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Itinérance zéro : Bruno Marchand qualifié d’utopiste par ses adversaires

Une personne fouille dans une poubelle devant un édifice.

Les nouveaux locaux de Lauberivière sont une source de tensions dans le quartier Saint-Roch.

Photo : Radio-Canada / Dominic Martel

Les candidats à la mairie Jean-François Gosselin et Marie-Josée Savard jugent que l’objectif de Québec forte et fière (QFF) d’éliminer l’itinérance d’ici 2025 est complètement irréaliste.

Le chef de Québec 21 prend Bruno Marchand à partie en revenant sur ses années à la tête de l’organisme Centraide.

Notre couverture des élections municipales au Québec en 2021.

Est-ce qu’atteindre l’itinérance zéro est possible? Certainement non. C’est comme de penser qu’on peut enrayer la pauvreté. M. Marchand devrait savoir ça, il a été longtemps à Centraide. Est-ce qu’il a réussi à enrayer la pauvreté en étant chez Centraide? La réponse, c’est non, critique Jean-François Gosselin.

Vendredi, Marie-Josée Savard a aussi qualifié d’irréaliste cet objectif d’itinérance zéro. De dire aux gens, on va atteindre zéro itinérance, c’est utopique. Trouvez-moi une place quelque part dans le monde où on a réussi ça. Je pense que si ça existait, Montréal l’aurait fait depuis longtemps, analyse la candidate de l’administration sortante.

Marie-Josée Savard, candidate à la mairie de Québec.

Marie-Josée Savard, candidate à la mairie de Québec

Photo : Radio-Canada

« L’itinérance, il y en a pour qui c’est un choix. On ne sera jamais capable de les empêcher d’en faire, alors essayons plutôt de les accompagner. »

— Une citation de  Marie-Josée Savard, candidate à la mairie de Québec

Lors d’un point de presse lundi, Mme Savard a réitéré que l’itinérance, pour certaines personnes, est un choix. Il y a vraiment des gens, pour eux, c'est un mode de vie.

Une absence de choix

Pour défendre sa vision d’itinérance zéro, Bruno Marchand a accusé ses adversaires de manquer d’ambition. Selon lui, il est faux de prétendre que l’itinérance est un choix.

J'ai envie de regarder chaque itinérant dans les yeux et de dire : "C'est pas vrai que la plupart d'entre vous avez choisi de devenir itinérants." Mme Savard dit que c'est un choix. Il y a peut-être quelques itinérants qui le font par choix, mais pour une majorité d'entre eux, c'est une absence de choix, avance Bruno Marchand.

Il précise qu’une politique d’itinérance zéro a pour objectif de limiter l’itinérance à trois personnes pour un maximum de trois mois consécutifs.

Bruno Marchand, candidat à la mairie de Québec.

Bruno Marchand, candidat à la mairie de Québec (archives)

Photo : Radio-Canada

« Une cible qui est ambitieuse, c'est la seule façon d'y arriver. Parce que pas de cible, ça veut dire quoi? Ça veut dire qu'on n’arrive nulle part. »

— Une citation de  Bruno Marchand, chef de Québec forte et fière

Le débat sur l’itinérance à Québec s’invite dans la course à la mairie au moment même où le gouvernement provincial annonce des investissements de 280 millions de dollars sur cinq ans pour venir en aide aux personnes en situation d’itinérance.

Le plan d’action interministériel en itinérance 2021-2026 comprend une trentaine d’initiatives pour prévenir le phénomène et accompagner les gens dans le besoin. Mis à part le concept d’itinérance zéro, Bruno Marchand estime que ce qu’il propose est en parfaite adéquation avec le programme provincial.

Question de leadership

Selon Jean-François Gosselin, la lutte contre l’itinérance passe avant tout par une meilleure collaboration entre la Ville, les organismes et la population.

Il cite en exemple les tensions aux alentours du nouvel immeuble de Lauberivière dans Saint-Roch. Il reproche à l’administration sortante d’avoir voulu stigmatiser les commerçants qui dénonçaient le problème plutôt que de s’y attaquer sérieusement.

Jean-François Gosselin, candidat à la mairie de Québec.

Jean-François Gosselin, candidat à la mairie de Québec

Photo : Radio-Canada

On accuse les citoyens et les résidents du secteur de ne pas avoir de compassion et d'empathie, c'est pas comme ça qu'on va régler le problème. […] Il y a un problème et ça va prendre du leadership dans ce dossier-là.

Signe que les tensions sont toujours assez vives dans le secteur, des résidents organisent une manifestation mardi matin pour dénoncer l'impact de l'implantation de Lauberivière. Les organisateurs en ont assez des débordements quotidiens d'une partie incontrôlable de la clientèle.

Les engagements du jour :

  • Équipe Marie-Josée Savard : Créer une table de concertation sur le patrimoine bâti pour mettre les bâtiments patrimoniaux davantage en valeur
  • Québec 21 : Ramener un marché public dans le Vieux-Port
  • Québec forte et fière : Mettre en place une ligne de dénonciation pour rapporter les crimes haineux et les actes de discrimination
  • Tansition Québec : Transformer l’autoroute Dufferin-Montmorency en boulevard urbain et démanteler les bretelles dans Saint-Roch

Avec les informations d'Olivier Lemieux

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