•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Initiations à St. Michael’s : la Couronne réclame la prison pour l’ex-élève de l’école

Le jeune est le seul du groupe à avoir demandé un procès à l'issue duquel il a été reconnu coupable.

Le collège privé St. Michael's de Toronto un jour d'automne.

Le collège catholique privé St. Michael's de Toronto

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

Le dernier ancien élève accusé dans l'affaire de trois violentes initiations au prestigieux collège St. Michael's de Toronto connaîtra sa peine le mois prochain après les recommandations sur la peine vendredi après-midi. L'individu, qui était mineur à l'époque, a été reconnu coupable en juin dernier d'agression, d'agression sexuelle avec une arme et d'agression sexuelle collective.

Dans son réquisitoire, la procureure de la Couronne, Sarah de Filippis, a réclamé une peine de 3 mois de prison et 18 de probation contre le jeune adulte, qu'on ne peut identifier en vertu de la Loi sur les jeunes contrevenants.

Me de Filippis soutient que le crime qu'il a commis à l'automne 2018 dans le vestiaire de l'école avec ses camarades de l'équipe de football était violent, humiliant et qu'il a été vu sur les réseaux sociaux.

À l'époque, l'agression sexuelle collective avait été filmée et la vidéo de 22 secondes avait été diffusée sur Internet. La diffusion de la vidéo constitue en soi un facteur aggravant, poursuit-elle.

Une autopatrouille stationnée au Collège St. Michael's durant l'enquête policière.

Une autopatrouille stationnée au Collège St. Michael's durant l'enquête policière.

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

Son crime était horrible et le mal qu'il a causé à sa victime est suffisamment grave pour qu'il mérite la prison, explique-t-elle à la juge Manjusha Pawagi de la Cour de justice de l'Ontario.

La procureure cite d'autres facteurs aggravants : il a violenté en groupe un jeune camarade avec un manche à balai devant d'autres camarades de classe même s'il n'est pas celui qui tenait l'arme; sa victime a été retenue de force, si bien qu'elle n'a pas pu se défendre; l'agression a été longue.

Le degré de culpabilité morale est donc très élevé, ajoute-t-elle.

Une illustration judiciaire.

La Couronne avait présenté à l'écran une photo du balai, sa principale pièce à conviction. L'accusé, qu'on ne peut identifier, est au premier plan à gauche.

Photo : Radio-Canada / Pam Davies

La Couronne reconnaît que l'individu s'est depuis bien comporté dans ses études, mais elle fait valoir qu'il n'a pas respecté les conditions de sa liberté sous caution en quittant l'Ontario pour aller étudier aux États-Unis.

Elle précise qu'il a de bons résultats scolaires sauf en compréhension de textes. C'est peut-être la raison pour laquelle il ne mesure pas encore toute la gravité de son geste et que ses remords restent simplistes, ironise Me de Filippis.

La procureure rappelle en outre que le jeune délinquant est le seul de son groupe à avoir demandé un procès dans cette affaire plutôt que de plaider coupable comme les autres.

Une illustration judiciaire.

La Couronne avait présenté au procès la vidéo d'une caméra de surveillance de l'école St. Michael's dans laquelle on voyait tous les accusés descendre l'escalier vers les vestiaires.

Photo : Radio-Canada / Pam Davies

Me de Filippis relève néanmoins à ce sujet qu'il s'est conduit depuis le début du procès de façon assidue, qu'il était toujours à l'heure et qu'il est toujours resté poli.

Elle reconnaît certes qu'il n'avait pas le choix d'être présent à chaque audience.

Position adverse

L'avocat de la défense, Geary Tomlinson, rappelle que le crime était effectivement effroyable, mais il affirme que la détention n'est pas nécessaire et qu'une période de mise à l'essai dans la communauté est suffisante.

Il existe d'autres options avant de contempler l'idée de l'envoyer en prison, ajoute-t-il. Mon client n'avait aucun casier judiciaire avant son arrestation, souligne l'avocat.

Une illustration judiciaire.

La jeune victime de l'école secondaire St. Michael's témoigne au procès du seul individu qui a choisi de plaider non coupable à des accusations de nature sexuelle.

Photo : Radio-Canada / Pam Davies

Me Tomlinson explique que son client suit des séances de thérapie et qu'il est un excellent candidat pour une réinsertion sociale.

Le rapport présentenciel de son travailleur social le souligne, dit-il en citant des extraits du document. Il pense à ce qu'il a fait tous les jours, déclare-t-il.

L'avocat rétorque que le jeune homme est rempli de remords, qu'il ne s'est jamais apitoyé sur son sort et qu'il a toujours su que son crime avait changé à jamais la vie de sa victime et de sa famille.

La défense précise par ailleurs que son client ne peut recevoir un châtiment plus sévère que ses trois co-accusés qui ont été condamnés à différentes peines de probation pour deux ou trois initiations, alors que lui n'était accusé que d'une seule.

Une illustration judiciaire.

Trois autres anciens élèves de l'école St. Michael's (assis dans le box à gauche) accusés dans cette affaire avaient plaidé coupable en 2019 à des accusations de nature sexuelle.

Photo : Radio-Canada / Pam Davies

La loi sur les jeunes contrevenants nous interdit de révéler toute information qui pourrait identifier les individus, si bien que de nombreux détails que les deux parties ont divulgués vendredi en cour ne peuvent être répétés, parce qu'ils pourraient permettre de distinguer les quatre délinquants.

Certains d'entre eux ont même commis des gestes bien plus graves et ils n'ont pas été condamnés à la prison, précise Me Tomlinson.

La défense demande par ailleurs à la juge de tenir compte de la période de la pandémie durant laquelle le procès de son client a été ajourné.

Des véhicules, dont une autopatrouille, devant une école

La direction du Collège St. Michael's avait ouvert à l'époque une enquête sur les initiations sportives après l'enquête des policiers à l'automne 2018.

Photo : La Presse canadienne / Tijana Martin

Me Tomlinson soutient ainsi qu'un intervalle de huit mois devrait être soustrait de toute période de probation infligée à son client [ le procès aurait dû débuter le 1er avril 2020, mais il n'a commencé qu'en décembre de la même année, NDLR ].

À la conclusion des plaidoiries, la juge a demandé au jeune délinquant s'il avait quelque chose à ajouter avant qu'elle ne mette la cause en délibéré, mais l'individu a décliné son offre.

La magistrate rendra sa sentence le 2 novembre à 11 h du matin sur une plateforme numérique.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !