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Pas d’heures supplémentaires pour les infirmières de la FIQ en fin de semaine

Une infirmière dans une salle d'opération.

La FIQ demande à ses membres de refuser de faire du temps supplémentaire obligatoire au cours de la fin de semaine.

Photo : Getty Images / gpointstudio

La Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) poursuit ses moyens de pression pour que les gestionnaires du réseau cessent de recourir au temps supplémentaire obligatoire (TSO). Après avoir envoyé vendredi une mise en demeure au ministre de la Santé lui enjoignant de mettre un terme à cette pratique, le syndicat demande à ses membres de refuser de faire des heures supplémentaires samedi et dimanche.

Depuis minuit, de nombreuses infirmières ont arrêté de faire des heures supplémentaires, notamment dans les grandes régions de Montréal et de Québec, ainsi qu'en Outaouais, en Mauricie, en Abitibi et au Bas-Saint-Laurent. En fait, le tiers des syndicats affiliés à la FIQ ont décidé de suivre le mot d’ordre de la Fédération.

Selon cette dernière, tout se déroule assez bien pour le moment dans les établissements de santé, les employeurs, qui étaient au courant de ce moyen de pression depuis quelques jours, s'étant préparés en conséquence et ayant offert leur collaboration en n'exigeant pas de TSO aux infirmières ou en leur en demandant peu.

Dans Chaudière-Appalaches, par exemple, des heures supplémentaires volontaires ont été offertes aux employés qui le désiraient et des cadres sont également venus épauler les infirmières sur le terrain.

Tout de même, une dizaine de quarts de travail ont été travaillés en heures supplémentaires obligatoires sur le territoire du CISSS pendant la nuit et huit autres sont prévus pendant la journée.

Par ailleurs, une dizaine de quarts de travail cherchaient toujours preneur à 10 h samedi matin.

Un mode de gestion abusif, dit la FIQ

La FIQ qualifie le recours aux heures supplémentaires obligatoires de mode de gestion abusif et d'assassinat professionnel, qui a été institutionnalisé au fil des années au lieu d’être utilisé de façon exceptionnelle, dit-elle.

Considérant que la situation ne peut plus être tolérée, le syndicat a décidé de frapper un grand coup et de déployer un vaste plan d’action et une campagne de mobilisation cet automne en espérant faire changer les choses. Il propose notamment l'adoption de ratios professionnels-patients obligatoires et la réduction de l'offre de services si ces derniers devaient être dépassés.

En font également partie cette fin de semaine sans TSO, mais aussi la mise en demeure au ministre de la Santé, auquel la FIQ a donné jusqu’au 15 novembre pour proposer un nouveau mode de fonctionnement.

S’ajoute à cela une demande à la Commission des droits de la personne déposée vendredi qui invoque l'impossibilité pour les infirmières d’avoir des conditions de travail justes, raisonnables et respectant leur santé et leur sécurité. La FIQ aimerait que la Commission étudie la problématique et fasse des recommandations à ce sujet au gouvernement.

Devraient suivre des mises en demeure envoyées aux PDG et aux directions des soins infirmiers des CIUSSS et des CISSS, l'envoi d'une lettre à la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) afin qu'elle enquête sur la question du TSO, l'envoi de mises en demeure aux ordres professionnels et à la Direction nationale des soins et des services infirmiers pour les forcer à se prononcer publiquement contre le TSO, ainsi que le dépôt d'une plainte au Bureau international du travail de l'ONU.

La FIQ compte aussi inviter le ministre de la Santé à accompagner une infirmière pendant un quart de travail de 16 heures et songe à demander l'intervention de l'armée ou de la Croix-Rouge en cas de situation difficile. La suspension du paiement des frais de cotisation aux ordres professionnels par les syndiquées est également envisagée.

Pour sa part, le ministre de la Santé, Christian Dubé, a dit vendredi qu'il veut éliminer les heures supplémentaires obligatoires, mais qu'il fait par ailleurs face à un défi de recrutement de personnel.

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