•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L’arrivée d’un commerce temporaire de vente de meubles inquiète à Sherbrooke

Devanture d'un bâtiment commercial.

Le commerce s'est installé dans ce local de la rue Short à Sherbrooke.

Photo : Radio-Canada / Geneviève Proulx

« Bonjour! Pour célébrer notre ouverture à Sherbrooke, nous vous invitons à visiter notre magasin de meubles! Pour vous remercier, nous vous offrirons un ensemble de couteaux et des verres à whisky. En plus, deux autres cadeaux surprises vous attendront sur place! »

L'appel a de quoi surprendre et l'offre peut paraître alléchante. Toutefois, la coordonnatrice de L'Association coopérative d'économie familiale de l'Estrie (ACEF Estrie), Sylvie Bonin invite les gens à la grande prudence.

Ça ressemble vraiment à des ventes qu'il y a eu il y a quelques années à Windsor, Magog et ici, à Sherbrooke, sur la rue Alexandre. On attire les gens avec des cadeaux et rendus sur place, on leur fait de la grosse vente à pression. On leur dit qu'ils viennent de gagner 1000 $ de rabais sur un divan. Mais le prix du divan a été gonflé. Ils font tout pour que vous ayez acheté quelque chose avant de partir.

Le commerce s'est installé dans un édifice de la rue Short, à Sherbrooke. Selon les informations obtenues par Radio-Canada Estrie, l'entreprise, qui s'identifie au nom de ID Mobilier européen, ouvrira ses portes du 26 au 30 octobre.

Lettre où on invite des gens à visiter un magasin.

ID Mobilier Européen recrute ses clients en leur envoyant une invitation personnalisée. En échange d'une visite en magasin, on leur promet des cadeaux.

Photo : Radio-Canada / Geneviève Proulx

Commerce interdit?

Depuis 2011, le Règlement général de la Ville de Sherbrooke interdit toutefois aux commerçants de s'installer de façon temporaire sur son territoire. Pour être conforme, l'entreprise doit avoir un bail d'au moins six mois. Le propriétaire du bâtiment où s'est installé ID Mobilier Européen a confirmé qu'il n'avait loué que pour un mois à l'entreprise. Ils m'ont dit que ça pourrait s'allonger d'un autre mois si la réponse était bonne, a-t-il dit, sans vouloir être identifié.

Le propriétaire de l'entreprise Industria Divani, à qui appartient ID Mobilier européen, Yann Laroche, ne se cache pas avoir signé un bail d'un mois. Toutefois, il soutient qu'il souhaite rester à Sherbrooke au moins jusqu'à Noël et qu'il renouvellera au besoin son bail de mois en mois

Selon la Ville de Sherbrooke, le commerce ne se situe pas en zone commerciale et n'a pas le droit d'y exercer ses activités. Elle analyse présentement comment elle agira dans ce dossier.

M. Laroche se défend d'être dans l'illégalité. Il affirme avoir fait des démarches auprès de la Ville et avoir rempli des documents qui ne se trouvent pas sur le site de la Ville pour être conforme et qu'il attend des nouvelles de leur part.

Yann Laroche soutient que c'est la première fois que ID Mobilier européen s'installe à Sherbrooke. Toutefois, l'ACEF Estrie et Commerce Sherbrooke disent qu'un commerce de meubles ayant la même technique de vente avait ouvert ses portes rue Alexandre en 2020, et sur le boul. Bourque, l'année précédente. Dans les deux cas, Commerce Sherbrooke avaient accompagné des commerçants établis pour qu'ils puissent formuler des plaintes à la Ville. Rapidement, l'entreprise avait plié bagage à la suite de la visite des inspecteurs municipaux.

Selon nos informations, au moins une plainte officielle aurait été déposée et la Ville s'activerait dans le dossier pour que le magasin n'ouvre pas ses portes.

Des canapés et fauteuils dans un commerce.

L'intérieur du magasin où on retrouve quelques fauteuils et canapés en exposition.

Photo : Radio-Canada / Geneviève Proulx

Appel à la prudence

Au fil des années, l'ACEF Estrie a accompagné bon nombre de citoyens qui ont eu des démêlées avec ce genre d'entreprises. Le problème, c'est que l'Office de la protection du consommateur (OPC) n'a jamais statué sur leur statut. Font-ils de la vente itinérante? Si c'était le cas, les gens pourraient annuler dans les 10 jours [suivant] la signature du contrat.

Mme Bonin soutient que ce genre d'entreprise n'hésite pas à mentir pour arriver à ses fins. Elle raconte qu'un client, qui s'est adressé à l'ACEF Estrie pour avoir de l'aide, s'est fait vendre un sofa inclinable supposément fabriqué en Italie. En regardant l'étiquette, le monsieur s'est rendu compte que le la-z-boy avait été fait à Plessisville!

L'OPC a sévi à deux reprises depuis 2019 contre l'entreprise pour des pratiques liées au prix, à la vente, ou au contenu d'un contrat. Sur le site internet de l'OPC, au cours des deux dernières années, quatre mises en demeure de clients ont été adressées à l'entreprise pour des pratiques trompeuses ou déloyales.

À ce sujet, Yann Laroche affirme s'être conformé et ajusté ses pratiques.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !