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Sécurité dans les taxis : des Winnipégois demandent des changements

10 personnes sont devant les bureaux de Unicity Taxi.

Un groupe de personnes s'est rassemblé devant les bureaux de Unicity Taxi, dans le centre-ville de Winnipeg, dimanche, pour demander une meilleure supervision des entreprises de taxi et pour que cesse la violence envers les femmes autochtones dans les taxis.

Photo : Radio-Canada / Alana Cole

Radio-Canada

Un groupe d’hommes a organisé un rassemblement à Winnipeg cette fin de semaine après que des accusations ont été portées contre deux chauffeurs de taxi. Ils voulaient alerter l’opinion publique à la suite d’incidents violents avec des passagères et venir en appui aux femmes autochtones.

Samedi, le groupe s'est rassemblé devant les bureaux de Duffy's Taxi sur l’avenue Notre-Dame. Dimanche, il a marché du Palais législatif jusqu'au bureau de Unicity Taxi sur la rue Hargrave.

Un des organisateurs, Jonathan Meikle, dit qu’il ne sait plus combien de fois il a entendu des femmes dire qu’elles ont eu une mauvaise expérience en prenant un taxi.

Je sais depuis un bon moment ce qui se passe avec ces deux organisations, Unicity et Duffy's. J’ai 32 ans et je sais depuis mon adolescence que nos femmes sont mal traitées, que notre peuple est mal traité, mais surtout nos femmes, a-t-il déclaré samedi.

Nous savons ce qui se passe et ce n’est pas correct. Nous voulons désespérément que quelque chose soit fait, a-t-il ajouté.

Les rassemblements ont eu lieu à la suite de deux incidents impliquant des chauffeurs de taxi qui font face à des accusations criminelles.

L’une des victimes présumées, Serenity Morrisseau, dit avoir été agressée par un chauffeur de Unicity Taxi qui l’a enfermée dans sa voiture pendant des heures, au petit matin, le 26 septembre.

La police de Winnipeg a accusé un homme de 44 ans de Winnipeg en rapport avec cet incident. L’homme fait face à des chefs de voies de fait et de séquestration.

Le 13 octobre, la police a annoncé avoir arrêté un chauffeur de taxi de 51 ans qui fait face à plusieurs accusations après qu’une femme de 23 ans eut été traînée derrière la voiture. La femme a souffert de blessures mineures, selon un communiqué de la police.

La femme a déclaré à la police avoir oublié son téléphone cellulaire dans la voiture. Quand elle a demandé au chauffeur de le lui remettre, il a voulu qu'elle lui donne d'abord de l’argent. Elle a tenté de récupérer le téléphone, le chauffeur a démarré et elle a été tirée par la voiture, indique la police.

Aucune de ces allégations n’a été prouvée devant la cour.

Duffy's suspend le chauffeur

Dans un courriel, jeudi, Duffy's a déclaré que l’entreprise avait immédiatement suspendu le chauffeur sur qui pèsent les accusations. L’entreprise dit prendre au sérieux la sécurité des passagers.

En plus de la suspension, nous avons rappelé à tous les chauffeurs [...] qu’il faut assurer la sécurité des passagers en tout temps et en toute circonstance, indique l’entreprise dans sa déclaration écrite.

CBC a tenté sans succès de rejoindre Unicity Taxi dimanche.

Jonathan Meikle et Bentley Du Bois sont sur le site du Palais législatif.

Jonathan Meikle et Bentley Du Bois ont voulu venir en appui aux femmes autochtones qui ne sont pas suffisamment en sécurité dans les taxis de Winnipeg, disent-ils.

Photo : Radio-Canada

Selon un autre organisateur du rassemblement, Bentley Du Bois, les femmes autochtones sont dévalorisées.

Un trop grand nombre d’incidents surviennent dans les taxis sans qu’il en résulte des accusations ou une couverture médiatique parce que les gens ne les prennent pas au sérieux, dit-il.

Pour Bentley Du Bois, si vous êtes une femme autochtone, vous vous sentez absolument impuissante dans ce genre de situations. Même si vous vous plaignez. Toutes les plaintes que l’on voit en ce moment, on les voit sur Facebook et même là, il n’y a rien qui est fait.

Une femme de la Première Nation du lac Manitoba, Buffalo Sky Woman, s’est rendue à Winnipeg dimanche pour manifester devant les bureaux d’Unicity Taxi.

Elle dit qu’elle a été extorquée et mal traitée par un chauffeur qui la croyait pauvre et intoxiquée alors que ce n’était pas le cas.

Elle réclame du changement.

Je suis venue ici parce que j’ai moi-même été victimisée cette année, dit-elle. Je pensais que le gars était simplement un abruti, mais non, ça va de pis en pis.

Une nécessaire reddition de comptes

Ces enjeux ont été soulevés dans le passé, rappelle Hilda Anderson-Pyrz, de l’organisation autochtone Manitoba Keewatinowi Okimakanak (MKO).

Toutes les formes de violence contre les femmes autochtones, les filles, les personnes bispirituelles et de genres divers sont inacceptables, a déclaré la directrice de l’unité de liaison sur les femmes et les filles assassinées ou portées disparues de MKO, dans un communiqué publié vendredi.

Nous demandons aux entreprises de taxi et à la Ville de Winnipeg de prendre des actions pour que les membres des Premières Nations puissent prendre un taxi en toute sécurité.

Les participants aux rassemblements ont indiqué que les chauffeurs de taxi devraient recevoir une formation sur les compétences culturelles, comme le font les policiers et d’autres groupes qui travaillent auprès du public.

Buffalo Sky Woman dit que les nouveaux arrivants peuvent ne pas comprendre l’histoire des Autochtones et les traumatismes subis. Ils doivent connaître la vérité, dit-elle.

Bentley Du Bois estime pour sa part qu’une structure indépendante de reddition de comptes doit être mise sur pied pour surveiller les entreprises et assurer que la violence s’arrête.

La Ville enquête

Selon le gestionnaire de l’initiative Véhicules avec chauffeur de la Ville de Winnipeg, Grant Heather, à la fin août, 35 plaintes avaient été déposées en lien à ce type de services en 2021. Il y en a eu 50 en 2020.

Il explique que la Ville a son propre processus d’enquête à la suite de plaintes et qu’elle examine en ce moment les incidents impliquant Duffy's et Unicity.

Nous prenons au sérieux la sécurité des passagers et des chauffeurs. Quand nous recevons une plainte, il y a enquête et nous nous en occupons dans le respect des paramètres de la réglementation, dit-il.

Parfois, il y aura une amende; d’autres fois, il peut y avoir une audience disciplinaire, tout dépend du sérieux de l’incident.

Grant Heather demande à quiconque ayant fait l'expérience de ce qui serait une infraction au règlement municipal de contacter le 311 pour déposer une plainte auprès de la Ville, même si une plainte a déjà été logée à la police.

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