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Plats à emporter : il est temps de limiter les déchets plastiques, selon des écologistes

Des contenants et des ustensiles de plastique.

Après un retour en force du plastique à usage unique pour les plats à emporter durant la pandémie, des écologistes veulent inverser la tendance.

Photo : getty images/istockphoto / Claudio Rampinini

Radio-Canada

Tout au long de la pandémie, les résidents de Toronto ont de plus en plus compté sur les plats à emporter et ses nombreux contenants jetables, générant une énorme quantité de déchets inutiles, selon des écologistes, qui souhaitent voir la tendance s’inverser.

Le bon côté des choses, c’est que les citoyens, les entreprises et les gouvernements sont attentifs et recherchent des solutions réutilisables, estime Emily Alfred, militante en matière de déchets auprès de l'organisme Toronto Environmental Alliance (TEA). Et à long terme, la pandémie n'a pas détourné l'attention du problème, comme beaucoup le craignaient, ajoute-t-elle.

Au lieu de cela, ça a augmenté la demande et fait comprendre encore plus aux gens que le plastique et les déchets sont également une crise sanitaire, a déclaré Mme Alfred.

« Le plastique à usage unique est également toxique et c'est quelque chose que nous devons affronter. Nous ne pouvons pas simplement l'ignorer  »

— Une citation de  Emily Alfred, TEA

Erika Reyes cherche à changer les pratiques des commerces de Toronto concernant les plats à emporter. Elle a récemment lancé Inwit, un programme de vente à emporter zéro déchet pour les restaurants.

Inwit est une startup qui veut inspirer plus de gens à adopter le développement durable, chaque jour, une étape à la fois, même si ce n'est pas parfait, explique Mme Reyes.

Les clients commandent et paient leur nourriture dans les restaurants participants sur l'application Inwit, poursuit l’entrepreneuse. La nourriture est ensuite prête à être ramassée dans des conteneurs isolés en acier inoxydable, et les clients sont tenus de retourner les conteneurs dans les sept jours, que les restaurants lavent et réutilisent. Ils gagnent ainsi des points d'impact pour leur prochain achat.

Selon Mme Reyes, les conteneurs réutilisables sont plus durables que les produits recyclables comme les sacs en papier qui ne sont utilisés qu'une seule fois et dont la production nécessite une forte émission de carbone. En outre, bon nombre des conteneurs mis dans les bacs bleus de Toronto ne sont pas réellement recyclés, mais finissent plutôt avec les ordures ménagères, note-t-elle.

Lorsqu'on lui demande pourquoi elle pense qu'Inwit aura du succès, Erika Reyes répond : Lorsque vous alignez vos choix sur vos valeurs, cela vous donne du pouvoir, cela vous fait vous sentir vraiment bien, je pense que ce sera ce qui attirera le plus de gens.

Une intervention nécessaire des gouvernements

Mais pour réduire sérieusement le problème du plastique et aider les entreprises à mettre en place des programmes comme Inwit, les gouvernements doivent s'impliquer, juge Karen Wirsig, responsable du programme de plastiques du groupe écologiste Environmental Defence.

Le problème semble insurmontable et ne sera certainement pas résolu par nous en tant que consommateurs individuels, lance Mme Wirsig.

« C'est là que nous avons vraiment besoin de règles et de systèmes en place pour garantir que la réutilisation est non seulement possible, mais également incitée. »

— Une citation de  Karen Wirsig, responsable du programme de plastique, Environmental Defence

Elle envisage un système en boucle fermée comme celui utilisé par le Beer Store, où les clients retournent leurs bouteilles vides et récupèrent de l'argent, pour les contenants de boissons et de plats à emporter.

Lors de la dernière campagne électorale fédérale, le Parti libéral a promis 100 millions de dollars pour les infrastructures de réutilisation et de recyclage du plastique.

C'est une merveilleuse occasion pour le gouvernement fédéral de réfléchir plus activement à la façon de soutenir les systèmes dans les communautés à travers le pays, estime la militante.

Le gouvernement fédéral s'est également engagé à interdire six plastiques à usage unique cette année, notamment les sacs, les couverts et certains contenants à emporter. Pour que l'interdiction ait le plus grand impact, il sera important de donner aux entreprises comme les restaurants des alternatives aux autres matériaux à usage unique comme le bois, le carton et le verre qui ont tous également des effets néfastes sur l'environnement, renchérit Mme Wirsig.

Mais le plastique reste la plus grande préoccupation, selon elle.

Il ne disparaît jamais vraiment. Il peut se décomposer en particules de plus en plus petites ou se retrouver dans notre air, notre sol et notre eau sous une forme différente, insiste-t-elle.

C'est pourquoi l’urgence concerne vraiment le plastique.

Avec les informations de CBC News

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