•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L’Ontario promet de serrer la vis aux agences de recrutement temporaire

Le ministre Monte McNaughton, enlève son masque au cours d'une conférence de presse.

Le ministre du Travail, Monte McNaughton, a annoncé les détails du plan du gouvernement Ford lundi matin.

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

Radio-Canada

Le gouvernement Ford a annoncé lundi une nouvelle réglementation pour encadrer les agences de placement ainsi que la création d'une équipe d'inspecteurs pour s'attaquer aux salaires non payés.

Selon le projet de loi dévoilé par le ministre du Travail, Monte McNaughton, toutes les agences qui recrutent des travailleurs temporaires en Ontario devront s'inscrire auprès du gouvernement et être réglementées, ce qui permettra à la province de mettre à l'amende, voire de fermer, celles qui enfreignent les règles.

Le ministre McNaughton dit vouloir s'attaquer particulièrement aux firmes qui exploitent les travailleurs étrangers en confisquant leur passeport et en les payant en deçà du salaire minimum.

C'est de l'esclavage moderne et c'est inacceptable, lance le ministre, qui promet de défendre ces femmes, immigrants et communautés racisées, les moins nantis et tous les travailleurs victimes de ces pratiques sans scrupules.

M. McNaughton affirme que le projet de loi proposé contient les mesures les plus strictes dans le genre au Canada.

Toutefois, le nouveau système provincial de permis d'exploitation pour les agences de recrutement n'entrera en vigueur qu'en 2024, indique un communiqué du gouvernement.

Un enjeu majeur

L'Ontario compte plus de 2000 agences de recrutement temporaire qui gèrent des dizaines de milliers de travailleurs, que ce soit dans les secteurs touristique, administratif ou agricole.

Selon une campagne d'inspection menée par le ministère du Travail en 2020-2021 qui mettait l'accent sur les agences fournissant des travailleurs temporaires aux maisons de retraite, aux fermes, aux usines de transformation de la nourriture et aux entrepôts, le montant en salaires non payés à ces travailleurs s'élevait à 3,3 millions de dollars. Seulement la moitié de cette somme a été récupérée par la suite.

Selon le nouveau cadre réglementaire proposé, les agences devraient présenter une lettre de crédit irrévocable pouvant servir à rembourser des salaires dus aux travailleurs.

La nouvelle équipe provinciale d'inspecteurs s'attaquerait également à la traite de personnes à des fins de travail.

En février 2019, des descentes effectuées à Barrie et Wasaga Beach par l’Agence des services frontaliers du Canada, les services de police de Barrie et la Police provinciale de l’Ontario ont sauvé plus de 60 travailleurs migrants d’un réseau de traite des personnes à des fins de travail. Ce réseau reposait sur des recruteurs tiers qui imposaient des frais illégaux aux travailleurs et contrôlaient leurs mouvements, peut-on lire dans un communiqué provincial.

L'opposition est sceptique

Après avoir pris le pouvoir en 2018, le gouvernement Ford a annulé la réforme du travail du précédent gouvernement libéral, qui accordait entre autres deux jours de congé de maladie payés aux travailleurs.

Les progressistes-conservateurs ont aussi gelé le salaire minimum pendant deux ans. Le taux a grimpé de 10 cents le 1er octobre, pour atteindre 14,35 $ l'heure.

Le porte-parole libéral en matière de travail, John Fraser, dit qu'il est difficile de faire confiance au gouvernement Ford, alors que la première chose qu'ils ont faite après avoir pris le pouvoir en 2018 a été d'abolir les congés de maladie payés, le salaire minimum de 15 $ et les garanties de salaire égal à travail égal.

S'ils veulent protéger les travailleurs ontariens, ils doivent véritablement leur accorder dix jours de congé de maladie, hausser le salaire minimum et rétablir les garanties de salaire égal à travail égal, ajoute-t-il.

Avec des renseignements fournis par Mike Crawley de CBC News

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !