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Plante-Coderre : l’habitation, la mobilité et les finances font monter la pression

Denis Coderre et Valérie Plante sur scène, souriants, avant le début de la joute oratoire.

Denis Coderre et Valérie Plante ont participé lundi soir à l'un des débats les plus importants de la campagne, celui de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

Photo : Radio-Canada / Jérôme Labbé

C'est un débat dense et animé entre deux rivaux de longue date qui a été présenté lundi soir devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) – une joute oratoire qui a permis de constater une fois de plus que Valérie Plante et Denis Coderre ont des visions bien différentes en matière d'habitation, de mobilité et de finances.

Dès le départ, la relance économique du centre-ville a été l'occasion pour les deux principaux candidats à la mairie d'aborder l'enjeu du logement et de son abordabilité – l'enjeu numéro 1 de la campagne, selon Projet Montréal.

D'abord hésitants à s'attaquer, M. Coderre et Mme Plante se sont lancés dans la mêlée lorsque le premier a reproché à la seconde son Règlement pour une métropole mixte – mieux connu comme le « 20/20/20 » – qui oblige les promoteurs à inclure des logements abordables, sociaux et familiaux dans leurs projets.

Ce règlement, dit-il, décourage les promoteurs, contribue au manque d'inventaire et pousse les Montréalais vers la banlieue, a-t-il répété, ce à quoi la mairesse sortante a rétorqué qu'au contraire, cette façon de faire, qui vient tout juste d'être implantée, contribuera à conserver une certaine mixité sociale, surtout au centre-ville.

Denis Coderre et Plante derrière leurs lutrins respectifs.

Denis Coderre et Valérie Plante ont débattu pendant 90 minutes, lundi soir, au Centre Sheraton de Montréal.

Photo : Radio-Canada / Jérôme Labbé

Mme Plante a illustré les bienfaits du « 20/20/20 » en citant la transformation du site Molson, un projet qui inclut à la fois des condos, des résidences pour personnes âgées et des logements sociaux.

Mais pour Denis Coderre, ce n'est pas suffisant. Il faut, selon lui, doper l'offre en densifiant la ville de Montréal. L'ancien maire de Montréal promet que 50 000 logements seront construits en quatre ans s'il revient au pouvoir, le 7 novembre. Il s'en est construit environ 35 000 sous le règne de son adversaire.

La cheffe de Projet Montréal croit pour sa part que la priorité doit être de gérer les loyers existants. Elle reproche d'ailleurs à son adversaire de vouloir mettre sur pied un registre des loyers sur une base volontaire. Celui qu'elle aimerait créer serait obligatoire. Mais Québec a fait savoir récemment qu'il s'opposait à cette idée.

La mobilité, le sujet qui divise... encore

Comme lors de la campagne de 2017, les questions entourant les transports continuent d'opposer Valérie Plante et Denis Coderre, qui n'ont pas hésité à monter le ton, lundi soir, lorsqu'est venu le temps d'en débattre.

À propos des chantiers qui paralysent la métropole et son centre-ville, le chef d'Ensemble Montréal – visiblement amer d'en avoir fait les frais il y a quatre ans – a accusé sa rivale d'avoir tellement promis de tout régler que ça a empiré.

« Oui, il y a une escouade mobilité, mais elle est pognée dans le trafic. »

— Une citation de  Denis Coderre

Questionné sur le sujet après le débat, M. Coderre n'a pas voulu dire si le mandat de l'escouade mobilité serait reconduit en cas de victoire de sa formation politique le 7 novembre.

Notre couverture des élections municipales au Québec en 2021.

Qualifiée une fois de plus d'antivoiture, la mairesse sortante s'est défendue. Je ne suis pas antivoiture, je suis prosécurité, a-t-elle répliqué pendant le débat. Clairement, ça n’a pas la même signification pour tout le monde.

C'est pour cette raison, a expliqué Mme Plante, que son administration a voulu étendre le REV (le « Réseau express vélo ») à la rue Saint-Denis, où trois personnes sont mortes depuis 2014.

M. Coderre l'a alors accusée de faire de la politique sur le dos des victimes. Il a tout de même promis, comme il l'avait déjà fait, de ne pas supprimer le REV Saint-Denis, mais d'y apporter des ajustements, tout au plus.

Le chef d'Ensemble Montréal, par ailleurs, s'est indigné de voir que le déficit anticipé de la Société de transport de Montréal pourrait pousser celle-ci à diminuer ses services de 30 % l'an prochain. Selon lui, il aurait été plus sage, pour diminuer les dépenses, de ne pas donner un plein service durant la pandémie.

Des surprises au sujet de la taxation

Enfin, en ce qui a trait aux finances, Denis Coderre maintient que la Ville frôle la décote financière et conspue les augmentations de dépenses qui ont fait passer le budget de la Ville de Montréal de 5 à 7 milliards de dollars en quatre ans.

Malgré cela, le chef d'Ensemble Montréal a pris l'engagement lundi soir de ne pas augmenter les taxes au-delà de l'inflation s'il est élu.

Valérie Plante avait déjà pris un tel engagement dans sa plateforme électorale. Selon Denis Coderre, la cheffe de Projet Montréal, qui a augmenté les taxes au-delà de l'inflation dans son premier budget, doit aujourd'hui composer avec un problème de crédibilité sur ce sujet.

Mais la réplique de la mairesse sortante était déjà prête : Denis Coderre, dit-elle, a augmenté les taxes de 2,1 % en moyenne entre 2014 et 2017, alors que pendant cette période, l'inflation annuelle n'a été que de 1,2 % en moyenne.

Oui, son administration a haussé les taxes de 1,8 % par année en moyenne de 2018 à 2021, a fait valoir Mme Plante, mais l'inflation a atteint 1,7 % durant la même période – un écart, dit-elle, bien moins important.

« Vous avez augmenté les taxes plus que nous! »

— Une citation de  Valérie Plante

La cheffe de Projet Montréal a par ailleurs promis de ne pas implanter de taxes sur le poids des déchets au cours des quatre prochaines années, une mesure d'écofiscalité qui était pourtant dans l'air depuis son arrivée au pouvoir, en 2017. Elle a fait cette promesse en mêlée de presse, en fin de soirée.

Une soirée déterminante

Le débat de la CCMM est habituellement considéré comme le plus important de la campagne municipale à Montréal.

Il ne s'agissait ni du premier ni du dernier débat de la course à la mairie. Déjà, Mme Plante et M. Coderre avaient échangé ou débattu sur les thèmes du tourisme, des relations internationales, du mont Royal, de la culture et de la jeunesse, avec ou sans autres candidats.

Balarama Holness – dont le parti, Mouvement Montréal, est présenté comme celui de « la troisième voie » – n'était pas invité, lundi soir, une situation dénoncée à grands cris par le candidat au cours des dernières semaines.

M. Holness sera toutefois invité au débat organisé par un consortium de médias anglophones le jeudi 28 octobre prochain.

Esther Bégin sur un écran géant.

Le débat, qui a duré 90 minutes, était animé par Esther Bégin, cheffe d'antenne à la Chaîne d'affaires publiques par câble (CPAC).

Photo : Radio-Canada / Jérôme Labbé

Les thèmes abordés lundi soir étaient : le développement économique du territoire; les activités commerciales et le logement; les transports et la mobilité; l'environnement et les changements climatiques; ainsi que la capacité budgétaire et l'impôt foncier.

Quelques centaines de personnes s'étaient déplacées pour venir entendre Mme Plante et M. Coderre débattre au Centre Sheraton de Montréal. Le débat était également retransmis en ligne. L'accès était payant.

Il s'agissait du plus important événement organisé par la CCMM depuis le début la pandémie, s'est réjoui son président, Michel Leblanc.

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