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La crise du logement prend plusieurs formes en Nouvelle-Écosse

Une femme lève au-dessus de sa tête une affiche sur laquelle on peut lire « Contrôle des loyers maintenant ».

Des manifestants réclament un contrôle permanent des loyers, le 23 septembre 2021 devant l'édifice de l'Assemblée législative de Nouvelle-Écosse, à Halifax (archives).

Photo : CBC / Paul Palmeter

Radio-Canada

La pénurie de logement abordable touche toutes les régions de la Nouvelle-Écosse. Selon des données compilées par CBC et fournies par différents groupes communautaires, 1168 personnes ont récemment demandé de l'aide parce qu’ils étaient sans-abris ou sur le point de le devenir.

Différentes organisations à travers la Nouvelle-Écosse répertorient régulièrement des données sur les sans-abris et les logements abordables dans leur région. Mais ces statistiques sont souvent sous-estimées, car plusieurs personnes hésitent à demander de l’aide.

C’est le cas de Lisa Dewitt, qui a dû quitter son appartement après un incendie à New Glasgow. Les autorités lui ont indiqué qu’elle ne pouvait retourner chez elle, même si son appartement n’a pas été directement la proie des flammes. L’édifice a été jugé dangereux et insalubre.

Lisa Dewitt assise sur un divan, avec son chien.

Lisa Dewitt vit dans un hôtel depuis plus d'un mois et n'arrive pas à trouver un logement abordable à New Glasgow en Nouvelle-Écosse.

Photo : CBC / Taryn Grant

«  C’est à ce moment que je me suis dit : ''j'ai un gros problème'' . »

— Une citation de  Lisa Dewitt

Depuis plus d’un mois, la femme de 52 ans vit dans une chambre d’hôtel, mais cette solution tire à sa fin. Son compte en banque manquera de fonds très bientôt.

Lorsque Lisa Dewitt a quitté son appartement, elle savait que trouver un logement abordable serait un casse-tête. Avant l’incendie, elle cherchait déjà un autre appartement depuis neuf mois, sans succès.

Lisa Dewitt ne se considère pas comme une sans-abri, même si ce groupe englobe les gens qui vivent dans une chambre d’hôtel, une auto, dans le salon d’un ami, ou tout simplement dans la rue.

À 100 dollars par nuit à l’hôtel, Mme Dewitt a presque épuisé toutes ses économies. Même si elle a pu profiter de l’aide financière de la Croix-Rouge, de la Tearmann Society et de la générosité d'un ami, elle devra peut-être se résigner à vivre dans son auto prochainement.

Des statistiques inquiétantes

L’Association pour le logement abordable de la Nouvelle-Écosse met à jour ses données et publie un rapport hebdomadaire sur son site internet. En date du 12 octobre, 416 personnes n'ont pas de logement dans la Municipalité régionale d’Halifax. Cette statistique se base sur des données fournies par différents organismes communautaires de la ville.

Ailleurs en province, il est plus difficile d’avoir accès à des données récentes, selon ce qu’a appris CBC. Certaines organisations et travailleurs sociaux peuvent donner des informations datant de quelques jours, d’autres se basent sur des données datant d’au moins un an.

Pour une seule journée du mois d’avril, 119 personnes sans-abris ont été répertoriées dans la Municipalité régionale du Cap-Breton.

Dans les comtés de Hants, Kings et la vallée d'Annapolis, on a pu compter 226 sans-abris sur une période d’un mois à l’automne dernier.

Les comtés de Cumberland et Colchester ont enregistré 100 sans-abris sur une période d’un mois également, au printemps dernier.

Depuis le début de l’année, 171 personnes ont tenté de trouver un logement abordable avec l’aide d’une seule organisation communautaire dans les comtés de Lunenburg et de Queens. 

La semaine dernière, 30 personnes n'avaient pas de logement dans les comtés de Shelburne, Yarmouth et Digby.

Pour le comté de Pictou, seules les données d’un travailleur social ont été fournies à CBC. Ce travailleur a eu 55 clients depuis les 6 derniers mois.

Anita Stewart, la seule agente d’aide au logement des régions d’Antigonish et de Guysborough, avait 51 clients la semaine dernière. Elle affirme qu’elle connaît au moins 10 autres personnes qui pourraient demander de l’aide, mais qui ne l’ont pas encore fait.

La travailleuse sociale souligne que les gens de la région sont souvent surpris de cette statistique lorsqu’elle discute avec eux. La plupart des communautés à l’extérieur de la région d’Halifax n’ont pas de campement de sans-abri. La crise du logement abordable est donc moins visible, selon Anita Stewart.

Anita Stewart, travailleuse sociale.

Anita Stewart, la seule agente d’aide au logement des régions d’Antigonish et de Guysborough, avait 51 clients la semaine dernière.

Photo : CBC / Mark Crosby

«  Je me sens très démoralisée. Nous avons 51 personnes à qui nous ne pouvons trouver de logements abordables, car il n'y en a tout simplement pas. »

— Une citation de  Anita Stewart, travailleuse sociale

Plusieurs édifices à logements sont en construction dans le comté d’Antigonish, mais le prix demandé est tout simplement hors de portée pour les clients d'Anita Stewart.

Selon elle, les entrepreneurs demanderont plus de 1500 dollars par mois par appartement. La plupart de ses clients ne peuvent débourser que 700 dollars par mois pour se loger. 

Il est donc urgent d’avoir accès à des logements abordables, particulièrement à l’approche de l’hiver, selon Anita Stewart.

Le gouvernement provincial doit annoncer un plan d’action contre la pénurie de logements abordables cette semaine. 

Selon un reportage de Taryn Grant de CBC

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