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Les habitants de Lytton n’ont pas été entendus par le BST durant l’enquête

Un train traverse un pont ferroviaire à Lytton, en C.-B.

Fabian Duncan, qui travaillait près du pont piétonnier et ferroviaire de Lytton, dit y avoir vu de la fumée quelques minutes après le passage d'un train, avant que le village s'embrase le 30 juin dernier.

Photo : Radio-Canada / Matthew Muse

Radio-Canada

Un expert des incendies met en cause la conduite et les conclusions de l'enquête du Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST), exonérant la responsabilité d’un train dans le déclenchement de l’incendie qui a détruit le village de Lytton, en Colombie-Britannique, le 30 juin dernier.

Selon les conclusions du BST publiées jeudi, un train de marchandises du Canadien Pacifique a traversé Lytton 18 minutes avant que l'incendie ne soit signalé, mais rien ne prouve que les trains puissent être responsables de la catastrophe.

Toujours selon le rapport de l'agence fédérale, l’origine de l'incendie se trouve à moins de 2 mètres de la voie ferrée appartenant au Canadien National, à l'ouest du village.

Face à ces affirmations, Robert Eyford, enquêteur spécialisé dans les causes des incendies, est sceptique. Selon lui, le rapport du BST est rempli de trous, et ses conclusions sont peu convaincantes.

« Il n'y a rien dans ce rapport qui, à mon avis, absout le train comme principal suspect. »

— Une citation de  Robert Eyford, enquêteur spécialisé dans les causes des incendies

Il affirme que de nombreux détails essentiels à l'enquête manquent, comme l’examen de photos et vidéos prises au départ de l'incendie, ou de potentiels débris aux abords du rail. Il pointe aussi l'absence des récits des témoins oculaires directs et des résidents du village.

Le BST n’a pas entendu les habitants de Lytton

Plusieurs habitants de Lytton, dont Janet Webster, la cheffe de la Première Nation de Lytton, se sont dits déçus par les conclusions du BST et ont regretté que les membres de la communauté n’aient pas été consultés pendant le processus d’enquête.

Fabian Duncan travaillait près du pont piétonnier et ferroviaire de Lytton exploité par le Canadien National. Il dit y avoir vu de la fumée quelques minutes après le passage d'un train, peu avant l'incendie qui a détruit le village .

Il affirme que le feu a sauté les rails et le ruisseau avant de monter la colline en seulement quelques instants. Il n'est pas non plus convaincu par les conclusions du Bureau de la sécurité des transports du Canada, qui ne l'a pas interrogé.

James Carmichael, enquêteur désigné du BST, confirme que les habitants de Lytton n’ont pas été entendus durant le processus d'enquête.

« Nous n'avons pas eu d'entretiens directs avec des résidents de Lytton. »

— Une citation de  James Carmichael, enquêteur désigné du BST

Il reconnaît par ailleurs qu’il ne détient pas d'expertise en matière d'incendies : Je suis formé dans le domaine ferroviaire, j'ai été formé pour enquêter sur les opérations ferroviaires et les travaux mécaniques sur les voies, ce genre de choses. Je n'ai pas d'expertise dans la détermination de l'origine du feu.

Deux enquêtes toujours en cours

L'objectif du BST n'était pas de déterminer la cause de l'incendie, mais simplement de savoir s'il était lié à une activité ferroviaire.

L'agence indépendante précise qu’en l’absence de nouveaux éléments, aucun autre travail d’enquête ou rapport ne sera produit. Ces nouveaux éléments éventuels devront vraiment être péremptoires pour justifier la réouverture de l’enquête, affirme M. Carmichael.

Toutefois, deux investigations parallèles sur l'origine de l'incendie de Lytton, menées par La Gendarmerie royale du Canada, qui continue d’évaluer la possibilité qu’il s’agisse d’un acte criminel, et le service des incendies de forêt de la Colombie-Britannique, sont toujours en cours.

Avec des informations de Joel Ballard

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