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Le public au N.-B. ne renonce pas à l’expression « non cédé »

Le ministre Flemming donne une conférence de presse.

Le procureur général et ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Hugh J. Flemming, demande à tous les employés de son gouvernement de ne plus parler de territoire « non cédé », puisque la province fait l'objet de poursuites intentées par des communautés autochtones qui revendiquent une grande partie du territoire (archives).

Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau

Radio-Canada

Des gens et des organismes au Nouveau-Brunswick publient des messages sur les médias sociaux afin de rappeler que les Autochtones n’ont pas cédé leur territoire.

Ils réagissent ainsi à la directive du gouvernement provincial qui interdit à tous ses employés d’utiliser l’expression non cédé lorsqu'ils abordent le sujet.

C’est notamment le cas de la députée libérale de Caraquet, Isabelle Thériault, sur Twitter.

L’artiste Christine Melanson a publié une déclaration similaire sur Facebook.

L’expert en droits linguistique Michel Doucet a aussi publié cette déclaration, sur Twitter.

La Gendarmerie royale du Canada y a mis du sien également.

Cette déclaration a pour but d’appuyer les relations avec les Autochtones, selon le porte-parole de la GRC, le caporal Hans Ouellette. En tant qu’employés du gouvernement fédéral et en tant que citoyens, les membres de la GRC ont un rôle à jouer pour améliorer ces relations, souligne-t-il.

Bien d’autres personnes et organisations ont aussi reconnu que les Néo-Brunswickois vivent sur des terres non cédées par les Autochtones, dont l’Association des travailleuses et des travailleurs sociaux du Nouveau-Brunswick, l'organisme de conservation Community Forests International et la section provinciale du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP).

Le SCFP se prépare à déposer des griefs

Le président du SCFP au Nouveau-Brunswick, Stephen Drost, promet que l’organisation déposera un grief ou utilisera tout autre moyen légal à sa disposition pour défendre ses membres qui seraient réprimandés par l’employeur pour avoir reconnu que le territoire est non cédé.

M. Drost se préoccupe des fonctionnaires autochtones qui ont aussi reçu la directive en question. Il estime qu’elle ne peut que nuire à la réconciliation et qu'elle est insultante. Il ajoute que les fonctionnaires devraient au moins être protégés par la liberté d’expression.

La directive est choquante pour l’ancien lieutenant-gouverneur Graydon Nicholas. Il dit avoir du mal à comprendre pourquoi le gouvernement a pris cette décision.

Graydon Nicholas.

Graydon Nicholas a été lieutenant-gouverneur du Nouveau-Brunswick de 2009 à 2014.

Photo : CBC/Logan Perley

Reconnaître le territoire est un principe de base pour reconnaître que les peuples autochtones étaient présents avant l’arrivée des Européens, explique M. Nicholas.

Graydon Nicholas dit être encouragé par l‘appui du public. Beaucoup de gens ridiculisent le gouvernement, dit-il, parce que tout le Canada est plutôt dans un processus de réconciliation avec les Autochtones. L’ancien lieutenant-gouverneur ajoute que le gouvernement provincial ne semble pas comprendre cela.

La prise de position du gouvernement

Le gouvernement du Nouveau-Brunswick demande à tous les employés du secteur public de ne plus utiliser les expressions non cédé ou non abandonné lorsqu’il est question de reconnaître le caractère ancestral du territoire.

La directive fait l’objet d’une note distribuée jeudi dernier à tous les fonctionnaires provinciaux par le procureur général et ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Hugh J. Flemming.

Dans sa note, le ministre Flemming explique que le Nouveau-Brunswick fait l’objet de diverses actions en justice intentées par des communautés autochtones qui revendiquent plus de 60 % du territoire. Dans ce contexte, les conseillers juridiques du gouvernement et le Cabinet du procureur général estiment que les employés du gouvernement ne doivent pas formuler de reconnaissance de territoires ou de titres, ni verbalement lors d’activités ni à l’écrit.

Avec des renseignements de Mrinali Anchan, de CBC

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