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Une parcelle du Nouveau-Brunswick se trouve en Nouvelle-Écosse

Photographie aérienne de l'ancien lit de la rivière qui autrefois entourait presque complètement le terrain.

Le terrain d'une superficie d'environ 5 hectares fait toujours partie du Nouveau-Brunswick même s'il s'est retrouvé du côté néo-écossais de la Missaguash lorsque des travaux ont redressé le lit de la rivière.

Photo : CBC/Shane Fowler

Radio-Canada

Une petite partie du Nouveau-Brunswick se trouve en fait en Nouvelle-Écosse. La parcelle de terre est du côté néo-écossais de la rivière Missaguash pour des raisons historiques.

La parcelle porte le numéro 70395462 dans le registre des propriétés du Nouveau-Brunswick.

Un ingénieur à Fredericton, Rob Hoadley, s’est rendu compte de cette curiosité historique l’an dernier en consultant des cartes de la région lorsque les autorités provinciales ont fermé la frontière. Il dit que c’est le genre de chose qu’il trouve intéressante.

Dans un atlas du gouvernement fédéral, une partie de la frontière entre les deux provinces correspond à cette rivière, ce qui place en principe la parcelle de terrain en Nouvelle-Écosse. La carte de la circonscription électorale de Memramcook-Tantramar d’Élections Nouveau-Brunswick ne comprend pas cette propriété.

Mais une carte géographique de la Nouvelle-Écosse, en ligne, montre la frontière qui dévie de la rivière autour de cette terre, ce qui la place au Nouveau-Brunswick. Cette carte est la bonne, selon une propriétaire du terrain, Edie Helm.

Edie Helm, résidente d’Amherst, affirme que sa famille paie l’impôt foncier du Nouveau-Brunswick pour ce terrain.

Comment est-ce possible?

La rivière Missaguash représente la frontière depuis que le roi George III a approuvé la création du Nouveau-Brunswick sur des terres qui faisaient jusque-là partie de la Nouvelle-Écosse. C’était le 18 juin 1784. Le décret indique que la frontière est établie de l’embouchure de la rivière jusqu’à sa source.

Les deux provinces confirment qu’environ un siècle plus tard, elles ont adopté des lois qui identifient cette rivière comme faisant partie de la frontière.

Mais la rivière ne coule pas exactement aujourd’hui aux mêmes endroits qu’à l’époque, indique un agriculteur de la région, John Atkinson.

John Atkinson debout dans un champ marécageux.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'agriculteur John Atkinson montre le terrain qui était autrefois presque entouré par la rivière Missaguash,

Photo : CBC/Jacques Poitras

En 1949, le gouvernement fédéral s’est chargé de l’entretien du réseau de digues dans la région.

L’un des méandres de la rivière en forme de U entourait presque toute la parcelle de terre. Cela compliquait le drainage des eaux. Le système des digues est conçu pour laisser les eaux douces circuler et pour prévenir l’infiltration d’eau salée de la mer.

Un canal a été construit dans les années 1950 pour redresser le cours de la rivière à cet endroit. Ces travaux auraient permis de réduire la distance d’environ un tiers et d’améliorer la circulation de l’eau dans le secteur, selon l’ingénieur agricole à la retraite Hank Kolstee.

Hank Kolstee interviewé à l'extérieur.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Hank Kolstee, ingénieur agricole à la retraite qui a travaillé au Collège agricole de la Nouvelle-Écosse, explique que l’anomalie a pour origine le besoin de drainer les eaux.

Photo : CBC/Robert Guertin

Le cours de la rivière a été déplacé au nord de la parcelle, ce qui a créé l’anomalie de la frontière. Il suffit de consulter d’anciennes cartes de la région pour voir où la rivière coulait autrefois, indique M. Kolstee.

Selon Hank Kolstee, les agriculteurs à l’époque se souciaient plus d’un drainage efficace que de savoir de quel côté de la frontière leurs terres se trouveraient. Il ajoute que cela peut paraître étrange de nos jours parce que l’on considère le parcours de la rivière comme étant toujours la frontière.

Un examen complexe

Il a fallu quelques jours à l’agence Service Nouveau-Brunswick pour étudier les ententes, les précédents et les conventions qui s’appliquent à la frontière afin d’expliquer le statut juridique du terrain.

Selon la porte-parole Jennifer Vienneau, une frontière définie par un élément naturel comme une rivière peut bouger de façon lente et imperceptible pour des raisons naturelles, dont l’érosion.

Un canal rempli d'eau au milieu d'une terre marécageuse.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le canal construit dans les années 1950 a déplacé le cours de la rivière, mais non la frontière entre les deux provinces.

Photo : CBC/Jacques Poitras

Mais si le cours de la rivière en question est modifié par les humains, la frontière ne change pas. C’est ce qui s’est produit dans le cas de la Missaguash, dont le cours original demeure la ligne de démarcation juridique, explique Jennifer Vienneau.

La propriété n’est plus accessible du Nouveau-Brunswick sans que l’on franchisse la frontière ou la rivière Missaguash.

Mais personne n’a à s'en soucier parce que le terrain n’est pas à vendre, ajoute Edie Helm.

D’après un reportage de Jacques Poitras, de CBC

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