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Le passeport vaccinal facultatif laisse des commerçants de Yellowknife sur leur faim

La façade du restaurant Hungry Wolf.

Le restaurant Hungry Wolf, à Yellowknife, subit les restrictions sanitaires depuis son ouverture, en septembre 2021.

Photo : Radio-Canada / Chantal Dubuc

L’entrée en vigueur prochaine du passeport vaccinal facultatif aux Territoires du Nord-Ouest ne fait pas que des heureux parmi les commerçants. Si certains se réjouissent de ce qu’ils considèrent comme une bouffée d’air frais pour leur entreprise, d’autres y voient plutôt un cadeau empoisonné.

Sur la 51e Rue de Yellowknife, le propriétaire du restaurant Hungry Wolf, Reginald Drummond, a peur de voir son tout nouveau commerce mourir de faim.

Depuis l’ouverture, au début de septembre 2021, l’entreprise subit les contrecoups des restrictions sanitaires qui accompagnent la récente vague de COVID-19.

C’est difficile, mais on essaie de faire ce qu’on peut, explique-t-il. Malgré la limite de 10 personnes à l’intérieur et les revenus générés par les commandes pour emporter, le restaurant peine à payer ses fournisseurs.

J’ai dû reporter le paiement de factures, parce que je dois m’occuper de mon personnel. Je ne peux pas les perdre juste pour payer une facture, souligne M. Drummond.

La jeunesse de l’entreprise la contraint aussi à la disette en matière d’aide gouvernementale.

Le propriétaire du restaurant Hungry Wolf, Reginald Drummond, pose dans son restaurant.

Reginald Drummond, espère que les 48 clients que pourra accueillir sa salle à manger suffiront à payer ses factures.

Photo : Radio-Canada / Chantal Dubuc

Ils disent que nous ne sommes pas ouverts depuis assez longtemps, [parce que] quelque part, dans les petits caractères, il est écrit qu’il faut être ouvert depuis au moins six mois pour recevoir un coup de pouce du gouvernement.

Le restaurateur accueille donc l'adoption du passeport vaccinal et l'augmentation possible de la capacité d'accueil de son établissement comme un soulagement.

« C'est une excellente idée. Tout mon personnel est vacciné. Ça fait partie des conditions d’embauche [et] s’il faut le demander à la porte, on le fera. Comme ça, on pourra accueillir 48 personnes. »

— Une citation de  Reginald Drummond, propriétaire du restaurant Hungry Wolf

Le passeport vaccinal, version ténoise

Le gouvernement des Territoires du Nord-Ouestpermettra aux commerçants qui imposent le passeport vaccinal de demander une exemption des restrictions sanitaires à compter à compter du 22 octobre.

Les restrictions en vigueur limitent le nombre de personnes permises à l'intérieur à 10 pour les régions touchées par les récentes éclosions et à 25 pour le reste du territoire.

Les détails de la politique ne sont pas encore connus, mais le nombre de personnes permis à l'intérieur avec l'exemption n'équivaudra pas nécessairement à la capacité maximale de l'établissement.

On aurait voulu une politique uniforme

S’il se réjouit, lui aussi, de l’arrivée du passeport vaccinal et le répit qu’il offrira aux restaurateurs comme Reginald Drummond, le président de la Chambre de commerce de Yellowknife, Rob Warburton, déplore son caractère facultatif.

On voudrait que ce soit obligatoire, comme ça, tout le monde serait sur la même longueur d’onde, précise-t-il.

La mise en place rapide du système de vérification de la preuve de vaccination permettra aux restaurants et bars dont la salle à manger est pratiquement déserte depuis plusieurs semaines de respirer un peu, selon lui.

Il croit que plusieurs restaurateurs s’empresseront de faire une demande d’exemption, parce que même la limite de 25 personnes à l'intérieur qui sera en vigueur à l’assouplissement des restrictions actuelles, n’est pas suffisante.

Tout en voyant la mesure d’un bon oeil, Rob Warburton dit craindre que le choix donné aux commerçants crée une commotion, notamment à cause des disparités de mise en oeuvre et des opinions divergentes.

En Alberta, par exemple, ils ont un programme de preuve vaccinale volontaire et ça suscite des divisions entre les commerces et les clients, explique-t-il.

Une question de liberté, dit un restaurateur

Au pub Kilt and Castle, le propriétaire Bob Stewart pense aussi que le système de vérification des preuves vaccinales divisera, mais il ajoute que c’est l’effet recherché.

C’est conçu pour séparer et punir ceux qui ne veulent pas suivre le plan [de vaccination] gouvernemental, croit-il.

La façade du pub Kilt and Castle, à Yellowknife.

Le propriétaire du pub Kilt and Castle, Bob Stewart, voit plutôt le passeport vaccinal comme une ingérence gouvernementale.

Photo : Radio-Canada / Chantal Dubuc

Ardent défenseur de ce qu’il considère comme la liberté des commerçants et de leurs clients, il soutient que le gouvernement n’a pas à s’immiscer dans le dossier de santé de ses clients ou de ses employés.

Que les gens soient vaccinés ou non, ce n’est pas de mes affaires, martèle-t-il.

Tout en reconnaissant que la limite de 10 personnes est intenable, il croit que les entreprises seront forcées d’adopter le passeport vaccinal pour survivre, ce qu’il déplore.

Avec les informations de Chantal Dubuc

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