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Pensionnats pour Autochtones : le coroner examine des cas vieux de plusieurs décennies

Un homme dans un complet bleu parle en conférence de presse.

Le coroner en chef de l'Ontario, le Dr Dirk Huyer, affirme avoir rouvert au moins une enquête. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Cédric Lizotte

Radio-Canada

Le coroner en chef de l'Ontario affirme avoir rouvert au moins une enquête en lien avec de possibles tombes non marquées liées aux pensionnats pour Autochtones.

Le Dr Dirk Huyer a aussi mis sur pied une équipe chargée d'examiner les enquêtes sur les décès survenus au cours des dernières décennies afin de déterminer s'il y a lieu de les rouvrir.

J'ai demandé que l'on récupère les dossiers des restes humains des dernières années et nous allons les examiner pour voir si, en fait, il y a des enquêtes qui devraient être menées maintenant, sur la base de nouvelles informations, a déclaré le Dr Huyer.

Ce dernier développement survient après qu'une organisation représentant les survivants du pensionnat pour Autochtones Mohawk Institute eut annoncé que des restes qui semblent être ceux d'une personne de moins de 14 ans avaient été découverts près de l'établissement.

Le bureau du coroner avait enquêté après la découverte des restes à Brantford, en Ontario, en août 2020. Il avait alors déterminé que ces restes humains n'étaient pas modernes et n'avaient aucune valeur médico-légale, selon un communiqué de la police.

Or, le Dr Huyer affirme que son bureau a repris la direction de l'enquête, reconnaissant qu'il est très juste de dire que les révélations de tombes non marquées dans les pensionnats pour Autochtones du Canada au cours de l'été ont joué un rôle dans la décision de le faire.

Tout ce qu'ils peuvent faire pour revenir en arrière, examiner ces registres et ces dossiers et voir où ils ont pu échouer dans leur enquête est évidemment le bienvenu, a déclaré Kimberly Murray, directrice exécutive du Survivor's Secretariat [Secrétariat des survivants, traduction libre], mis en place pour superviser une recherche sur la propriété du Mohawk Institute.

Tombe non marquée découverte en août 2020

On ne sait pas encore quand la personne dont les restes ont été trouvés près du pensionnat pour Autochtones a été enterrée, si elle était Autochtone ou si elle avait un lien direct avec l'établissement.

Le Survivor's Secretariat a souligné la nécessité de faire preuve de prudence, mais a déclaré que l'âge probable de la personne et sa proximité avec les 202 hectares (500 acres) qui constituaient autrefois la propriété du pensionnat pour Autochtones sont préoccupants.

Le bureau du coroner a commencé à participer à l'enquête après que les restes aient été trouvés près de la promenade Glenwood en août de l'année dernière. Des équipes de travail y installaient des services publics, a déclaré le Dr Huyer.

Le personnel a procédé à une première évaluation et n'a pas identifié de préoccupations importantes quant à un acte criminel, de sorte que l'enquête a été confiée au registrateur ministériel des lieux de sépulture, des sépultures de guerre, des abandons et fermetures de cimetière, a-t-il déclaré.

À ce stade, le coroner a déclaré que les restes n'avaient aucune valeur médico-légale, ce qui signifie qu'aucune enquête criminelle ou autre sur le décès n'aurait lieu.

Le Dr Huyer a déclaré que le terme était utilisé dans le passé par le bureau pour déterminer si la police devait participer à une enquête. L'un des facteurs clés était l'âge potentiel des ossements.

Si les restes semblaient avoir plusieurs années de plus, plus de 50 ans, alors nous avions suivi un processus selon lequel s'ils étaient d'un âge significatif et qu'il n'y avait pas de blessures évidentes [...] alors nous transmettions l'enquête au registraire.

Le bureau du coroner s'efforce maintenant de réviser ses processus, y compris l'utilisation du terme, surtout à la lumière des enterrements non marqués dans les pensionnats [pour Autochtones] ou à proximité, a déclaré le Dr Huyer.

Une partie de cette réflexion consiste à examiner les cas antérieurs, y compris ceux renvoyés au registrateur, pour voir si certains ayant des liens potentiels avec des décès dans des pensionnats pour Autochtones ont été manqués, bien qu'il ait dit qu'il ne connaissait pas le nombre de cas sur lesquels son bureau a enquêté dans ce type d'établissement ou à proximité.

À l'heure actuelle, j'ai demandé, comme point de départ, tous les dossiers des années 1980. Je les ai tous entre les mains [...] et nous réfléchissons à l'équipe que nous allons mettre sur pied pour faire ce travail, a déclaré le Dr Huyer, ajoutant que l'effort a commencé l'été dernier, alors que les nouvelles des enterrements non marqués à travers le pays faisaient la une des journaux et suscitaient un débat national.

La communauté s'inquiète

Mme Murray a souligné que l'examen devra remonter bien plus loin dans le temps. Les communautés autochtones et les survivants parlent également des sépultures anonymes depuis très longtemps, et pas seulement depuis l'été dernier, a-t-elle ajouté.

Ces dernières années, deux autres cas de restes humains ont été découverts près du site du Mohawk Institute, l'un sur la route Oxbow et l'autre sur Brikett Lane. Mme Murray a dit qu'elle avait porté ces cas à l'attention du Dr Huyer.

Une plaque est représentée devant l'ancien pensionnat du Mohawk Institute.

Le Mohawk Institute fait partie des pensionnats pour Autochtones qui sont restés le plus longtemps en activité. Il a définitivement fermé ses portes en 1970.

Photo : CBC/Evan Mitsui

Elle a également déclaré que ce sont les archéologues des Six Nations qui ont fait part au coroner de leurs préoccupations concernant le cas le plus récent, après qu'il a été déterminé qu'il s'agissait d'un jeune.

C'est la communauté qui a ramené le problème à l'attention du coroner; ce n'est pas le coroner qui l'a porté à sa propre attention.

Des enfants des Six Nations ont été envoyés dans des établissements de toute la province, et pas seulement au Mohawk Institute, et il est important que tous les lieux de sépulture potentiels ayant un lien avec les pensionnats pour Autochtones soient examinés, a-t-elle ajouté.

Mme Murray a laissé entendre que des lois provinciales ou fédérales pourraient devoir être modifiées pour protéger les lieux de sépulture des pensionnats pour Autochtones, où qu'ils se trouvent.

Il est vraiment important que nous les trouvions et les récupérions tous.

Avec les informations de CBC News

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