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Les Amis du Mont-Sainte-Anne s’impatientent

L'enseigne du Mont-Sainte-Anne.

Resorts of the Canadian Rockies gère le centre de ski et le développement de la montagne en vertu d'une entente qui lui accorde ce droit jusqu'en 2093 (archives).

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

Les Amis du Mont-Sainte-Anne (AdMSA) haussent le ton face à Resorts of the Canadian Rockies (RCR), propriétaire du centre de ski de Beaupré. L’organisation reproche à l’entreprise albertaine de ne pas avoir donné suite au plan de relance de 175 M$ qu’elle lui a soumis en juin.

Fondée pour redorer le blason du plus haut sommet de la région de Québec et développer son potentiel économique et touristique, l'organisation Les Amis du Mont-Sainte-Anne offrait, il y a un an, sa collaboration à l’actuel propriétaire du centre de ski.

Ce temps semble révolu et les AdMSA accusent maintenant RCR d’avoir abandonné la montagne.

La situation de non-investissement est insoutenable et [...] le bris de confiance est irrémédiable, écrit le regroupement dans un message transmis à ses quelque 600 membres.

Sous-financement chronique

Il dénonce la vétusté des infrastructures et le manque de financement consacré au développement du lieu.

Le système d’enneigement date de 1982 et les mêmes remontées mécaniques fonctionnent depuis plus de 30 ans, faisait remarquer en juin le président des AdMSA, Yvon Charest.

RCR a promis au printemps de présenter un plan de développement. Ce dernier doit être publié prochainement, 20 mois après l’arrêt brusque des télécabines qui a blessé une vingtaine de skieurs et fait la manchette durant plusieurs jours.

Trois gondoles du Mont-Sainte-Anne dans un entrepôt.

En février 2020, l’arrêt brusque des télécabines avait fait une vingtaine de blessés (archives).

Photo : Courtoisie

Yvon Charest met toutefois en garde les citoyens face aux promesses de RCR.

On voulait prévenir un petit peu tout le monde de ne pas trop s’exciter si RCR présente un plan de développement prochainement, explique le président des Amis du Mont-Sainte-Anne. Ils ont annoncé au mois de mai qu’ils y travaillaient déjà depuis un certain temps. On veut rappeler que des plans de développement, RCR en a [présenté] à de nombreuses reprises dans le passé, mais n’en a jamais exécuté un.

Aucun retour

Yvon Charest rappelle que le plan de développement présenté par l’organisation qu’il chapeaute représentait le résultat de consultations menées auprès de centaines de personnes attachées au Mont-Sainte-Anne.

Un homme porte un manteau et un béret noirs.

Le président des Amis du Mont-Sainte-Anne, Yvon Charest, reproche à RCR de ne pas avoir donné suite au plan de développement proposé par son organisation (archives).

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

Il déplore que ce plan n’ait fait l’objet d’aucun retour, cet été, de la part de RCR. Il souligne également que si l’entreprise albertaine, dont les actifs se concentrent principalement dans les Rocheuses, se désintéresse du Mont-Sainte-Anne, son organisation est prête à lui offrir une sortie honorable.

« Nous, on était prêt à reprendre le contrat de gestion de la montagne qui court jusqu’en 2093. On a fait une offre financière à RCR sans, là non plus, obtenir une réponse. »

— Une citation de  Yvon Charest, président, Les Amis du Mont-Sainte-Anne

RCR utilise toujours le mot investissement. On trouvait ça important de rappeler les faits, affirme Yvon Charest. Un investissement, c’est quand on achète quelque chose de nouveau, quand on ajoute. De la maintenance, c’est quand on s’occupe d’une infrastructure qu’on a déjà faite. Et quand on remet de l’argent dans une infrastructure qui a déjà dépassé sa durée de vie utile, comme les remonte-pentes et l’enneigement, bien ça, ça s’appelle du rattrapage.

Une entente valable pour 99 ans

Les Amis du Mont-Sainte-Anne dénoncent par ailleurs l’entente de gestion 1994-2093 accordée à l'entreprise basée à Calgary, qu’ils jugent biaisée en faveur de RCR et qui lui permet depuis le début [...] d’agir sans ambition de développement.

Yvon Charest assure ne pas déclarer la guerre à RCR, mais devoir hausser le ton devant le manque d’avancée dans le dossier. Il incite toutefois les gens à exprimer publiquement leur insatisfaction à l’égard de la gestion de la montagne et de sa périphérie.

Des athlètes de ski de fond sur une piste au mont Sainte-Anne

Le secteur est de la montagne, endroit de prédilection pour les skieurs de fond, fait l’objet d’un recours juridique (archives).

Photo : Radio-Canada

Il y a 10 ans, j’ai fait partie, à la demande de RCR, d’une délégation qui est allée voir le gouvernement pour lui demander de l’aide, se souvient M. Charest. Mais depuis ce temps-là, j’ai changé mon fusil d’épaule parce que j’ai réalisé que le gouvernement n’a pas à supporter un citoyen corporatif qui ne fait sa job.

Le gouvernement a intenté un recours juridique pour reprendre la responsabilité du secteur est de la montagne. Le litige est présentement devant un arbitre. De leur côté, les Amis du Mont-Sainte-Anne ont décidé de ne pas attendre la décision ni 2093 avant d’agir et de prendre le taureau par les cornes pour voir la limite où on peut aller, conclut Yvon Charest.

Invitée par Radio-Canada à réagir à la sortie des AdMSA, l’administration du Mont-Sainte-Anne a indiqué lundi matin qu’elle était en train de prendre connaissance du message que l’organisation a transmis à ses membres.

L’entreprise a précisé qu’à l’heure actuelle, elle n’a pas de réaction officielle ni de commentaires à ce sujet.

Avec la collaboration de Jean-François Blanchet

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