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Élections au Nunavut : que désirent les communautés minoritaires?

Le bâtiment de la mosquée d'Iqaluit.

Au Nunavut, des minorités culturelles, linguistiques et sexuelles espèrent que le prochain gouvernement territorial fera preuve d’ouverture et de soutien à leur égard.

Photo : Radio-Canada / Matisse Harvey

Au Nunavut, où la communauté inuit forme environ 85 % de la population, des minorités culturelles, linguistiques et sexuelles occupent une place grandissante dans la démographie du territoire. À l’approche des élections territoriales, certaines d’entre elles comptent maintenir de bonnes relations avec le gouvernement, tandis que d’autres espèrent plus de soutien.

Terre d’accueil de citoyens venus des quatre coins du globe, le Nunavut se compose aujourd’hui d’une démographie hétéroclite. Dans les rues, le français, l’arabe, le tagalog et le somali se côtoient.

Lors du dernier recensement de Statistique Canada, 625 personnes parlaient couramment le français à la maison.

Bien que le français soit l’une des langues officielles du territoire, le président de l’Association des francophones du Nunavut, Goump Djalogue, reconnaît que la communauté francophone y est une minorité linguistique. Nous sommes en territoire inuit, dit-il.

Son organisme, ajoute-t-il, compte miser sur la coopération avec la communauté inuit. Pour nous, c’est très important, cette relation d’alliés avec les communautés inuit, pour la défense de nos droits communs.

Ces droits, précise-t-il, incluent notamment l’égalité dans le traitement linguistique et dans l’affirmation culturelle.

« On espère du nouveau gouvernement une ouverture [...] pour qu’on puisse développer une relation de travail collaborative. »

— Une citation de  Goump Djalogue, président de l’Association des francophones du Nunavut
Le président de l'Association des francophones du Nunavut, Goump Djalogue, en entrevue à l'extérieur.

Entrevue avec Goump Djalogue, président de l'Association des francophones du Nunavut

Photo : Radio-Canada

Comme c’est le cas pour les francophones, la communauté musulmane se dit, elle aussi, satisfaite de ses relations avec le précédent gouvernement territorial. Ses membres, qui disposent d’une mosquée à Iqaluit depuis 2016, espèrent que ce lien sera maintenu.

Le vice-président de la Société islamique du Nunavut, Muhammad Wani, affirme que la communauté musulmane d’Iqaluit se sent soutenue et en sécurité. Nous ne sentons rien de négatif à notre égard, ici, soutient-il. Le gouvernement est réceptif à nos demandes.

Un groupe de personnes sont assises au sol dans la mosquée d'Iqaluit.

La communauté musulmane d'Iqaluit dispose d'une mosquée depuis 2016.

Photo : Radio-Canada / Matisse Harvey

Un problème d'équité raciale au Nunavut

La présidente de la Nunavut Black History Society, Stephanie Bernard, qualifie la relation entre les communautés inuit et afro-caribéennes d’harmonieuse.

En juin 2020, l’organisme avait d’ailleurs organisé un rassemblement à Iqaluit, visant à la fois à soutenir le mouvement Black Lives Matter et à dénoncer une intervention policière musclée à Kinngait.

Stephanie Bernard affirme toutefois que la bataille n’est pas gagnée. Au mois d’octobre 2020, la Nunavut Black History Society a appelé le gouvernement territorial à mettre en place plusieurs dizaines de mesures pour soutenir davantage la communauté noire, dont la création d’une campagne antiracisme.

Une femme regarde par la fenêtre.

La présidente de la Nunavut Black History Society, Stephanie Bernard

Photo : Radio-Canada / Matisse Harvey

Jusqu’à maintenant, nous n’avons pas vu d’actions concrètes pour répondre à ces demandes, mais le gouvernement nous a promis que nous travaillerions de manière collaborative, explique-t-elle.

Elle ajoute que le gouvernement territorial a reconnu qu’il y a un problème d'équité raciale au Nunavut, mais elle espère que les appels à l’action de son organisme se concrétiseront.

« Ce n’est que le début. Nous sommes au commencement d'un mouvement qui conduira à la fin du racisme au territoire. »

— Une citation de  Stephanie Bernard, présidente de la Nunavut Black History Society

En faire bien plus pour la communauté LGBTQ2+

Nuka Fennell, un Inuk originaire d’Iqaluit, est membre de la communauté LGBTQ2+ et assure se sentir en sécurité dans la capitale territoriale. Iel croit que le gouvernement doit en faire bien plus pour les personnes LGBTQ2+.

NDLR : En français, les personnes non binaires, qui situent leur identité de genre hors des catégories comme masculin ou féminin, utilisent souvent iel comme pronom. Même si les principaux dictionnaires ne reconnaissent pas officiellement de genre neutre, ce texte utilise le terme iel.

Nuka Fennell raconte qu’il lui arrive régulièrement d’être insulté dans la rue par des étrangers. Dans cette ville, il y a encore des homosexuels qui sont victimes d’intimidation, souligne-t-iel. C’est terrible.

L’association LGBTQ2+ Positive Space, la première du territoire, a vu le jour en février. Nuka Fennell explique toutefois que les membres des regroupements LGBTQ2+ du territoire y travaillent bénévolement, puisqu’ils ont des emplois à temps plein.

Nous n’avons pas accès à de grands organismes qui reçoivent un important financement gouvernemental, comme c’est le cas dans le Sud, affirme-t-iel.

Un portrait d'un homme qui sourit à la caméra.

Puisqu’ils disposent de plus de financement, les organismes nationaux ont un impact «plus grand» sur les membres de la communauté LGBTQ2+, selon Nuka Fennell.

Photo : Photo fournie par Nuka Fennell

Nuka Fennell souhaiterait par ailleurs que les futurs députés du territoire prennent part à des événements organisés par la communauté et qu’ils la soutiennent publiquement.

En ce moment, dit-iel, leur silence nous blesse.

Bannière teaser du dossier élections Nunavut 2021.

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