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Les citoyens d’Abitibi-Ouest dans la rue pour sauver leurs services de santé

Plus de 300 citoyens ont marché sur la rue Principale de La Sarre pour sauver leurs services de santé.

Plus de 300 citoyens ont marché sur la rue Principale de La Sarre pour sauver leurs services de santé.

Photo : Radio-Canada / Martin Guindon

Martin Guindon

Après les citoyens de Senneterre, c’était au tour de ceux de la MRC Abitibi-Ouest de sortir dans la rue, dimanche à La Sarre, pour sauver leurs services de santé.

Plus de 300 citoyens et élus municipaux ont marché pour dénoncer la décision du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Abitibi-Témiscamingue (CISSSAT) de fermer la moitié des 44 lits du Centre hospitalier de La Sarre depuis le 15 octobre dernier, comme prévu dans son plan de contingence.

L’Abitibi-Ouest est confronté à une importante pénurie de personnel infirmier.

« Le CISSSAT passe son temps à répéter que tout ce qu’il veut, c’est offrir des soins sécuritaires à la population, mais nous on essaie de nous faire croire qu’un demi hôpital, ça va être plus sécuritaire qu’un hôpital au complet. Et ça, bien, ça ne passe pas, simplement », affirme Sylvain Trudel, membre du comité citoyen derrière cette mobilisation.

Ce dernier souligne que l’Abitibi-Ouest vient de subir la plus importante coupure en santé et services sociaux de son histoire.

Il qualifie la situation d’injuste alors que 22 des 26 lits coupés dans le plan de contingence du CISSSAT se trouvent en Abitibi-Ouest. La fermeture des deux derniers lits de pédiatrie en ferait le seul hôpital à ne plus offrir ce service. De plus, on gardera moins de lits ouverts à La Sarre que le taux moyen d’occupation des cinq dernières années, selon Sylvain Trudel.

Sylvain Trudel et Miranda Dessureault, du comité citoyen.

Sylvain Trudel et Miranda Dessureault, du comité citoyen.

Photo : Radio-Canada / Martin Guindon

En dépit du report d’un mois

Sylvain Trudel trouve aussi incompréhensible que le CISSSAT aille de l’avant avec son plan de contingence, alors que le ministre de la Santé Christian Dubé a repoussé la date butoir pour la double vaccination des employés de santé pour laquelle ces plans avaient été demandés.

« Le ministre a eu le courage mercredi d’annoncer le report d’un mois de cette exigence parce qu’il a bien vu que les coupures de services que ça impliquerait, ça ne fait pas de sens, alors que le CISSSAT, qui n’est pas très préoccupé par l’opinion de la population parce qu’il n’a pas d’échéance électorale l’an prochain, a décidé de faire fi de ce nouvel environnement », fait-il valoir.

Selon Sylvain Trudel, il existe pourtant plusieurs solutions pour éviter cette fermeture de lits. Il cite la mise en place d’un gestionnaire local, une gestion locale des horaires des infirmières et la mise en place de quarts de 12 heures comme il se fait ailleurs au Québec.

Le maire de La Sarre Yves Dubé et le préfet de la MRC Abitibi-Ouest, Jaclin Bégin.

Le maire de La Sarre Yves Dubé et le préfet de la MRC Abitibi-Ouest, Jaclin Bégin.

Photo : Radio-Canada / Martin Guindon

Plan de retour à la normale

Le maire de La Sarre Yves Dubé déplore la situation, d’autant plus qu’il a l’impression d’avoir déjà joué dans le même film il y a deux ans, quand les services d’obstétrique ont été menacés. « Dans la dernière étude du CISSSAT, de l’état de situation de la population d’Abitibi-Ouest, on est la MRC la plus vulnérable. Alors c’est assez incroyable que ce soit nous autres qui subissions le plus gros impact en Abitibi-Témiscamingue », dénonce celui qui espère que la mobilisation citoyenne portera fruit comme en 2019.

Fort de cet appui de la population, le préfet de la MRC Abitibi-Ouest Jaclin Bégin entend maintenant rencontrer la direction du CISSSAT dès cette semaine pour demander un plan de redressement.

« On sait qu’il y a une pénurie, mais si à court terme on ne peut pas nous dire, on veut au moins savoir à moyen terme quels sont les plans pour redresser la situation, parce qu’on ne veut pas devenir un gros CLSC comme on dit toujours, c’est notre principale crainte. Donc, on veut savoir comment on s’enligne pour nous ramener à une normalité et à des services que nos citoyens méritent », insiste Jaclin Bégin.

La députée d'Abitibi-Ouest Suzanne Blais a rencontré des marcheurs à La Sarre.

La députée d'Abitibi-Ouest Suzanne Blais a rencontré des marcheurs à La Sarre.

Photo : Radio-Canada / Martin Guindon

Tous ensemble

Présente au Participarc, où la marche se terminait, la députée d’Abitibi-Ouest Suzanne Blais a souligné l’engagement des citoyens.

Elle a reconnu que la situation actuelle n’était pas idéale, mais que « le plan de contingence nous permet de préserver des services d’urgence et critiques pour les citoyens et les citoyennes de la MRC Abitibi-Ouest », ce qui lui a valu des critiques de citoyens qui ont rappelé que la fermeture des lits en pédiatrie était inacceptable.

« Tous ensemble, on va se serrer les coudes et on va travailler fort pour trouver des solutions. Il y a le comité de citoyens, notre gouvernement est là, les élus sont là, le CISSSAT est là. Tous ensemble, nous allons travailler très fort pour qu’on améliore notre réseau », a-t-elle insisté en entrevue.

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