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Témoignages de trois hommes sur l’itinérance au Saguenay-Lac-Saint-Jean

Trois hommes se sont confiés à Radio-Canada sur leur vie dans la rue. Entre la liberté et l’envie de s’en sortir, Jean-François Boies, Roger Bellefleur et Yvon Robertson partagent leur vision de l’itinérance.

Trois hommes regardent l'objectif.

Roger Bellefleur et Jean-François Boies vivent dans la rue. À droite, Yvon Robertson s'en est sorti il y a 15 ans.

Photo : Radio-Canada / Johanie Bilodeau

Radio-Canada

Après 25 ans d'itinérance, Yvon Robertson est sorti de la rue il y a 15 ans. Il vit désormais dans une résidence fixe, il continue de rendre visite régulièrement aux intervenants et aux itinérants de la Maison d'accueil pour sans-abri de Chicoutimi.

C'est le non-jugement. On arrive ici, on n'est pas jugé et ils font tout, des pieds et des mains, pour nous aider. Quand je suis bien découragé puis que je vis trop de solitude, bien je viens les voir ici, je viens jaser avec eux autres. Ça me donne la force de continuer tout le temps , explique-t-il.

De leur côté, Jean-François Boies et Roger Bellefleur logent à la Maison d'accueil pour sans-abri depuis quelques jours.

T'as pas besoin de te cacher de qui t'es. Tu peux être toi-même vraiment. C'est ça. C'est de même qu'on est ici. On est nous autres , soutient Jean-François Boies.

Les raisons qui mènent les gens à l’itinérance sont nombreuses et varient. Roger Bellefleur est dans la rue depuis qu’il a perdu ses parents à l’âge de 15 ans. Il en a aujourd’hui 56.

J'ai commencé l'itinérance, moi, à Montréal, à la Maison du père. J'ai vécu à Montréal, j'ai vendu de la drogue à Montréal pour essayer de m'en sortir. Je me suis ramassé en psychiatrie. J'ai essayé de me suicider quatre fois dans ma vie, moi. Puis ça n'a pas marché. L'autre jour, je suis rentré à l'hôpital, j'étais complètement à terre. J'étais brûlé, parce que ça faisait trois jours, avant d'arriver ici, que je couchais dehors dans un sleeping bag, raconte Roger Bellefleur.

Il aimerait qu’il y ait davantage de ressources pour les personnes sans-abri.

Ici, à Chicoutimi, il y a des places pour les hommes, mais ça prendrait une place pour les femmes aussi , croit-il.

Yvon Robertson ne regrette pas d’avoir réussi à quitter la rue. Cependant, il mentionne que le sentiment de liberté y est grand.

C'est une forme de richesse dans l'itinérance. On n'a pas grand-chose, mais au moins on a ça. Puis j'ai réussi à trouver la même chose en appartement, ce que j'aurais jamais pensé trouver , indique-t-il, ajoutant qu’il n’a pas l’intention de revenir en arrière.

La 32e Nuit des sans-abri a eu lieu vendredi dans une quarantaine de villes au Québec, dont Saguenay. 

Cette année, la porte-parole de l’événement est la comédienne et écrivaine Francine Ruel.

D'après un reportage de Johanie Bilodeau

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