoir un porte-parole de la police fédérale dans un courriel transmis à CBC.

Beaucoup de gens, y compris la direction de Christian Aid Ministries et les autorités haïtiennes et américaines, travaillent de façon diligente pour ramener à la maison en toute sécurité ces êtres chers, a indiqué l'organisation caritative dans un message publié mardi sur son site Internet.

Le groupe précise être présent en Haïti pour faire du prosélytisme, mais aussi pour venir en aide aux écoliers dans le besoin, fournir du matériel médical à de nombreuses cliniques et offrir de la nourriture aux personnes âgées et vulnérables.

Un porte-parole de l'ONU, Stéphane Dujarric, a confirmé que l'augmentation de la violence associée aux gangs nuisait aux efforts humanitaires en cours en Haïti.

Les représentants onusiens sur le terrain précisent que la violence, le pillage, les barrages routiers et la présence constante de groupes armés font tous obstacle à l'accès humanitaire, a-t-il fait valoir.

Les graves pénuries de carburant et la disponibilité réduite des biens compliquent encore plus la situation.

Avec les informations de Associated Press

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