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Les Albertains pourraient en finir avec le changement d’heure, mais à quel prix?

Maintenir l’heure avancée en hiver repousserait le lever du soleil d’une heure.

Horloge au sommet d'un immeuble en brique.

Une horloge au centre-ville de Lloydminster, qui est à la même heure que la Saskatchewan, mais seulement en été.

Photo : Radio-Canada / François Joly

Lundi, les Albertains devront décider lors d’un référendum s’ils abolissent la pratique de changer l’heure et conservent l’heure avancée des Rocheuses 12 mois par année. L’idée fait son chemin, en particulier dans les communautés voisines de la Saskatchewan. Elle pourrait cependant ne pas faire l’affaire des lève-tôt et de certaines entreprises.

S’il y a un endroit où la pratique du changement d’heure crée des maux de tête, c’est à Lloydminster, une ville coupée en deux par la frontière entre l'Alberta et la Saskatchewan. Son abolition pourrait éliminer de nombreux irritants pour ses résidents.

Son maire, Gerald Aalbers, espère que les Albertains voteront pour mettre fin au changement d'heure. On travaille avec deux gouvernements provinciaux. Il faut constamment confirmer dans quel fuseau horaire les gens sont. Ce n'est pas rare de voir des gens arriver en retard ou en avance à une réunion virtuelle.

Lloydminster et certains villages situés du côté saskatchewanais de la frontière continuent de changer l'heure deux fois par année, même si la Saskatchewan, elle, demeure à l'heure d'été 12 mois par année.

Gerald Aalbers.

Le maire de Lloydminster, Gerald Aalbers, aimerait bien que ces concitoyens albertains décide d'abolir le changement d'heure.

Photo : Radio-Canada / François Joly

Tout le monde à Lloydminster n’est cependant pas convaincu qu’il soit nécessaire d’abolir le changement d’heure.

Ce n’est pas la fin du monde, résume la directrice de l’école d’immersion française St-Thomas, Lisa-Marie Kreese. Elle ne sait pas encore comment elle va voter lors du référendum du 18 octobre. Avec une famille éparpillée dans 4 fuseaux horaires, elle aime que l'Alberta change d'heure en même temps que la Colombie-Britannique et les provinces de l'Est.

Lisa-Marie Kreese

Lisa-Marie Kreese ne sait pas encore comment elle va voter lors du référendum du 18 octobre.

Photo : Radio-Canada / François Joly

En même temps, je trouve qu’il y a beaucoup d’arguments en faveur de l'abolition du changement d’heure, ajoute-t-elle. Ça perturbe le sommeil de plusieurs personnes. Je sais qu’il y a des études qui ont montré ça.

Des impacts sur le sommeil

Le professeur à l’Université de Montréal et directeur scientifique à la recherche en santé mentale au Centre de recherche du CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal, Roger Godbout, abonde dans le même sens.

« Il n’y a aucun bénéfice pour la santé à changer d’heure. »

— Une citation de  Roger Godbout, psychologue et professeur à l’Université de Montréal

Il rappelle que le changement d'heure affecte négativement le sommeil et l’humeur. Il est cependant préoccupé par la décision du gouvernement albertain de privilégier l’heure avancée comme alternative au système actuel.

Si la proposition reçoit l’appui de plus de 50 % des électeurs, le soleil, le jour du solstice d’hiver, se lèverait une heure plus tard.

Il ferait nuit à Calgary jusqu’à 9 h 37, tandis que le soleil se lèverait à 9 h 49 à Edmonton et 10 h 20 à Grande Prairie, dans le nord-ouest de l’Alberta. Ce retard serait compensé par une heure de clarté additionnelle en après-midi.

Roger Godbout est d'avis que l'Alberta devrait choisir un fuseau horaire qui permettrait au soleil d'être à son zénith à midi.

Mon biais personnel, c'est qu'il est préférable de garder l'heure normale pour que tout le monde puisse profiter du même nombre d'heures d'ensoleillement de part et d'autre du point le plus élevé du soleil, à midi, explique-t-il.

L’Association canadienne du sommeil recommande d’ailleurs elle aussi l’adoption de l’heure normale plutôt que l’heure avancée pour maintenir un sommeil optimal ainsi qu’un alignement idéal de l’horloge circadienne humaine avec les activités diurnes.

Plus pratique pour certaines entreprises

Dans une région qui dépend en bonne partie de l'industrie pétrolière, unifier les fuseaux horaires de l'Alberta et de la Saskatchewan aurait cependant ses avantages.

La moitié de nos clients situés en Saskatchewan travaillent quand même en heure de l'Alberta, même pendant l'hiver, ce qui rajoute une couche de confusion additionnelle, explique le président de Renown Down Hole Solutions, une entreprise qui fournit de l’équipement industriel spécialisé, notamment pour le secteur pétrolier.

Ryan Turner dans l'atelier de son entreprise.

Ryan Turner croit que l'abolition du changement d'heure simplifierait les choses dans l'industrie pétrolière.

Photo : Radio-Canada / François Joly

Le matin, les choses commencent généralement tranquillement et ça prend de la vitesse en fin de journée, ajoute-t-il. Alors, avoir plus de lumière en après-midi, c’est plus pratique et plus sécuritaire pour nous.

D’autres entreprises sont cependant moins enthousiastes. Les Oilers d’Edmonton, par exemple, verraient 12 de leurs parties, dont 6 à domicile, débuter à 21 h cette année si l’Alberta restait à l’heure avancée des Rocheuses.

Ça affecterait négativement nos cotes d’écoute à la télévision et le nombre de spectateurs [à la place Rogers], fait valoir par courriel le porte-parole de l’équipe, Tim Shipton. Nous savons par contre que le hockey n’est pas la seule préoccupation des Albertains quand vient le temps de prendre une décision, ajoute-t-il.

Les changements prendront de toute façon du temps à se manifester. La province a déjà annoncé que si le oui l'emporte, les Albertains continueront de reculer et d'avancer leur cadran, au moins jusqu'en 2023.

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