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Demers et Lion dévoilent leur ambulance électrique

Ambulance électrique.

L'ambulance électrique Demers eFX.

Photo : Demers Ambulances

La Presse canadienne

Après les camions et les autobus, Lion Électrique se lance dans le marché de l'ambulance électrique en partenariat avec Demers Ambulances. Les deux entreprises québécoises ont dévoilé, lundi, leur première ambulance 100 % électrique.

Les deux partenaires travaillent conjointement au développement de l'ambulance Demers eFX depuis cinq ans avec le soutien financier des gouvernements fédéral et provincial.

Lion Électrique s'occupera de construire les châssis et les batteries qui seront assemblés à partir de son usine à Saint-Jérôme. Ambulance Demers, pour sa part, a travaillé à la reconfiguration du compartiment médical et s'occupera de l'assemblage final.

L'entrée en fonction du véhicule est prévue pour la deuxième moitié de 2022. Les deux entreprises visent le déploiement d'au moins 1500 ambulances au cours des cinq prochaines années.

Demers eFX sera d'abord commercialisée en Amérique du Nord, mais pourrait l'être à l'échelle mondiale par la suite, précise Demers Ambulances, dont les véhicules sont déjà en service dans 43 pays.

La batterie aura une autonomie de 200 kilomètres. Le véhicule d'urgence électrique offrirait des économies d'énergie de 80 % et des économies d'entretien de 60 %, a précisé Marc Bédard, président et fondateur de Lion.

Pour le moment, l'autonomie de 200 kilomètres confine l'ambulance aux zones urbaines densifiées. On est confiant que dans cinq ans, on sera capable d'augmenter la capacité des batteries, ajoute Alain Brunelle, président de Demers Ambulances.

Les centres urbains des régions éloignées ne sont toutefois pas exclus, nuance le président de l'entreprise dont le siège social est situé à Beloeil.

« Si on prend une ville éloignée comme Chibougamau, il n'y a pas d'enjeu pour faire le service à l'intérieur de la ville, mais il y en aurait si on voulait transporter un patient vers un hôpital de Québec ou de Montréal. »

— Une citation de  Alain Brunelle, président de Demers Ambulances

La conception d'un châssis sur mesure a permis à Demers Ambulance de repenser la configuration de l'habitacle de l'ambulance qui n'avait pas beaucoup évolué depuis la création de l'entreprise il y a 60 ans, explique M. Brunelle.

L'entreprise a consulté de nombreux ambulanciers paramédicaux afin de réaliser d'importants gains ergonomiques et de sécurité qui permettraient aux techniciens ambulanciers de conserver leur liberté de mouvement tout en étant attachés et en prodiguant les soins de la tête au pied.

La Demers eFX permettra de limiter les problèmes d'ergonomie et les risques d'accident dans le véhicule en déplacement, s'enthousiasme Christian Dubé, ministre de la Santé et des Services sociaux, qui était présent lors de l'annonce.

« C'est donc un gain important qui allie sécurité et innovation pour les patients et pour les travailleurs de la santé. »

— Une citation de  Christian Dubé, ministre de la Santé et des Services sociaux

Contexte réglementaire

La prochaine étape pour la commercialisation de la Demers eFX demande des changements réglementaires de la part de Québec et des autres États et provinces en Amérique du Nord.

Demers Ambulances fait des démarches auprès du gouvernement Legault afin d'obtenir un engagement à planifier le réseau de bornes de recharges notamment à proximité des hôpitaux, mais aussi à travers le réseau routier où les ambulanciers devront recharger leur batterie entre deux appels.

L'entreprise demande aussi une modernisation des normes du Bureau de normalisation du Québec (BNQ) afin de tenir compte de l'avancement de l'électrification des transports.

L'équipe de Demers Ambulances rencontrera d'ailleurs des représentants du ministère de la Santé mardi afin de discuter d'une modernisation des normes BNQ, confie M. Brunelle, en entrevue.

Les normes BNQ, c'étaient les meilleures il y a 20 ans, car ce sont des normes de construction et non pas de performance, explique-t-il. Le véhicule, comme il est là, va être capable de sauver des vies. Il va être capable d'être sur la route, mais il ne rencontre pas les normes.

Le dirigeant a bon espoir d'avoir gain de cause et dit qu'il y a une ouverture du côté du gouvernement. Il fait le même constat chez les autres autorités en Amérique du Nord où il y a une ouverture, selon lui.

Ça évolue plus vite qu'on pensait, dit-il. Quand on a commencé le projet il y a cinq ans, j'avoue que ce n'était pas évident. On a des discussions de prévues avec la Ville de New York, en Californie et en Nouvelle-Orléans, également. On a aussi de bonnes discussions dans les autres provinces.

En marge du point de presse, Pierre Fitzgibbon, ministre de l'Économie et de l'Innovation, a dit qu'il était clair que son gouvernement allait travailler à augmenter le nombre de bornes rechargeables accessibles.

Au sujet des normes du BNQ, le ministre a affirmé qu'il y a une ouverture au gouvernement sur cette question pour aider l'électrification des ambulances.

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