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Incidents racistes au Collège Louis-Riel : la Division scolaire prend des mesures

Une école en brique rouge.

Le Collège Louis-Riel, situé dans le quartier de Saint-Boniface, est l'une des deux écoles secondaire de la Division scolaire franco-manitobaine à Winnipeg.

Photo : Radio-Canada / Gavin Boutroy

Radio-Canada

Dans la foulée d’incidents racistes survenus autour de l’utilisation du mot en n au Collège Louis-Riel à Winnipeg la semaine dernière, la Division scolaire franco-manitobaine (DSFM) prend des mesures pour apaiser les tensions et lutter contre le racisme.

Dans un communiqué publié lundi, la DSFM explique avoir entrepris des actions et engagements afin d’assurer le bien-être de chaque membre de sa communauté scolaire, et mentionne les avoir partagés aujourd’hui avec les familles, élèves et membres du personnel.

Parmi ces actions, la DSFM note le partage d’une vidéo (Nouvelle fenêtre) de l’équipe administrative du Collège Louis-Riel (CLR), samedi soir, pour informer les parents des actions entreprises par le CLR en lien avec la lutte contre le racisme, mais aussi contre toutes formes de discrimination.

La DSFM note aussi qu’une première rencontre a été organisée lundi par l’équipe du CLR avec le groupe ÉMA (Élèves issus des Minorités et leurs Alliés). Ce groupe rassemble des élèves du Collège et veut permettre aux jeunes de partager défis et réussites tout au long de leur parcours scolaire.

Radio-Canada est sensible au choix des mots, à plus forte raison lorsqu’il est question de désigner des individus, quelle que soit leur couleur de peau, leur orientation sexuelle ou leur religion. Il y a longtemps que nous, à Radio-Canada, n'utilisons plus le mot « nègre » pour désigner des personnes à la peau noire.

Nous avons choisi d’écrire mot en n en lieu et place d’un autre mot anglais, également connu comme le « n word », qui est perçu comme l’une des pires, sinon la pire des insultes qu’on puisse proférer à l’endroit d’une personne à la peau noire. Il s’agit, selon nous, d’une question de respect.

Ces interventions font suite à la diffusion d’images d’agression et de discussions tendues entre un membre du personnel et des élèves. Ces images ont circulé sur les réseaux sociaux et indigné des parents.

Comme vous savez, dans une situation comme celle-ci, il peut y avoir des séquelles, affirme le directeur des services aux élèves à la DSFM, Daniel Preteau. C'est avec les discussions avec les élèves qu'on va mieux connaître comment les élèves se sentent. Notre priorité, c'est leur bien-être.

Lundi, la DSFM a déployé une équipe d’intervenants au CLR. Vingt-deux personnes, dont plusieurs travailleurs sociaux provenant de l’Accueil francophone et de Pluri-Elles, ont pu offrir un appui aux élèves et aux membres du personnel qui en avaient besoin, explique la division scolaire.

Daniel Preteau.

Daniel Preteau, directeur des services aux élèves à la DSFM (archives)

Photo : Daniel Preteau

Daniel Preteau mentionne que les événements de la semaine dernière découlaient d’une activité pédagogique en classe.

Dans son message diffusé samedi soir, le directeur du Collège Louis-Riel, Dale Normandeau, reconnaît que l’utilisation d’un vocabulaire inapproprié en salle de classe a occasionné de vives tensions dans notre communauté.

Depuis cet incident, dit-il, notre école traverse actuellement des défis qui nous rappellent de nous questionner dans nos actions.

Nous souhaitons de tout coeur que notre école soit un lieu de vivre ensemble où la diversité est représentée et valorisée sous toutes ses formes.

Tout en énumérant les actions mises de l’avant par l’école pour favoriser ce vivre ensemble, le directeur indique être conscient que nous devons continuer notre cheminement vers l’acceptation de la différence, l’ouverture d’esprit et la lutte contre le racisme.

Lundi, la DSFM et le CLR se sont engagés à mettre en place quatre groupes-conseils distincts réunissant des élèves, des parents, des membres du personnel et des membres de la communauté, dans le but d'élaborer et d’adopter un plan d’action concret, communautaire et scolaire.

Des parents attendent de voir des résultats

L’organisme Parents contre le racisme préfère attendre de voir les résultats de ces initiatives avant de se prononcer.

Le fait que la DSFM pose des actions, c’est une bonne chose. Mais nous allons quand même voir vers quoi ces actions-là vont mener, déclare Beydi Traore, membre fondateur de Parents contre le racisme.

M. Traoré debout à l'extérieur en veste bleue.

Beydi Traoré, membre fondateur de Parents contre le racisme (archives)

Photo : Radio-Canada / Julien Sahuquillo

Retirer des livres de l’école

Par ailleurs, la DSFM a également décidé de retirer temporairement tous les livres avec le mot en n des rayons du Collège Louis-Riel, le temps d’évaluer la situation. La division scolaire précise qu’il y aura une discussion pour les livres des autres écoles.

Enlever des livres, ça enlève quand même une partie de l’histoire, même si ce n’est pas une partie positive, explique Daniel Preteau, en précisant : C’est pas juste nous qui allons prendre la décision, mais on va prendre ça avec nos partenaires, nos familles, notre communauté.

Pour Parents contre le racisme, tout est dans la façon d’utiliser les livres et les manuels scolaires. L’organisme préconise la préparation et le contexte.

C’est la manière dont le mot va être utilisé qui peut être compliquée et amener des situations, déclare Beydi Traore. Ce n’est pas tout le monde qui a la maturité de comprendre. Est-ce qu’il y avait un contexte derrière son utilisation?, se demande-t-il.

La DSFM entend élargir ses consultations afin de lutter contre le racisme dans tous ses établissements.

Avec les informations de Godlove Kamwa

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