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L’utilisation du mot en n en salle de classe indigne des parents de la DSFM

Une école en briques rouges.

Le Collège Louis-Riel dans le quartier de Saint-Boniface, à Winnipeg

Photo : Radio-Canada / Gavin Boutroy

Radio-Canada

Le groupe Parents contre le racisme dénonce l’utilisation du mot en n en salle de classe au Collège Louis-Riel, à Winnipeg. L’incident a provoqué une altercation entre un membre du personnel enseignant et un élève, qui a été filmée et publiée sur les réseaux sociaux.

Parents contre le racisme a pris connaissance d’un incident raciste ayant eu lieu au Collège Louis-Riel (CLR), où [un membre du personnel enseignant] a prononcé le mot ‘N’ en sa forme complète en classe sous le prétexte de l’éducation et de la libre expression, indique un communiqué du groupe.

[Un élève] a dénoncé l’utilisation inexcusable de ce mot et a souligné le manque total de respect envers les étudiants Afro-canadiens [sic], poursuit le communiqué.

Radio-Canada a décidé de ne publier aucune information, telle que l’année scolaire ou le genre des personnes, qui permettrait d’identifier le membre du personnel enseignant ou l’élève en question.

Nous dénonçons fortement l’utilisation du mot ‘n’ et toute insulte raciale en tout contexte. Ce mot en particulier dérive d’une histoire canadienne violente et déshumanisante d’esclavage, de ségrégation et d’autres formes de racisme anti-noir, ajoute Parents contre le racisme.

L’organisme a été fondé dans la foulée d’allégations de racisme au Collège Louis-Riel, rapportées par Radio-Canada. Parents contre le racisme dénonce à nouveau une culture de racisme.

Le fait qu’un incident pareil ait lieu pour la énième fois au sein de cette institution renvoie l’image d’une culture de racisme très confortable et normalisée qui blesse les étudiants Afro-canadiens [sic], leurs familles et notre communauté, fait valoir l’organisme.

Dans une déclaration, la DSFM indique être au courant d’une vidéo où l’on distingue un membre du personnel du Collège Louis-Riel impliqué dans une discussion animée avec des élèves quant à l’utilisation d’un mot dont les ramifications sont blessantes, voire choquantes.

Cet incident nous rappelle que malgré les efforts à outiller le personnel, nous avons encore un bout de chemin à faire, poursuit la Division scolaire.

La DSFM condamne tous gestes, toutes actions, tous mots qui sous-tendent ne serait-ce qu’une parcelle de racisme et s’est engagée auprès de ses communautés à combattre ce fléau qui malheureusement est bel et bien présent dans nos quotidiens, ajoute la DSFM.

Une autre vidéo qui circule sur les réseaux sociaux montre un élève agressé par ses camarades. Cet incident serait lié à l'altercation qui a eu lieu à la suite de l'utilisation du mot en n.

La Division scolaire franco-manitobaine ne s'est pas prononcée sur cette présumée agression en raison d'une enquête en cours.

C'était très troublant et même choquant de voir cette violence-là, affirme le parent d'élèves au Collège Louis-Riel (CLR), Rémi Gosselin. Il souhaite que la DSFM soit transparente sur ces événements.

Ma plus grande crainte c'est que la DSFM et l'administration du CLR veulent balayer l'affaire sous le tapis et utiliser l'écran de la vie privée pour éviter de plus grands débats sur la question. Pour moi il faut qu'il y ait un débat ouvert, interculturel.

Demande d'interdire de prononcer le mot en n, en tout temps

La DSFM assure qu’elle mettra les ressources en place pour ceux et celles qui nécessitent le besoin de parler, et qu’elle prend l’affaire très au sérieux.

L’équipe divisionnaire rencontrera les principaux intéressés afin de faire toute la lumière sur cet incident. Nous croyons important de faire de cet incident un moment d’éducation afin que chacun, chacune puisse grandir, indique un communiqué.

Le groupe Parents contre le racisme demande à la DSFM d’aller plus loin que de chercher à tirer des leçons. Il réclame une politique antiraciste claire qui interdit la prononciation de toute insulte raciale dans tous contextes.

Nous revendiquons une politique qui porte conséquence aux membres du personnel et aux étudiants qui n’appartiennent pas au groupe affecté qui prononcent ou écrivent des insultes et non des pénalités envers les élèves visés pour se défendre, poursuit le groupe.

Radio-Canada est sensible au choix des mots, à plus forte raison lorsqu’il est question de désigner des individus, quelle que soit leur couleur de peau, leur orientation sexuelle ou leur religion. Il y a longtemps que nous, à Radio-Canada, n'utilisons plus le mot « nègre » pour désigner des personnes à la peau noire.

Nous avons choisi d’écrire mot en n en lieu et place d’un autre mot anglais, également connu comme le « n word », qui est perçu comme l’une des pires, sinon la pire des insultes qu’on puisse proférer à l’endroit d’une personne à la peau noire. Il s’agit, selon nous, d’une question de respect.

Parents contre le racisme réclame aussi une révision de tout le matériel du curriculum incluant littérature et guides d’enseignements qui contiennent des insultes raciales et/ou qui portent sur le racisme au Canada, historique et contemporain.

En entrevue, un membre du conseil d'administration de Parents contre le racisme Ramatoulaye Cherif affirme qu’il est temps de passer à l’action.

Il y a eu beaucoup d'engagements, des ententes qui ont été signées, mais très peu d'action de la part de la DSFM et aussi on peut blâmer ça avec la COVID-19 qui n'a pas trop facilité les consultations.

En 2020, la DSFM et Parents contre le racisme ont annoncé la création prochaine d’un comité consultatif sur l’équité et les droits de la personne. Celui-ci n’a toujours pas vu le jour.

L'Association des éducatrices et des éducateurs franco-manitobains a refusé de commenter cette affaire et la police de Winnipeg n’a pas reçu de plaintes en lien avec elle.

Avec les informations de Godlove Kamwa

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