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Mises à pied à Stellantis à Windsor : Doug Ford se dit solidaire avec les travailleurs

Le logo de Chrysler sur une pancarte à l'entrée d'une usine d'assemblage à Windsor

La compagnie Stellantis était jadis connue sous le nom de Chrysler Fiat. (Archives)

Photo : Reuters / Rebecca Cook

Radio-Canada

Syndicat, travailleurs et élus locaux dénoncent la décision du groupe Stellantis de supprimer un autre quart de travail à l'usine d'assemblage de Windsor.

Stellantis, le groupe propriétaire de l'usine de mini-fourgonnettes de Windsor, a annoncé vendredi qu'il allait supprimer un quart de travail au printemps 2022.

Environ 1800 personnes pourraient être mises à pied.

La compagnie justifie cette décision par ses difficultés actuelles liées à la pandémie et à la pénurie de semi-conducteurs.

Pour bien des travailleurs, il s'agit d'une catastrophe. De son côté, le président du syndicat Unifor a promis des explications.

De plus, lundi, le premier ministre Doug Ford s'est dit prêt à épauler les travailleurs.

Catastrophique pour tout le monde

C'est catastrophique pour tout le monde ici, déclare Réal, un travailleur à quelques minutes de commencer son quart de travail lundi.

Ça a toujours été comme ça. Ils font bien ce qu'ils veulent, poursuit-il à la fois résigné et frustré.

Paul Lachance travaille pour sa part à l'usine depuis huit ans. Lui non plus n'est pas étonné par l'annonce de vendredi.

On n'a pas assez de ventes de Pacifica pour avoir deux shifts. On était vraiment surpris que ce n'est pas arrivé avant, explique-t-il.

Jerry Dias, président national d'Unifor

Jerry Dias, président national d'Unifor

Photo : La Presse canadienne / Cole Burston

Unifor furieux

Pour sa part, le président national du syndicat Unifor, qui représente les travailleurs de l'usine, n'a pas caché sa frustration. Jerry Dias affirme que son organisation n'a été en rien consultée et qu'elle a été informée de la décision à la dernière minute.

Vous pensez que bien avant ce type d'annonce, il y aurait eu des consultations. Il y aurait eu des discussions. Il y aurait eu un mécanisme pour éviter cela, mais rien. Silence radio absolu jusqu'à ce que vous receviez un appel à la dernière minute, disant : "Voici ce que nous annonçons", a-t-il dit.

« C'est une façon brutale de faire des affaires. »

— Une citation de  Jerry Dias, président national d'Unifor

M. Dias dit comprendre les défis actuels liés à la pénurie de semi-conducteurs, mais dit attendre au plus vite des réponses à ses questions, en particulier sur l'allocation actuelle des composants électroniques disponibles.

L'an dernier, l'usine d'assemblage de Windsor avait déjà perdu un quart de travail en février 2020 en raison des difficultés liées à la vente de la Pacifica.

Nouvelle Chrysler Pacifica hybride

La Chrysler Pacifica hybride

Photo : FCA

À leurs côtés

Le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, a promis, lundi, de soutenir les travailleurs de l'automobile de Windsor - et Stellantis - après avoir appris la semaine dernière que l'entreprise prévoit de supprimer des emplois l'an prochain.

Je veux simplement m'assurer que les gens sur les lignes [d'assemblage] savent que je serai à leurs côtés et que je les soutiendrai de toutes les façons possibles, a déclaré M. Ford lors d'un point de presse. Nous investissons une somme d'argent considérable, tout comme le gouvernement fédéral. Maintenant, nous devons parler à Stellantis.

M. Ford a déclaré qu'il y a des plans pour un investissement dans les centaines de millions entre la province, Ottawa et le constructeur automobile. Il a indiqué qu'il avait l'intention de faire pression sur l'entreprise.

Nous devons mettre en place non pas un, ni deux, mais trois quarts de travail, et nous avons besoin d'une usine de batteries ici, a-t-il ajouté.

Se préparer pour l'avenir

Pour le professeur de stratégie à l'Université Laval, Yan Cimon, la situation de Stellantis est identique à celle subie par bon nombre de constructeurs automobiles dans le monde.

Ce n'est pas une excuse que prennent les entreprises, il y a vraiment un problème de volume pour l'industrie automobile, indique-t-il.

Il s'inquiète toutefois de la capacité de la compagnie à repositionner ses activités à plus long terme de façon à s'assurer de récupérer les emplois perdus. Il souligne notamment l'importance pour la compagnie de réussir son virage technologique vers les véhicules électriques.

À écouter : l'analyse de Yan Cimon sur l'annonce de Stellantis à l'émission Matins sans frontières.

Localement, des élus réclament aussi des actions de la part des gouvernements pour assurer l'avenir de l'usine.

Il y a quelques jours à peine, je rencontrais des représentants du gouvernement fédéral pour discuter de la nécessité d'investir dans l'avenir du secteur automobile de notre région, notamment en soutenant la transition vers la fabrication de véhicules électriques, indique pour sa part le maire de Windsor dans une déclaration.

De son côté, le député NPD de Windsor-Ouest estime que la décision du groupe automobile démontre à nouveau l'importance d'une stratégie nationale pour l'automobile.

Cela fait maintenant plus de vingt ans que nous n'avons pas de nouvelle usine, alors que le Mexique et les États-Unis construisent à tour de bras. Nous devons passer à l'offensive sur l'automobile, explique Brian Masse.

Le groupe Stellantis assure qu'il va respecter la convention collective conclue avec le syndicat Unifor en 2020 qui l’engage à investir jusqu’à 1,5 milliard de dollars à l’usine de Windsor.

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