•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Réserver son autobus plutôt qu’attendre à l’arrêt à Beloeil

La société de transport exo mène un projet pilote dans les secteurs de Beloeil et de McMasterville, où les citoyens peuvent utiliser une application de transport à la demande pour leurs déplacements.

Un autobus immobilisé.

Un autobus offre la desserte locale sous le mode du transport à la demande, à McMasterville.

Photo : Radio-Canada / Philippe-Antoine Saulnier

« Bienvenue à bord », lance le chauffeur Marc Belleville lorsque nous montons dans son autobus, à la gare de McMasterville.

Depuis le 31 mai dernier, les chauffeurs qui assurent la desserte locale dans les secteurs de Beloeil et de McMasterville offrent un service personnalisé à la clientèle. Les usagers n'ont plus à consulter l'horaire de passage à leur arrêt; ils doivent plutôt réserver leur déplacement au moyen d'une application ou par téléphone.

Ils sont parmi les premiers au Québec à faire l'expérience du transport à la demande par autobus, dans le cadre d'un projet pilote mené par la société exo, qui dessert les couronnes nord et sud de Montréal.

En tant que chauffeur, c'est très différent, affirme M. Belleville. Pour les usagers, c'est beaucoup plus rapide, explique-t-il.

« Au lieu d'avoir un circuit fixe qui force à passer dans certains quartiers où on n'aurait personne [...], là, c'est la personne directement qu'on va porter. »

— Une citation de  Marc Belleville, chauffeur

Ce projet pilote vise à répondre aux nouveaux besoins en transport entraînés par la pandémie. Les autobus d'exo sur la couronne sud n'ont regagné que la moitié de leur clientèle d'avant mars 2020, selon le transporteur.

Si les gens vont moins au centre-ville, mais qu'ils font plus de déplacements locaux, cette technologie nous permet d'offrir un service intéressant à l'intérieur même de la ville, explique Assumpta Cerda, conseillère principale en projets de mobilité chez exo.

Plus efficace et plus flexible

Le but était aussi d'améliorer un service local qui était considéré comme déficient, ajoute Mme Cerda. Les autobus avaient une fréquence aux deux heures. Vers six heures le soir [18 h], les autobus arrêtaient et il n'y avait pas de service le dimanche. Le transport à la demande a permis d'étendre le service jusqu'à 21 h 30 et d'en ajouter le dimanche, tout en utilisant les mêmes ressources qu'avant.

L'expérience accorde plus de flexibilité aux utilisateurs, qui peuvent maintenant choisir leurs points de départ et d'arrivée à leur guise à l'intérieur du territoire.

« On voit des gens qui font des déplacements qui n'étaient pas possibles avant, ou encore qui nécessitaient une correspondance. »

— Une citation de  Assumpta Cerda, conseillère principale en projets de mobilité chez exo

Les derniers chiffres montrent que l'achalandage des autobus locaux à Beloeil-McMasterville est revenu au niveau où il était en septembre 2019, avant la pandémie. Par ailleurs, l'augmentation se fait au même rythme qu'ailleurs dans les réseaux locaux d'exo. Selon Mme Cerda, c'est signe que la clientèle s'est rapidement adaptée à cette nouvelle façon de se déplacer.

Ce n'est pas très différent de l'expérience actuelle des usagers, croit Justin Hunt, président-directeur général de Blaise Transit, une entreprise montréalaise qui développe une application de transport à la demande qui est déjà utilisée dans plusieurs villes du pays. Moi, comme utilisateur, je regarde toujours avant de partir, sur Google Maps ou Transit App, quel autobus je dois prendre, s'il est en retard, etc. En fait, [le transport à la demande] copie l'expérience des applications qu'on utilise pour voir le transport en commun, mais [...] on va créer le service en fonction des demandes.

 Un arrêt d'autobus.

Les usagers n'ont plus à regarder l'horaire de passage à leur arrêt.

Photo : Radio-Canada / Philippe-Antoine Saulnier

D'autres villes montent dans l'autobus du transport à la demande, ou y réfléchissent. À Trois-Rivières, un secteur de la ville est déjà desservi par ce mode de transport. La Société de transport de Laval (STL), de son côté, a évalué la possibilité de convertir des lignes d'autobus fixes en services à la demande, dans trois corridors qui traversent plusieurs quartiers.

Cette avenue pourrait être une réponse aux nouveaux besoins des Lavallois en télétravail, croit Christine Gauvreau, directrice principale de la planification et du développement à la STL. On sent que le vent change un peu parce que les gens seront peut-être au travail à la maison pendant les périodes de pointe au lieu d'être dans les autobus, explique-t-elle. Mais au dîner, ils pourraient vouloir aller faire des courses et emprunter le service, s'il est disponible. Nous sommes justement en train de regarder comment le rendre disponible au moment où les gens en auront besoin.

La pandémie a exposé les limites des lignes de transport fixes, croit Justin Hunt, PDG de Blaise Transit.

« Si les tendances et les habitudes de transport changent, c'est très difficile d'adapter les lignes fixes. Un service de transport à la demande, c'est fait exactement pour cela : ça s'adapte en temps réel à qui veut l'utiliser et combien de personnes veulent l'utiliser. »

— Une citation de  Justin Hunt, PDG de Blaise Transit

Pour le moment, les expériences de transport à la demande sont surtout menées dans des secteurs moins denses, parfois ruraux, ou encore dans des parcs industriels. Mais M. Hunt est d'avis que cette approche pourrait éventuellement être utilisée à Montréal, notamment aux heures où la demande est faible. Le projet pilote de Beloeil et McMasterville permettra de déterminer si le concept sera étendu à d'autres régions des couronnes nord et sud de Montréal.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !