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« Oraison funèbre » pour le château Dubuc de Chandler

Le Château Dubuc et sa galerie qui commencent à être arrachés par les vagues.

Depuis deux ans, les bâtiments du Château Dubuc à Chandler sont menacés par l’érosion.

Photo : Radio-Canada

Perrine Bullant

Le château Dubuc ne passera vraisemblablement pas l'hiver. À présent, son propriétaire Michel St-Pierre s'est résigné à l'idée.

Peut-être qu'il va flotter sur la mer à la prochaine tempête, anticipe Michel Saint-Pierre, accablé. Il avait convoqué lundi les médias pour l'oraison funèbre de Dubuc et du patrimoine de la ville de Chandler.

« Tout ce qu’il nous fallait aujourd’hui, c’était 150 000 $! C’est pas beaucoup pour sauver du patrimoine. »

— Une citation de  Michel Saint-Pierre, propriétaire du château Dubuc.

Ce montant visait à protéger temporairement le bâtiment des tempêtes de l'automne et de l'hiver à venir, le temps de trouver un moyen de sécuriser le lieu patrimonial à long terme. Le gouvernement du Québec a alloué seulement 40 000 $ du montant demandé.

Derrière Michel Saint-Pierre, sa propriété ne tient presque plus sur sa structure.

Michel Saint-Pierre est découragé de ne pas recevoir d'aide pour protéger son bien patrimonial.

Photo : Radio-Canada / Bruno Lelièvre

Quand il va partir à l'eau j'espère que les gens vont filmer ça et le mettront sur Facebook. Ça va être un scandale international, menace Michel Saint-Pierre. Il s'est aussi adressé à la ministre de la Culture en lui jetant le blâme de ne pas voir à la sauvegarde du bâtiment.

« Madame Roy, qui est Gaspésienne, je la tiens responsable de la perte de ce patrimoine. »

— Une citation de  Michel Saint-Pierre

Un manque d'effort des ministères

Depuis trois mois, le propriétaire et la mairie ont contacté plusieurs ministères pour tenter de bénéficier de l'aide de programmes de subventions. À chaque fois, le château Dubuc n'était pas admissible.

Le ministère n’a rien compris entre une urgence de sauver deux bâtiments patrimoniaux et un programme normé, peste le propriétaire.

La mairesse sortante, Louisette Langlois, trouve regrettable que les ministères n'aient pas mobilisé plus d'efforts pour préserver ce vestige du patrimoine bâti : ça prenait un décret ministériel pour le sauver.

« C'est la dernière pièce du patrimoine bâti de l'histoire industrielle de Chandler.  »

— Une citation de  Louisette Langlois, mairesse de Chandler.

Au début du mois d'octobre, le conseil municipal de Chandler a voté contre une résolution qui prévoyait une aide de 50 000 $.

Le château Dubuc ne tient presque plus sur sa structure.

À Chandler, le Château Dubuc, dernier témoin du passé industriel de la ville, sera bientôt emporté par la marée.

Photo : Radio-Canada / Bruno Lelièvre

Louisette Langlois avait soumis l'idée de devancer le projet d'empierrement qui est envisagé pour protéger le rail, le long de la rive. La solution serait de protéger en amont les maisons, dit-elle maintenant, pour faire en sorte que le rail ne soit pas obligé d'être protégé. Mais on dirait qu'on arrive trop tard.

Un vestige de l'ère industrielle de Chandler

Michel Saint-Pierre lit avec amertume quelques lignes du rapport sur la valeur de sa propriété, datée de 2016. Le document, rédigé par une firme de consultants en patrimoine culturel, dénote de la valeur historique et architecturale de la bâtisse. C'est un des bâtiments qui représentent le plus le style Prairie, un style d'architecture qui est rare au Canada.

Le château Dubuc tient son nom de l'industriel Dubuc, patron de la compagnie Gaspesia, usine de pâtes et papier. Il a abrité les grands patrons de l'industrie et a vu grandir la ville industrielle de Chandler.

Pour sauver durablement le château, il faudrait débourser 1,2 M$ pour déplacer le bâtiment d'une soixantaine de mètres.

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