•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des politiciens canadiens inquiets après l’assassinat d’un député britannique

Une photo prise de côté de gens en plein recueillement à une messe.

Un homme prie au cours d'une messe à la mémoire du député britannique conservateur David Amess, qui a été mortellement poignardé en Angleterre vendredi.

Photo : Getty Images / AFP / Tolga Akmen

Radio-Canada

Choqués et attristés par le meurtre d'un député britannique de longue date, vendredi, des politiciens canadiens affirment que la menace d'un incident similaire au Canada s'accroît.

David Amess, 69 ans, a été mortellement poignardé vers midi, vendredi, alors qu'il rencontrait des électeurs de Leigh-on-Sea, une ville située à environ 62 kilomètres à l'est de Londres. Le politicien conservateur était député depuis 38 ans.

Le député qui a été assassiné faisait quelque chose que nous faisons tous en tant que députés, a déclaré Lisa Raitt, ancienne ministre conservatrice canadienne.

« Cela m'a vraiment secouée, car cela fait partie de notre travail; c'en est une partie fondamentale. »

— Une citation de  Lisa Raitt, ancienne ministre conservatrice

Pour des politiciens canadiens qui ont été victimes de harcèlement et de menaces, la mort de M. Amess a été un rappel saisissant du danger que peut présenter le travail d’élu.

Des nouvelles comme celle-ci [...] J'ai vu ça et ça m'a vraiment touchée en plein coeur, a déclaré Michelle Rempel Garner, députée conservatrice de Calgary Nose Hill.

Une femme blonde avec un foulard noir et beige lève la main.

La députée conservatrice Michelle Rempel Garner

Photo : The Canadian Press / Justin Tang

La police britannique a arrêté un homme de 25 ans en lien avec la mort du député. Dans un communiqué samedi, la police métropolitaine de Londres a qualifié l'attaque de terroriste et a déclaré que l'enquête préliminaire avait révélé une motivation potentielle liée à l'extrémisme islamiste.

Des sommets d'animosité

Mme Rempel Garner mentionne qu'elle a été victime à plusieurs reprises de harcèlement public, en plus d'avoir reçu des menaces de mort dans son bureau pendant la récente campagne électorale. Elle ajoute qu’actuellement le climat politique au Canada s’envenime à un point dont elle n'a jamais été témoin au cours de ses 10 années en tant que députée.

«  Je ne me suis jamais sentie aussi en danger que lors de la dernière campagne. »

— Une citation de  Michelle Rempel Garner, députée conservatrice

Selon elle, le prochain Parlement devra en faire davantage pour assurer la sécurité de ses membres.

La dernière campagne électorale a été entachée d'incidents répétés de violence et de vandalisme visant des candidats de tous les horizons politiques. Le premier ministre Justin Trudeau a, par exemple, été visé par des tirs de gravier lors d'une escale à London, en Ontario. Des manifestants antimasques et antivaccins étaient constamment à ses trousses.

Justin Trudeau est entouré de gardes du corps au milieu d'une foule.

Le chef libéral Justin Trudeau est escorté par la GRC après que des manifestants lui ont lancé des cailloux à un événement de campagne à London, le 6 septembre.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Les groupes d'extrême droite auraient également été plus actifs que lors de toute campagne précédente. Barbara Perry, professeure de criminologie qui étudie l'extrémisme à l'Ontario Tech University à Oshawa, croit que l’ambiance de la dernière campagne montre clairement que les risques de violence envers des politiciens sont devenus bien réels au Canada.

Les façons de faire ne sont pas nouvelles. Je pense toutefois que l'intensité et l'ampleur du problème le sont, ajoute-t-elle.

Elle mentionne que, si les femmes et les personnes racisées doivent depuis longtemps composer avec de graves menaces de violence dans la sphère politique, ce danger semble désormais être généralisé.

Lisa Raitt décrit le changement de ton comme un courant sous-jacent de colère et un manque de respect pour le travail qui est fait et se questionne sur le rôle des réseaux sociaux dans cette radicalisation.

Portrait de profil de Lisa Raitt.

L'ancienne députée de Milton, Lisa Raitt

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick/Canadian Press

Plus de sécurité dans les bureaux locaux

Mme Raitt indique qu'elle avait commencé à prendre des mesures de sécurité supplémentaires vers la deuxième moitié de sa carrière en politique fédérale, qui s'est étendue de 2008 à 2019.

Ces précautions comprenaient l'installation d'un bouton d'alarme dans son bureau de circonscription et la réorganisation de l'espace pour créer des obstacles qui rendraient une attaque plus difficile.

Elle a déclaré que ces mesures visaient à protéger son personnel dans le contexte de visites de personnes très en colère qui voudraient une action immédiate.

L’ancienne députée conservatrice croit que les députés actuels seraient sages de se concentrer sur la sécurité dans leurs bureaux de circonscription plutôt qu'au Parlement, où la sécurité est beaucoup plus robuste.

D'après les informations de Nick Boisvert, de CBC News

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !