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Des Franco-Ontariens de Milton veulent une chapelle catholique bien à eux

Nelcy Lopez et ses trois enfants s'amusent dans leur cuisine. Des fruits et légumes sont posés sur le comptoir.

Nelcy Lopez fait l’école à la maison pour ses enfants. Leur immersion française se fait à la messe du dimanche.

Photo : Nelcy Lopez

La communauté francophone de Milton ne cesse de grandir : elle compte déjà trois écoles élémentaires francophones et aura bientôt une école secondaire. À présent, des catholiques franco-ontariens veulent avoir leur propre lieu de culte.

Selon Statistique Canada, en 2016, plus de 1500 habitants de Milton ont déclaré parler français.

Nelcy Lopez est originaire de Colombie et habitante de Milton depuis sept ans. Elle a quitté son pays d’origine avec seulement quelques mots de français en tête, puis a vécu quelque temps à Montréal avant de finalement s’établir en Ontario.

Pour elle, il est hors de question de perdre son français, sa troisième langue.

C’est grâce au fait qu’elle vit sa foi catholique en français qu’elle a pu approfondir la langue, explique la paroissienne. Un héritage qu'elle veut maintenant transmettre à ses enfants.

« Chez nous, le dimanche tout est en français. La messe en français est comme une fenêtre sur le monde francophone et sur la foi. »

— Une citation de  Nelcy Lopez, habitante de Milton

Ravie d’avoir découvert une communauté catholique francophone, la mère de trois enfants assure désormais ne plus manquer ce rendez-vous du dimanche, important pour leur pratique religieuse. Elle souhaite que la communauté catholique de Milton devienne plus forte en ayant aussi leur propre église.

Pour l’instant, la communauté catholique de Milton se réunit tous les dimanches à l'église de la paroisse St. Benedict de Milton, qui vient tout juste d’être construite, explique le prêtre Jonas Ahouanssou, qui célèbre les messes en français.

La paroisse St. Benedict appartient à la communauté anglophone. L’espace est donc prêté quelques heures aux francophones pour célébrer la messe en français l’après-midi. Le dimanche à 16 h, ça peut ne pas arranger tout le monde, déplore tout de même le prêtre.

En dépit des contraintes d’horaire, il affirme être reconnaissant de l'accès à ce nouveau lieu de culte. Mais la situation n'est pas idéale.

« On n'a pas d'espace pour nous le matin. Si l’on avait un lieu propre à nous, on aurait pu accommoder tout le monde. »

— Une citation de  Jonas Ahouanssou, prêtre de la paroisse Sacré-Cœur de Georgetown

Mais la construction d'un lieu de culte pour les francophones de Milton pourrait coûter des millions de dollars parce qu’il faut acheter le terrain, explique le prêtre. Pour atteindre ce but, Jonas Ahouanssou compte sur la générosité de tous.

Il illustre la croissance de la communauté par les différents espaces de culte qu’ils ont occupés à travers le temps.

« D’une petite maison, ensuite à l’école St. Nicholas… ensuite dans un gymnase de la Ville… et puis on a la possibilité maintenant d’entrer dans une grande église. »

— Une citation de  Jonas Ahouanssou, prêtre de la Paroisse Sacré-Cœur de Georgetown

Didier Konan, un autre paroissien, explique qu’auparavant, des catholiques franco-ontariens de Milton se rendaient régulièrement à la messe en français d'une ville voisine, Georgetown. Surtout en période de neige, ce n’est pas évident, dit-il.

Georgetown se trouve à environ 20 km de Milton.

« On parle de 30 à 40 minutes de route. C’était vraiment difficile. »

— Une citation de  Didier Konan, coordonnateur de la Mission catholique francophone de Milton

Le portrait démographique de Milton change

Didier Konan explique qu’une centaine de familles de différentes communautés culturelles assistent aux célébrations francophones. Auparavant, Milton était un champ un peu vide, maintenant les gens sont partout, décrit-il.

Même son de cloche du côté du père Jonas Ahouanson. Il affirme voir des paroissiens à l’image du multiculturalisme canadien lors de la messe. On a des Ivoiriens, des Camerounais, des Acadiens, des Égyptiens et des Mauriciens.

Didier Konan, originaire de la Côte d’Ivoire, est le coordonnateur de la Mission catholique francophone de Milton. Pour lui, la messe en français c’est ce qui est le plus naturel. Le français est aussi la langue officielle dans son pays d’origine.

Il n'y a pas mieux que de s’exprimer en français [plutôt] que de chercher les mots en anglais, ajoute-t-il.

Pour le moment, le projet en est encore à ses premiers balbutiements et la communauté veut attirer l'attention sur ses besoins afin de rallier davantage de gens à la cause.

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