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Émissions de méthane au Canada : un nouvel objectif réalisable, selon des experts

Un dispositif de mesure des émanations de méthane sur un tuyau.

Avant de pouvoir atteindre son objectif, le Canada devra aussi améliorer sa détection des émanations de méthane.

Photo : Radio-Canada / Camille Vernet

Après la décision du gouvernement fédéral d'élever la barre de son objectif de réduction des émissions de méthane, un gaz aux effets de serre jusqu’à 80 fois plus puissants que le dioxyde de carbone, des environnementalistes et des membres de l’industrie pétrolière s’entendent pour dire que le Canada peut être à la hauteur de son ambition.

Lundi, Ottawa s’est joint à l’engagement américano-européen de réduction des émissions de méthane de 30 % d’ici 2030.

Au passage, le ministre de l’Environnement, Jonathan Wilkinson, a confirmé une promesse de la plateforme libérale, à savoir la diminution de 75 % des émissions de méthane du secteur pétrolier et gazier d’ici 2030 par rapport aux niveaux de 2012. Jusqu’alors, la cible était une réduction de 45 % de ces émissions d’ici 2025.

Ce faisant, le Canada s'engage donc aussi à répondre à l'appel de l’Agence internationale de l’énergie, qui demande aux pays et aux entreprises de réduire d’ici 2030 les émissions de méthane du secteur pétrolier et gazier de 75 %.

Nous voyons que nous pouvons y arriver et que nous pouvons même aller même plus loin, estime Nina Lothian, de l’Institut Pembina. Nous sommes optimistes parce que c’est sûr qu’on n’y est pas encore. Nous avons besoin d’ambitions claires et de réglementation.

Selon une analyse de l’organisme environnemental, le Canada est encore loin d’atteindre sa première cible. Une étude publiée en septembre 2020 par l'Institut Pimbina révélait que la réduction ne serait que de 29 % en 2030.

C’est sûr que nous avons encore du travail à faire, mais cibler le méthane, c'est viser une réduction à bas coût pour l’industrie par rapport au CO2, par exemple, explique Mme Lothian.

Le président de l’Alliance des technologies pétrolières du Canada, Soheil Asgarpour, est tout aussi optimiste. Nous avons la capacité technologique, mais pour arriver aux réductions actuelles, nous allons avoir besoin d’investissements en capitaux et de beaucoup de collaboration. À mon avis, nous allons y arriver, juge-t-il.

Lui aussi vante les bénéfices, pour l’industrie, de s’attaquer au méthane. Le Canada peut se créer une réputation de producteur de pétrole et de gaz à l’empreinte carbone moins élevée que le reste du monde. Les entreprises de technologies propres qui nous aideront à améliorer la situation pourront aussi prospérer, explique-t-il.

« Cela va être un défi, mais je suis optimiste. »

— Une citation de  Soheil Asgarpour, président de PTAC

Être à l’avant-garde de la lutte contre les émissions de méthane rend toutefois la tâche plus difficile, selon M. Asgarpour.

[Les autres pays] peuvent s’attaquer à leurs grands émetteurs, c’est une cible facile. Nous n’avons plus de super émetteurs de méthane, ce qui rend la route plus ardue. Nous devons nous attaquer aux plus petites sources d’émissions, souligne-t-il.

Parmi ces plus petites sources, il mentionne les réservoirs de condensé. Le travail de recherche en cours lui fait cependant espérer des progrès technologiques importants au cours des cinq prochaines années.

Les émissions de méthane au Canada :

  • En 2019, les émissions de méthane au Canada totalisaient 98 mégatonnes, soit 13 % des émissions totales du pays.

  • Le secteur pétrolier et gazier est la source de 37 % de ces émissions.

  • L’agriculture représente 29 % des émissions de méthane au Canada, et les sites d’enfouissement, 27 %.

L’autre défi pour le Canada sera d’améliorer sa détection des émissions de méthane. Plusieurs études ont montré que les fuites de méthane dans l’atmosphère étaient beaucoup plus élevées que les mesures annoncées par l’industrie.

Selon Mme Lothian, le gouvernement fédéral travaille à réviser ces mesures et l'inventaire officiel canadien des gaz à effet de serre devrait refléter ce travail de meilleure détection du méthane l’année prochaine.

Dans son communiqué publié lundi, le gouvernement fédéral a promis de mobiliser le secteur de l’énergie, les provinces, les territoires, les peuples autochtones et d’autres intervenants et [de] collaborer avec eux pour mettre son approche sur pied .

Le méthane est le principal composant du gaz naturel utilisé pour chauffer les maisons et alimenter les usines au pays. C’est le deuxième des gaz à effet de serre les plus communs au Canada et un polluant climatique à l'origine d’environ 25 % du réchauffement planétaire d’origine humaine, selon le gouvernement du Canada.

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