•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Un référendum sur la péréquation en Alberta, et puis après?

Une pancarte en faveur du référendum sur la péréquation en Alberta.

Le référendum sur la péréquation pourrait devenir une mesure de l'impopularité de Jason Kenney.

Photo : Radio-Canada / Richard Marion

Élections municipales, élections scolaires, élections sénatoriales et référendums, les Albertains qui iront aux urnes lundi vont retrouver dans l'isoloir plusieurs cases à cocher sur leur bulletin de vote. Parmi tous ces scrutins, celui sur l’avenir de la péréquation attire le plus d’attention dans le reste du pays, mais changera-t-il vraiment quelque chose?

L’article 36(2) de la Loi constitutionnelle de 1982 – l’engagement du Parlement et du gouvernement du Canada au principe des paiements de péréquation – devrait-il être retiré de la Constitution?

C'est par oui ou par non que les Albertains devront répondre à la question formulée par le gouvernement Kenney.

Même si le premier ministre admet lui-même que le résultat de ce référendum n’a pas le pouvoir de changer unilatéralement le programme fédéral qui assure un niveau équivalent de services publics entre provinces riches et pauvres, Jason Kenney espère obtenir un outil supplémentaire de négociation avec Ottawa pour revoir le calcul de la formule, qu’il juge désavantageux.

Les Albertains sont généreux envers le reste du pays, mais ils exigent que le reste du Canada, particulièrement le gouvernement fédéral, adopte des politiques qui nous permettent de développer nos ressources, résumait, plus tôt cette semaine, le premier ministre albertain.

Or même une victoire du oui ne donnerait pas automatiquement à la province productrice de pétrole un levier pour exiger un meilleur traitement ou encore un recalcul de la formule complexe, dit le professeur de science politique et vice-doyen du Campus Saint-Jean, Frédéric Boily.

Du côté d’Ottawa et du côté des autres premiers ministres, on n'a absolument pas envie de discuter de cette question tout simplement, explique-t-il.

Jason Kenney avait promis, en campagne électorale, de tenir un tel référendum. Pour Frédéric Boily, la démarche sert surtout à plaire aux électeurs conservateurs albertains.

Eux tenaient à rouvrir ce dossier de la péréquation. Dans le camp conservateur, c’est clair que ça touche une fibre sensible et ça ne date pas d’hier, ça remonte bien avant la promesse électorale de Jason Kenney. Les conservateurs ont toujours trouvé la formule injuste pour l’Alberta, souligne le professeur.

Frédéric Boily, sous des arbres.

Frédéric Boily, professeur de science politique à l'Université de l'Alberta

Photo : Radio-Canada

Un référendum sans campagne

Dans l’ombre du scrutin municipal et de la très difficile quatrième vague de la pandémie, la question référendaire sur la péréquation n’a pas occupé beaucoup de place dans les esprits en Alberta au cours des dernières semaines.

Difficile, dans un tel contexte, de prédire l'issue du vote, estime la sondeuse Janet Brown, qui étudie depuis des années l’humeur des Albertains.

Les gens ne se sont pas fait d’opinion ferme sur le sujet et sont plutôt confus, dit-elle.

Même si plusieurs électeurs ne savent que penser du référendum, la grogne envers la péréquation est bien réelle, même si l’opinion publique demeure nuancée.

Janet Brown.

La sondeuse Janet Brown pense que le manque de visibilité du référendum empêche bien des Albertains de faire un choix éclairé.

Photo : Radio-Canada / CBC

Une majorité d'Albertains ont l'impression que la péréquation est injuste pour l'Alberta, ils ne pensent pas que le calcul est juste, mais ils appuient quand même le principe de la péréquation, explique Janet Brown.

Un résultat risqué pour Jason Kenney

En tenant ce référendum, Jason Kenney s’expose également à un certain risque, si le camp du oui n’obtient pas une forte majorité, affirme Frédéric Boily.

« On pourrait lui reprocher, à cause de son impopularité, d’avoir nuit au camp du oui pour retirer la péréquation de la Constitution. »

— Une citation de  Frédéric Boily, professeur de science politique
Jason Kenney devant des drapeaux de l'Alberta.

Le premier ministre albertain Jason Kenney

Photo : (JeffMcIntosh/The Canadian Press)

Plus impopulaire que jamais après la quatrième vague de la pandémie, le premier ministre albertain pourrait avoir plombé les appuis de sa propre initiative.

Il y a certainement des électeurs qui ne se déplaceront pas, ou qui ne voudront pas voter parce que c’est proposé précisément par le Parti conservateur uni et par Jason Kenney lui-même, ajoute Frédéric Boily.

Il n’est pas impossible non plus que ce vote serve de paratonnerre à l’importante grogne anti-Kenney en Alberta.

Il est possible que certains en fassent un référendum sur Jason Kenney, conclut M. Boily.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !