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Un avenir prometteur pour les silos à grains de Nanton

Trois silos à grains en bois.

Les silos à grains de Nanton ont été sauvés de la démolition grâce aux dons et au bénévolat de la communauté.

Photo : Radio-Canada / Evelyne Asselin

Le conseil d'administration de la société qui gère les trois silos à grains de Nanton, en Alberta, travaille d’arrache-pied pour leur obtenir une désignation historique de la province. Une telle désignation l'aiderait à développer le site en carrefour artistique pour la région des Foothills.

Au sud de Calgary, sur l’Autoroute 2, il est difficile de manquer les trois silos à grains en bois de Nanton. Au pied du plus grand d'entre eux, construit en 1929, se trouve un petit musée : le Centre de découverte canadien du silo à grains (Canadian Grain Elevator Discovery Centre Society).

La Société canadienne du Centre de découverte du silo à grains a été créée au début des années 2000. Malgré son nom, l’organisme ne travaille que pour la conservation des silos à grains de Nanton, soit le Pioneer, peint de ses couleurs originales rouges et jaunes, et les deux plus petits silos verts de la Alberta Wheat Pool, une coopérative de fermiers.

Au moment de la création de la société, l'avenir des trois silos de Nanton, fermés depuis mars 2001, était menacé par l'abandon de la voie ferrée les desservant.

La communauté voulait absolument sauver ce morceau important de l’histoire de la région, explique la vice-présidente de la société, Amanda Bustard.

Amanda Bustard se tient debout devant deux silos à grains vert.

Amanda Bustard explique que les membres de la société veulent préserver ce patrimoine important.

Photo : Radio-Canada / Evelyne Asselin

La tâche n’est pas simple, ajoute-t-elle. L’édifice [principal] mesure 28 mètres de haut et est fait entièrement de bois. Il y a toujours de la poussière et des résidus de grains à nettoyer, souligne la vice-présidente. Le toit a été remplacé au début des années 2000. Il y a beaucoup de vermines, d’oiseaux et de souris qui aiment s’installer ici. Il faut maintenir les structures et s’assurer qu’elles tiennent debout.

Pour y arriver, il faut de l’argent. Depuis sa création, la société compte sur des dons et l’aide de bénévoles. Ils ont réussi à rafraîchir la peinture des bâtiments et à restaurer les rails qui y mènent.

L'intérieur en bois d'un silo à grains en contre-plongée.

La structure de 28 mètres de haut du silo Pioneer a été construite à l'aide de planches de bois clouées les unes par-dessus les autres en forme d'entonnoir.

Photo : Radio-Canada / Evelyne Asselin

Centre de l'activité économique et sociale

Le Gatinois Emanuel Neves est guide au Centre de découverte depuis le mois d'août. Quand il a découvert l'endroit, il a été frappé par l'esprit de coopération et la valeur sociale des silos à grains.

Les élévateurs de grain, c’était le centre de l’activité économique, explique-t-il. Les fermiers, ils venaient ici pour se faire payer pour leurs grains, mais aussi, c'était Facebook avant Internet. Les gens venaient ici pour parler, pour discuter des nouvelles et du prix du grain.

Au plus fort de sa période économique, il existait 1781 silos à grains en bois en Alberta. En 2005, il n’en restait plus que 156 selon un document du gouvernement albertain.

Il existe actuellement 14 sites de silos à grains sur la liste des lieux historiques de l’Alberta. Une désignation historique donne accès à des fonds supplémentaires, selon le site internet de la province.

La société voudrait, entre autres, redonner la vocation sociale aux silos.

« Nous voulons créer plus d’expositions d’arts, de festivals de musique, avoir plus d’événements culturels ici. Nous voulons refléter l’histoire, mais aussi recréer ce pôle social. »

— Une citation de  Amanda Bustard, vice-présidente au conseil d’administration de la Société du Centre de découverte canadien du silo à grains

D'ailleurs, le Centre de découverte du silo à grains de Nanton offre deux soirées de cinéma extérieur pour la période de l’Halloween. Les films La petite boutique des horreurs et L’étrange Noël de Monsieur Jack seront projetés sur le silo Pioneer. Tous les profits seront remis à la société.

Vue de l'intérieur d'un silo à grains et de sa courroie pour acheminer le grain au sommet de la structure.

Les silos à grains étaient bien sûr des lieux de commerce pour les fermiers de la région, mais aussi un lieu de rassemblement et de vie sociale.

Photo : Radio-Canada / Evelyne Asselin

Découvrir autre chose que les grands centres

Comment un Gatinois comme Emanuel Neves s'est-il retrouvé guide d’un silo à grains dans une communauté rurale de l’Alberta?

Je commençais à m'ennuyer à Calgary, s’exclame-t-il en riant. J’ai décidé d’aller voir ce qui se passe à d'autres endroits. J'ai fait le tour ici, puis j’ai eu une bonne discussion avec la personne qui faisait la visite à ce moment-là. On m'a proposé de travailler ici, puis d'en apprendre un peu plus, puis d'éduquer les autres aussi.

Emanuel Neves debout devant un silo à grains.

Le Gatinois Emanuel Neves a habité à plusieurs endroits au pays. Depuis le mois d'août, il est guide au Centre de découverte canadien du silo à grains à Nanton.

Photo : Radio-Canada / Evelyne Asselin

Le nouveau guide en connaissait peu sur le développement des Prairies canadiennes et de l’industrie du grain.

Premièrement, j'ai appris que les gens qui étaient ici, qui ont fondé et qui ont construit l'Alberta, avaient beaucoup d'ingéniosité, un savoir-faire. Ils ont construit ça à la main ou avec les outils qu'il y avait de disponible à ce moment-là [1929]. Transporter le bois, puis emmener tout ça. Même juste penser à la façon dont on construit quelque chose comme ça, c'est impressionnant.

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