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Un taux de littératie plus faible en Abitibi-Témiscamingue que la moyenne au Québec

Un livre ayant pour titre: Bescherelle, l'art de conjuguer

En Abitibi-Témiscamingue, le taux de littératie est inférieur à la moyenne provinciale. (archives)

Photo : Radio-Canada

En Abitibi-Témiscamingue, le niveau de littératie se trouve plus bas que la moyenne québécoise, selon le plus récent portrait de la littératie de la province. L'Abitibi-Ouest est la MRC avec le plus bas niveau de littératie.

Plus de 60 % de la population en Abitibi-Ouest n'atteint pas le niveau 3 du Programme pour l'évaluation internationale des compétences des adultes (PEICA), soit le seuil jugé nécessaire pour comprendre des textes plus longs et plus complexes.

C’est un niveau où on se dit à l’aise dans la compréhension de textes où il peut y avoir des informations contradictoires, explique l’économiste Pierre Langlois, qui a rédigé l’étude.

L’éloignement et l’économie

Les gains de littératie les plus importants se font au niveau collégial, note M. Langlois. L’éloignement des institutions collégiales est donc un facteur commun aux régions avec un niveau de littératie plus faible.

Est-ce que je vais faire mon Cégep à 40, 50, 60 kilomètres de la maison ou je fais une formation professionnelle plus proche dans ma commission scolaire? Ce facteur d’éloignement devient un obstacle pour lui pour choisir peut-être la formation collégiale, où le gain de littératie est plus présent, indique Pierre Langlois.

Selon les résultats, dans les MRC affichant des résultats plus faibles, on constate souvent un fort secteur des ressources naturelles, comme la foresterie, l’agriculture et les mines.

Si dans ma MRC ou ma localité j’ai davantage un secteur agricole très présent, un secteur de la foresterie très présent, donc des secteurs économiques qui embauchent des gens qui ont une formation professionnelle, énumère Pierre Langlois, c’est certain que le milieu économique, de par ses besoins en main-d'œuvre, va venir déterminer le type de répondants qu’il a dans sa localité.

La directrice générale du Centre de formation pour adultes Élisabeth-Bruyère à Rouyn-Noranda, Marie-Pierre Godbout, indique que les matières où les étudiants ont les plus grands besoins sont le français et les mathématiques.

Pour les cours de français de secondaire un et deux, ce sont 45 à 70 personnes qui s'inscrivent par année. Pour les cours de français de deuxième cycle (secondaire trois à cinq), on compte de 180 à 215 individus annuellement.

La bibliothèque Dédales du livres.

La bibliothèque Dédales du livres du Centre Élisabeth-Bruyère (archives)

Photo : Radio-Canada / Piel Côté

Les pistes de solution

La directrice générale d'Alpha Témis, Kim Morin-Perron, affirme qu'il faut premièrement briser le tabou autour de l'alphabétisation.

Si on commençait simplement par reconnaître la problématique, les racines, ce qui l'alimente. Il faut amorcer une prise de conscience sociale, il faut en parler, assure-t-elle.

Kim Morin-Perron estime que chaque individu peut devenir un agent de changement en posant des gestes simples.

Ça peut être d’aider, respecter les gens qui ont des défis en alphabétisation, d’offrir des outils sur le terrain, de promouvoir les ressources. Aussi, en tant qu’employeur, on peut offrir de la formation continue aux employés parce que le français ça se perd aussi, il faut le travailler, mentionne-t-elle.

De plus, les régions administratives avec une proportion plus importante de Premières Nations présentent un enjeu de littératie plus évident.

La directrice générale du regroupement des centres d’amitié autochtone du Québec, Tanya Sirois, insiste qu’il faut tenter de comprendre les données plutôt que de se concentrer sur les chiffres.

Comment on peut mieux travailler avec les gens, créer ce lien de confiance là pour régler peut-être des enjeux au niveau de la santé? Si ce sont des parents, est-ce que ça va bien avec les enfants? Si ce sont des gens qui ont vécu des difficultés dans leur jeunesse, est-ce qu’on peut régler ça? Donc il y a beaucoup de facteurs qui sont à considérer avant d’émettre des statistiques et de dire "ah, le niveau de littératie au niveau des Premières Nations est préoccupant", fait-elle valoir.

Selon Pierre Langlois, la première solution consiste à réduire le taux de décrochage scolaire, et ce, partout au Québec.

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