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La crise en santé mentale grandit chez les jeunes Calgariens au fil de la pandémie

Le nombre d'enfants admis aux urgences de l'Hôpital pour enfants de l'Alberta a augmenté de 36 % par rapport à 2018.

La façade de l'hôpital pour enfants de l'Alberta, à Calgary.

Un programme pilote à l'Hôpital pour enfants de l'Alberta cherche à mettre en place un rendez-vous de suivi pour les jeunes aux prises avec des problèmes de santé mentale dans les 96 heures suivant leur admission aux soins d'urgence.

Photo : Radio-Canada / Emilio Avalos

Radio-Canada

La pandémie contribue à une vague grandissante d’enfants et d’adolescents calgariens aux prises avec des problèmes de santé mentale.

Des médecins ont d'abord signalé une augmentation sans précédent de familles dans les hôpitaux au printemps, au moment où les enfants faisaient face à l’isolement, à la fermeture périodique de leur école et à l’annulation de leurs activités.

Ils ont toutefois recommencé à affluer au terme du pic de la quatrième vague, tout juste après l’accalmie légère de l'été.

Nous constatons une augmentation spectaculaire du nombre d’enfants requérant des soins aux unités de soins d’urgence, affirme Stephen Freedman, urgentologue à l’Hôpital pour enfants de l’Alberta. 

« [Ils] sont hospitalisés en raison de comportements d'automutilation, de dépression, d'anxiété ou de consommation de produits toxiques. Ce sont des symptômes très préoccupants qui ne se règlent pas rapidement. »

— Une citation de  Stephen Freedman, médecin d'urgence pédiatrique à l’Hôpital pour enfants de l’Alberta

Le pédiatre Sidd Thakore affirme lui aussi qu'il n’a jamais vu autant d’enfants à l’Hôpital pour enfants de l’Alberta souffrir de détresse aussi grave. Cela peut notamment se traduire par des troubles alimentaires ou des tentatives de suicide, soulève-t-il.

C'est déchirant [...] Cela touche des enfants de 8 ou 9 ans. Nous commençons à peine à voir l’impact de la COVID sur la santé mentale des jeunes et nous allons y faire face pendant des années.

Les visites en santé mentale bondissent de 36 %

Le nombre d’enfants de moins de 18 ans admis aux unités de soins d’urgence de l’Hôpital pour enfants de l’Alberta pour des problèmes de santé mentale a bondi de 36 %, passant de 1430 pour la période de janvier à juillet 2018 à 1951 pour la même période en 2021, selon les dernières statistiques de Services de Santé Alberta (AHS).

À l'échelle provinciale, ce taux a grimpé de 14 %, montrent aussi les données.

Le nombre d’enfants et d'adolescents admis pour des troubles d'automutilation, qui est compté séparément dans ce bilan, est encore plus inquiétant.

L’Hôpital pour enfant de l’Alberta en signalait 142 entre janvier et juillet 2018. Pour la même période en 2021, ce chiffre était de 342, soit une augmentation de 141 %.

C’est une conséquence de ce qui se passe dans le monde. C’est grave et vraiment important, estime Monique Jericho, psychiatre pour enfants et adolescents à l’Hôpital pour enfants de l’Alberta.

Deux fois plus de dépressions et de troubles anxieux

Sheri Medigan, professeure au département de psychologie de l’Université de Calgary et coauteure d’une étude mondiale sur les conséquences de la pandémie sur la santé mentale, tire la sonnette d’alarme.

La jeunesse est en crise depuis la pandémie. En gros, le nombre de dépressions et de troubles anxieux chez les jeunes a doublé, comparativement aux niveaux prépandémiques.

La Dre Medigan attribue cette situation à plusieurs facteurs, comme la suspension des activités parascolaires, les fermetures temporaires des écoles, le flux des restrictions sanitaires en général et la perte de contact avec les amis.

Cette [quatrième] vague est peut-être le point de rupture pour beaucoup de jeunes qui ne peuvent plus la tolérer, estime-t-elle.

Avec les informations de Jennifer Lee

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