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Une étude prouve l’efficacité du condom invisible comme moyen de contraception

Le gel s'applique comme un tampon à l'aide d'un applicateur en plastique.

Le gel s'applique comme un tampon à l'aide d'un applicateur en plastique.

Photo : Radio-Canada

Une étude menée auprès de 30 couples, pendant trois mois, atteste l’efficacité du condom invisible comme moyen de contraception. Ce produit est élaboré au Centre de recherche en infectiologie de l’Université Laval depuis plus d’une quinzaine d’années.

Le condom invisible est un tube transparent perforé sur toute sa surface. Il contient un gel spermicide, c'est-à-dire qui immobilise et détruit les spermatozoïdes. L’utilisatrice l’insère dans son vagin comme un tampon.

À l’issue de l’étude, quatre participantes sont tombées enceintes, soit parce qu’elles n’avaient pas utilisé le condom invisible, soit parce qu’elles ne s’en étaient pas servi correctement.

On a protégé 95 cycles et 410 rapports vaginaux. Et on a 24 grossesses non planifiées évitées, renseigne le chef de projet Rabeea Omar.

Des commentaires très positifs

Les résultats de l’étude, qui ont été publiés cette semaine dans le Journal d’obstétrique et gynécologie du Canada, ravissent les scientifiques qui développent ce produit.

On est très, très, très heureux du résultat. Ça va au-delà de nos espérances, commente le gynécologue et obstétricien Mathieu Lebœuf.

Un homme en entrevue télé dans un laboratoire. Il porte une blouse blanche.

Mathieu Lebœuf, gynécologue et obstétricien

Photo : Radio-Canada

C’est la première fois que le condom invisible était testé dans des conditions d’utilisation normale. Les commentaires étaient fortement positifs. Ce qui plaît beaucoup, c’est l’absence d’hormones, indique le Dr Mathieu Lebœuf.

Les moyens de contraception qui ne sont pas chimiques ont la cote auprès des femmes. Et ce, pour des raisons de santé.

Besoin de 5 millions de dollars pour poursuivre les recherches

Tous les moyens de contraception hormonaux, que ce soit œstrogène, progestérone ou combinés, affectent la santé mentale, le poids, la peau… Ils vont avoir des effets sur le balancement de la gestion de l’humeur, révèle la sexologue Laurence Desjardins.

Elle ajoute : Plusieurs adultes font des pauses de contraceptifs hormonaux pour justement donner une pause à leur corps.

Une femme en entrevue par visioconférence.

Laurence Desjardins, sexologue

Photo : Radio-Canada

Prochaine étape en vue de la commercialisation du condom invisible : entreprendre une autre étude semblable à celle qui a été réalisée avec la trentaine de couples, mais auprès d’un échantillon plus important.

Rabeea Omar et ses collègues aimeraient suivre un millier de participants sur un an. S’ils le pouvaient, ils la commenceraient dès demain. Encore faut-il en avoir les moyens financiers.

Ça coûte autour de 5 millions de dollars, informe le chef de projet.

Un moyen de protection aussi

Une fois ce test à grande échelle effectué et après avoir conclu un accord avec une compagnie pharmaceutique, le condom invisible pourrait être mis en vente.

Un homme en entrevue dans un laboratoire. Il porte une blouse blanche.

Rabeea Omar, chef de projets au Centre de recherche en infectiologie de l'Université Laval

Photo : Radio-Canada

Idéalement, ce serait dans deux ans, se prend à rêver Rabeea Omar.

Les études et essais sur le condom invisible ne s’arrêteront pas pour autant. Les chercheurs du centre universitaire souhaitent aussi mettre en évidence son efficacité comme moyen de protection contre les infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS), par exemple le VIH, la gonorrhée ou la chlamydia.

Avec leur produit, ces scientifiques veulent donner aux femmes le pouvoir de se protéger contre les ITSS et les grossesses non désirées. Et Rabeea Omar de conclure : Elles méritent ça.

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