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Des messages misogynes affichés lors de fêtes étudiantes en Ontario

En avant-plan, l'affiche de l'université et un arbre aux couleurs automnales.

Plusieurs fêtes étudiantes depuis la rentrée ont mené à des enquêtes policières sur des allégations d'agressions sexuelles.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Pepin

Radio-Canada

Une université du Sud-Est de l'Ontario prévient qu'elle prendra des mesures contre des étudiants qui ont affiché des slogans misogynes lors de fêtes tapageuses et non autorisées au cours du week-end.

L'Université Queen's de Kingston indique que les pancartes ont été accrochées devant un certain nombre de maisons, samedi, et précise que les occupants de ces maisons ont été informés que l'établissement prendra des mesures en vertu du code de conduite des étudiants. L'université n'a pas précisé quels types de sanctions seront prises.

Patrick Deane, le directeur et vice-chancelier de l'établissement, affirme qu'il n'y a aucune excuse pour des actes de harcèlement sexuel ou de violence, ou un comportement sexiste de quelque nature que ce soit.

Les pancartes apparues samedi empoisonnent la qualité de l'environnement [universitaire] en sexualisant de manière non désirée la vie du campus, mais plus particulièrement en faisant planer la menace de violences sexuelles sur les femmes et les personnes vulnérables au harcèlement et aux agressions dans notre communauté, a-t-il déclaré.

« Ils compromettent donc le droit de tous les membres de l'université à un environnement de vie, d'apprentissage et de travail exempt de peur, d'intimidation et d'anxiété. »

— Une citation de  Patrick Deane, directeur et vice-chancelier de l'Université Queen's

Une porte-parole de Queen’s confirme que l'un des panneaux disait Enfermez vos filles, pas King$ton, tandis qu'un autre présentait une blague grossière sur les étudiantes, les vaccins contre la COVID-19 et le sexe.

La fête a eu lieu lors du week-end de célébrations annuelles des retrouvailles, même si l'université a choisi de ne pas organiser les événements traditionnels en personne pour la deuxième année consécutive en raison de la pandémie de COVID-19.

Vraiment déplacé

Ella Fawcett, une étudiante de première année à Queen's, déclare qu'elle a assisté à une grande fête de rue en plein air avec ses amis samedi pour sortir et voir de quoi il s'agissait.

Elle dit avoir vu plusieurs pancartes accrochées pendant le rassemblement, certaines drôles et d'autres de mauvais goût.

Elles étaient irrespectueuses non seulement envers les femmes, mais aussi envers tout le monde, a-t-elle déclaré à propos des panneaux condamnés par l'université. C'était vraiment déplacé.

Rassemblement de 8000 personnes et arrestations

La police de Kingston a qualifié les grands rassemblements du week-end de nuisance grave et a procédé à plusieurs arrestations.

Le service de police estime qu'environ 8000 personnes se sont rassemblées dans la rue Aberdeen samedi après-midi. Un agent a dû être transporté à l'hôpital après que des projectiles eurent été lancés sur la police.

Dimanche, aux premières heures, la police a mis en ligne une vidéo montrant ce qu'elle a décrit comme des étudiants en état d'ébriété rassemblés près du parc Victoria.

L'Université Queen's a déclaré qu'elle s'attend à ce que les membres de sa communauté soient respectueux, prévenants et extrêmement sensibles à l'impact de leurs actions sur les autres.

L'université déplore un mépris total

Malheureusement, ce week-end a révélé qu'il existe encore des perceptions problématiques et violentes sur le genre qui reflètent un mépris total pour l’impact qu’elles ont sur les individus et, en fait, sur l'ensemble de notre communauté, a déclaré Patrick Deane.

Une enquête sur la violence sexuelle sur les campus universitaires de l'Ontario, menée en 2018, indiquait que l'Université Queen's affichait le deuxième des taux les plus élevés de harcèlement sexuel signalé et se classait au quatrième rang quant à la prévalence des agressions sexuelles.

À la fin du mois dernier, des étudiants de Queen's ont organisé une grève pour soutenir les survivantes de violence sexuelle dans les universités de l'Ontario.

Cela faisait suite à plusieurs allégations d'agression sexuelle qui ont fait surface à l'Université Western, à London, en Ontario. La police de cette ville a déclaré avoir reçu quatre plaintes d'agressions sexuelles sur le campus de Western.

Avec les informations de La Presse canadienne

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