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Québec débloque 280 millions $ pour lutter contre l’itinérance

Une personne seule assise devant une fenêtre, la tête dans ses mains.

Les problèmes liés à l'itinérance se sont aggravés au Québec depuis le début de la pandémie de COVID-19.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux du Québec, Lionel Carmant, a présenté lundi le nouveau plan du gouvernement Legault pour contrer l’itinérance, une enveloppe de 280 millions de dollars, dont la majeure partie sera consacrée à l’hébergement des personnes qui vivent dans la rue.

Cette somme qui sera répartie sur cinq ans alimentera un nouveau plan d’action pour aider les itinérants ou les personnes susceptibles de se retrouver à la rue à bénéficier d’un toit et de ressources d'accompagnement toute l’année.

Le but du plan est de travailler entre les organismes, avoir du transport pour qu'un itinérant qui arrive dans une ressource bondée puisse être déplacé vers une autre ressource, a expliqué le ministre Carmant.

« À l'année longue, il y aura une place pour être hébergé. Si l'itinérant est prêt à aller plus loin, vers du logement autonome, il va avoir des ressources pour l'accompagner. »

— Une citation de  Lionel Carmant, ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux

Agir en amont

Le plan d’action de Québec intitulé S’allier devant l’itinérance a été élaboré à la suite de deux années de consultations. La stratégie, qui comporte une trentaine de mesures, mise davantage sur la prévention que les plans précédents, notamment auprès de personnes sortant d'un centre jeunesse, de prison ou d'un centre de désintoxication.

En agissant plus en amont du problème, le ministre Carmant souhaite instaurer une nouvelle culture dans la prise en charge de l'itinérance qui s’est aggravée au Québec depuis le début de la pandémie de COVID-19, mais également de la flambée du prix des loyers et de la rareté des logements abordables.

Cette nouvelle approche du gouvernement Legault face à l’itinérance a reçu des éloges de l’Association des médecins psychiatres du Québec (AMPQ), qui estime que ce plan offre une vision claire et efficace.

C'est une approche orientée vers la prévention, l'accompagnement et l'inclusion. Le gouvernement a mis ses priorités à la bonne place et propose une vision claire et équilibrée pour lutter contre l'itinérance, explique la Dre Claire Gamache, présidente de l'AMPQ, dans un communiqué.

Dès la sortie des centres jeunesse

Un garçon est assis seul sur un bloc de béton.

Plus de la moitié des jeunes de moins de 30 ans qui vivent dans la rue proviennent de centres jeunesse.

Photo : Ivanoh Demers

Les mesures destinées à l’accompagnement des jeunes qui sortent des centres jeunesse, notamment des unités de supplément au loyer et de l’aide pour retourner aux études, sont particulièrement appréciées des psychiatres.

Les données démontrent que c'est plus de la moitié des jeunes de moins de 30 ans en situation d'itinérance dans les rues de Montréal qui proviendrait de ces centres, rappelle l’Association des psychiatres.

Quant aux mesures de soutien destinées aux personnes vulnérables qui sortent de prison ou des hôpitaux, elles étaient réclamées depuis 10 ans, ajoute l’AMPQ.

Nous sommes très encouragés par l'importance accordée au logement subventionné avec un soutien communautaire. C'est une approche qui a fait ses preuves avec plus de 2000 personnes logées qui ne sont plus dans la rue ou les refuges grâce aux équipes comme celles du PRISM [Projet de réaffiliation en itinérance et en santé mentale], estime pour sa part le Dr Olivier Farmer, médecin psychiatre reconnu pour ses initiatives en itinérance.

Les groupes communautaires plutôt contents

Plusieurs organismes venant en aide aux personnes itinérantes ont réagi positivement au plan et aux montants prévus.

La présidente-directrice générale du Chaînon, Sonia Côté, trouve le plan fort et réalisable. C'est la première fois que je sens que les mesures se rapprochent des meilleures pratiques. Et l'argent qui vient avec ce plan va nous aider à consolider ce que nous avons, mais aussi à développer, a-t-elle commenté.

Selon Mme Côté, la prévention n'a jamais été aussi bien exprimée par rapport aux autres plans. Ici, c'est clair. On sait très bien qu'on veut agir auprès des jeunes. On veut travailler en intersectorialité avec la DPJ.

La coordonnatrice de la Coalition Jeunes+, Caroline Dufour, considère toutefois que l'axe prévention auprès des jeunes rate en partie sa cible.

Le ministre Carmant a dit qu'on allait prévenir après la sortie des centres jeunesse. Mais ce n'est pas après, c'est bien avant, a-t-elle exposé. Mme Dufour précise que 50 % des jeunes en situation d'itinérance au Québec ne proviennent pas des centres jeunesse.

Meilleur financement

Par ailleurs, les fonds prévus pour les services consacrés aux femmes, aux prises avec un sous-financement constant, réjouissent certains organismes.

Ça semble être un bon pas vers un financement plus équitable, a indiqué la directrice des services à la Mission Old Brewery, Émilie Fortier.

La directrice du Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal, Annie Savage, y voit un bon début pour qu'on reconnaisse que des femmes vivent l'itinérance de manière importante et que des mesures sont nécessaires.

Leurs besoins sont mal répondus présentement. On sait que les ressources d'hébergement pour femmes doivent essuyer des centaines de refus chaque année, a-t-elle affirmé.

Valérie Plante et Denis Coderre unanimes

La mairesse sortante de Montréal, Valérie Plante, s'est elle aussi dite satisfaite du plan présenté par le ministre Carmant. Elle a souligné sur Twitter qu'il s'agit de mesures concrètes, à long terme, pour lutter contre l’itinérance sur tous les fronts.

Pour ne laisser personne derrière, nous doublerons le budget lié à l’itinérance, le faisant passer à 6 M$ par année, a renchéri Valérie Plante.

Le plan de Québec a aussi été bien accueilli dans le camp du candidat Denis Coderre, où on a salué un engagement fort du gouvernement Legault.

Ensemble Montréal s’accorde entièrement pour dire que la collaboration est la clé du succès; la Ville de Montréal et le gouvernement du Québec doivent être des partenaires de premier plan dans la mise en œuvre de cette vision, a souligné Benoit Langevin, porte-parole en matière d'itinérance du parti Ensemble Montréal.

Avec les informations de La Presse canadienne

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